Sommaire
° Causes
La colopathie fonctionnelle, aussi appelée syndrome de l'intestin irritable (SII) ou colopathie spasmodique, est un trouble fonctionnel chronique des intestins (de l'intestin grêle et du côlon) qui se manifeste par des douleurs abdominales, un trouble du transit (constipation et/ou diarrhée) et des ballonnements avec une sensation d'inconfort. Elle est généralemment sans gravité, mais elle peut être très gênante. Ce trouble est très fréquent et il touche plus de 10% de la population adulte. Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes par le syndrome de l'intestin irritable.
Les causes de la colopathie fonctionnelle sont encore mal connues. Mais, il existe plusieurs facteurs qui peuvent expliquer les symptômes :
1. Trouble de la motricité intestinale :
La motricité se définit comme des mouvements automatiques de contraction que les muscles intestinaux effectuent pour faire avancer le bol alimentaire dans le tube digestif. Si la motricité est trop élevée, ou au contraire trop lente, des troubles du transit et des douleurs peuvent apparaître.
2. Hypersensibilité des intestins :
Il est également probable que les personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable aient une sensibilité excessive au niveau des intestins. Elles ressentent donc les phénomènes normaux de digestion, dont la dilatation liée aux gaz ou les contractions normales comme des spasmes intestinaux (contractions douloureuses). Une autre théorie de l’intestin poreux qui décrit une augmentation de la perméabilité intestinale (chez 50% des malades), permettant le passage de fragments bactériens qui provoquerait des réactions inflammatoires minimes et rendrait ainsi l’intestin hypersensible.
3. Flore intestinale déséquilibrée :
La flore ou le microbiote est l’ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes) qui vivent dans un environnement spécifique (peau, bouche, vagin, poumons, intestin, etc.). Le microbiote digestif est le plus peuplé d’entre eux. Il est principalement localisé dans l’intestin grêle et le côlon et il est présent entre la lumière du tube digestif et le mucus intestinal qui recouvre sa paroi intérieure. Il a un rôle important dans la digestion (assimilation des nutriments, fermentation, synthèse de vitamines et d'acides aminés, absorption des acides gras, etc.), mais aussi dans les fonctions métaboliques, immunitaires, etc. Des anomalies du microbiote intestinal majorent la production de gaz digestifs et perturbent la digestion, ce qui favorise l'apparition d'une colopathie fonctionnelle.
4. Stress et facteurs psychosociaux :
L’anxiété, l'angoisse, le surmenage ou une exposition régulière à des événements stressants, d’authentiques syndromes axio-dépressifs, une histoire d’évènement de vie douloureux (divorce, deuil, abus sexuel...) peuvent déclencher le syndrome et/ou accentuer les symptômes.
5. Alimentation :
Chez certaines personnes, des repas riches en calories ou un régime riche en graisses peuvent constituer un facteur déclenchant.
Chez d’autres, le blé, les produits laitiers, les haricots, le chocolat, le café, le thé, certains édulcorants artificiels, certains légumes (asperge, brocoli) ou les fruits à noyau (abricot) semblent aggraver les symptômes. Ces aliments contiennent des glucides qui sont mal assimilés par l’intestin grêle. Les glucides sont fermentés par les bactéries de l’intestin, ce qui provoque des flatulences, des ballonnements et des crampes. Étant donné que de nombreux produits alimentaires contiennent plusieurs ingrédients, il peut être difficile d’identifier le déclencheur spécifique.
Le fait de manger trop rapidement ou après une période de jeûne trop prolongée peut également provoquer une crise.
6. Autres causes :
- Déséquilibre hormonal surtout chez les femmes.
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Gastro-entérite : elle peut déclencher un syndrome de côlon irritable par accélération de la motricité des intestins.
Généralemment, la colopathie fonctionnelle associe 3 types de symptômes, la douleur abdominale, les ballonnements et les troubles du transit :
1. Douleur abdominale :
La douleur abdominale est le symptôme le plus fréquent, elle se caractérise par une sensation de spasme ou de crampe et se situe habituellement au niveau des fosses iliaques droite et gauche ou dans la région ombilicale. Elle survient, en général, après le repas ou au réveil, mais absente pendant la nuit. Elle peut durer de quelques heures à quelques jours, et elle est souvent soulagée par l'émission de selles ou de gaz.
2. Ballonnements abdominaux :
Les ballonnements abdominaux, ou flatulence, sont également fréquents et représentent une gêne qui rend pénible le port de vêtements serrés, en particulier après les repas. Au maximum, il s'agit d'une tension abdominale permanente difficilement supportable, avec distension du ventre due à une accumulation de gaz dans l'intestin. Le ballonnement peut s'accompagner d'une sensation de pesanteur et de bruits à l'intérieur du tube digestif dus aux déplacements des gaz et des liquides (borborygmes), et il peut être amélioré par l'émission de gaz ou de selles.
3. Troubles du transit intestinal :
Les troubles du transit intestinal se manifestent le plus souvent par une constipation dans 70% des cas. Toutefois, des diarrhées sont possibles caractérisées par l'émission de plusieurs selles liquides dans la journée, souvent le matin ou après un repas avec fréquemment un besoin urgent d'aller aux toilettes.
Une alternance diarrhée et constipation peut également apparaître. Ainsi selon le trouble du transit prédominant observé, on définit différentes formes de syndrome de l'intestin irritable : avec diarrhée prédominante, avec constipation prédominante ou avec alternance diarrhée-constipation.
- Des nausées, maux de tête, de la fatigue, une dépression, de l’anxiété, des courbatures musculaires, des problèmes de sommeil, et des difficultés pour se concentrer sont d’autres symptômes possibles.
La plupart des personnes atteintes du SII paraissent en bonne santé. Les médecins basent le diagnostic de ce syndrome sur les caractéristiques des symptômes du patient. La douleur abdominale est sous forme de spasme ou de crampe, soulagée par l'émission de selles ou de gaz, et est associée à une modification de la consistance des selles (constipation et/ou diarrhée). Ces symptômes doivent être présents au moins 1 jour par semaine sur les 3 derniers mois.
L’examen clinique est normal, hormis un certain degré de douleur du gros intestin avec ballonnements (gonflement du ventre). Les médecins effectuent un toucher rectal, au cours duquel ils insèrent un doigt ganté dans le rectum du patient. Les femmes peuvent aussi faire également l’objet d’un examen pelvien.
Des examens complémentaires peuvent être également effectués (analyses de sang, échographie de l’abdomen, coloscopie...) pour diagnostiquer les maladies courantes susceptibles de provoquer des symptômes similaires comme des infections, une maladie cœliaque, une maladie de Crohn, des polypes et tumeurs de l'intestin, notamment si le patient présente d'autres signes comme des vomissements, une fièvre, une perte de poids, un saignement rectal ou si le patient a plus de 45 ans. Ces résultats sont généralement normaux chez les personnes souffrant de SII.
La colopathie fonctionnelle n’est pas une maladie grave en soi, elle n’entraîne pas de complications à long terme et n’augmente pas le risque de souffrir d’autres maladies de l’intestin. Mais, elle peut altérer la qualité de vie des personnes atteintes. Chez les personnes qui souffrent de formes sévères de colopathie fonctionnelle, l’impact négatif de ce trouble sur la vie quotidienne peut perturber la vie sociale et professionnelle, voire être à l’origine de troubles dépressifs liés à l’isolement et à la diminution de la qualité de vie.
Les symptômes de colopathie fonctionnelle persistent, avec des périodes de crise et d'amélioration, voire d'accalmie.
Il n’existe pas de traitement spécifique du syndrome de l’intestin irritable. Sa prise en charge se base sur la diététique, les traitements symptomatiques et les techniques de psychothérapie et de relaxation :
1. Diététique :
Lorsqu’un diagnostic de syndrome de l’intestin irritable est posé, le médecin donne des conseils diététiques adaptés à son patient :
- Tenir un journal de son alimentation afin d’identifier les aliments qui contribuent à déclencher les symptômes de colopathie fonctionnelle. Le plus souvent, ces aliments font partie de la famille des légumes secs (pois, lentilles, haricots secs...) ou de celle des choux (chou vert, brocoli, choux de Bruxelles, chou kalé...). Certaines personnes sont particulièrement sensibles aux crudités, au pain, aux céréales complètes, voire aux aliments qui contiennent du lait ou du lactose, ou à ceux riches en matières grasses.
- Lutter contre la constipation en veillant à consommer des fibres facilement digestibles (légumes et fruits), en buvant suffisamment d’eau tout au long de la journée et en pratiquant une activité physique régulière.
- En cas de diarrhée, il est conseillé de limiter temporairement la consommation de fibres et de produits dérivés du lait, ainsi que celles des aliments et boissons contenant de la caféine (café, thé, chocolat, colas...). De plus, les sucreries contenant du sorbitol (édulcorant de synthèse) doivent être évitées en période de diarrhée.
- En cas de ballonnements, il est recommandé de réduire les crudités et les aliments favorisant la production de gaz intestinaux (lentilles, haricots blancs, légumes secs, farineux) et de limiter la consommation de boissons gazeuses et de chewing-gums.
- Lors de la prise des repas, il est important de prendre son temps pour manger et de bien mastiquer. Il est égalemment conseillé de manger à des horaires réguliers.
2. Médicaments :
En cas de crise de colopathie, certains médicaments peuvent être prescrits notamment :
- Anti-spasmodiques : comme le phloroglucinol, pour atténuer les douleurs et contractions.
- Anti-diarrhéiques : en cas de diarrhée.
- Laxatifs : en cas de constipation.
- Charbon actif : il peut parfois soulager les ballonnements ou les flatulences (gaz).
- Probiotiques : des géllules contiennent de bonnes bactéries pour l'activité des intestins peuvent être administrés.
- Tranquillisants/Antidépresseurs : le médecin peut prescrire un traitement tranquillisant prolongé ou de courte durée par des antidépresseurs chez les personnes dont la qualité de vie est fortement impactée par les symptômes du SII.
3. Techniques de relaxation :
Les personnes chez qui les poussées de colopathie fonctionnelle sont liées à un excès de stress peuvent bénéficier de séances de relaxation ou de psychothérapie destinées à leur apprendre à mieux gérer les situations à l’origine du stress. Des techniques alternatives comme l'hypnose, le yoga, la méditation ou la sophrologie sont très utilisées et donnent des résultats satisfaisants. La pratique régulière d’une activité physique peut également apporter un bénéfice, à la fois face au stress mais également pour réguler l’activité intestinale.
4. L’huile essentielle de menthe poivrée :
L’huile essentielle de menthe poivrée a des propriétés antispasmodiques, elle détend les muscles de l’intestin et du côlon, et diminue les douleurs. De plus, elle est anti-inflammatoire et améliore la digestion. Son usage est reconnu par l’Organisation mondiale de la santé. L'huile essentielle de menthe poivrée est efficace autour de 200 à 250 mg par jour, soit 2 gouttes diluées dans une cuillère à café d’huile végétale, 3 fois par jour pendant les repas. Encore mieux, des gélules ou capsules entérosolubles disponibles au niveau des pharmacies. À prendre 1 capsule 3 fois par jour pendant 2 à 4 jours, avec de l’eau et avant les repas en cas de spasmes douloureux.
L’huile essentielle de menthe poivrée est efficace, mais à utiliser avec l’avis d’un spécialiste car, à forte dose, elle peut favoriser les brûlures d’estomac.
