Reflux gastro-oesophagien

Reflux gastro-œsophagien "RGO"

Le 01/12/2020

 

Sommaire

° Définition

° Symptômes

° Causes

° Diagnostic

° Complications 

° Traitement

° Prévention

° Conseils utiles en cas de RGO

 

 

 

 

DéfinitionOesophage

Le reflux gastro-œsophagien "RGO" présente un motif de consultation médicale fréquent, il se manifeste pas des remontées d’une partie du bol alimentaire de l’estomac dans l’œsophage, ce problème est lié le plus souvent à un défaut de tonus musculaire du sphincter inférieur (c’est le muscle qui se ferme après la prise d’un repas pour empêcher la remontée des aliments), mais on incrimine également plusieurs aliments qui peuvent causer ou aggraver un RGO déjà existant. Le plus souvent ce sont des aliments acides, raffinés et gras.

 

Symptômes

Le RGO se manifeste par des régurgitations acides surtout après les repas et par un pyrosis (sensation de brûlure ressentie derrière le sternum), ces signes peuvent survenir occasionnellement ou très fréquemment selon la cause du reflux.

 

Causes

Plusieurs causes peuvent être à l’origine du RGO :

  • Hernie hiatale : c’est le passage d'une partie de l'estomac de l'abdomen vers le thorax au travers de l'orifice hiatal du diaphragme (muscle respiratoire qui sépare l’abdomen du thorax), elle peut être une hernie de glissement par passage du cardia (la jonction entre l’œsophage et l’estomac) dans le thorax, ou de roulement (para-œsophagienne), le cardia reste en place au-dessous du diaphragme mais la partie haute de l’estomac (grande tubérosité) roule par-dessus et passe à travers l’orifice formant une sorte de poche. Une hernie hiatale est favorisée par la perte de l'élasticité du muscle diaphragme, l'augmentation de la pression intra-abdominale comme le cas de toux ou de constipation chroniques, et les interventions chirurgicales sur l'abdomen ou sur le thorax.

Types hernie hiatale

 

  • Trouble du péristaltisme de l’œsophage : c’est la perte de contraction spontanée des muscles de la paroi de l’œsophage, ce phénomène mécanique propulse le bol alimentaire vers l’estomac, une cause musculaire, hormonale ou neurologique (les nerfs qui contrôlent la motricité de l’œsophage) peut être à l’origine de ce trouble.

  • Dysfonctionnement du sphincter inférieur de l’œsophage : favorisé par l’obésité surtout abdominale, la hernie hiatale par glissement et certains médicaments qui relâchent le sphincter inférieur comme les anticholinergiques (antihistaminiques et certains antidépresseurs), inhibiteurs calciques et dérivés nitrés.

 

Diagnostic

Dans la majorité des cas, les symptômes sont bénins et intermittents et ne nécessitent pas des examens complémentaires. Si les symptômes sont plus fréquents et gênants, l’exploration s’impose pour préciser la cause du RGO :

  • Endoscopie digestive haute : elle vise à rechercher des lésions secondaires au RGO, tels qu'une œsophagite peptique ou une sténose, elle permet aussi de classer les lésions selon la sévérité et l’étendue. L’absence de lésions ne permet pas d’écarter le diagnostic du RGO, l’endoscopie est suivie par une pH-métrie qui confirme son diagnostic.


Endoscopie

 

  • PH-métrie : c'est l’examen de certitude qui permet de détecter un RGO dans 98% des cas par enregistrement continu du pH du bas œsophage sur 24 heures. Le médecin introduit une sonde souple de 3 mm de diamètre dans l’œsophage par une narine sous anesthésie locale, cette sonde est munie d’un capteur d’acidité qui transmet ses données à un boitier électronique porté au niveau de la taille. Le passage de la sonde n’est pas douloureux, le patient peut reprendre ses activités et s’alimenter, il doit indiquer sur le pH-mètre les informations de sa journée (début et fin des repas, repas consommés, symptômes ressentis, heures de coucher et de lever…). La sonde est ensuite retirée et les données analysées. 

Ph meter

 

 

Complications

  • œsophagite peptique : c'est l’inflammation de la muqueuse œsophagienne, elle peut se compliquer de sténose du bas de l’œsophage, d’ulcère, d’hémorragies digestives ou de perforations.

  • Endobrachyoesophage : l’agression répétée de la muqueuse par le suc gastrique acide peut la modifier en muqueuse qui ressemble à celle de l’estomac. C’est un état de pré-cancer (métaplasie) qui peut se développer en cancer à type d’adénocarcinome.

 

Traitement

Le médecin informe le patient sur les moyens d’hygiène et le régime adapté en cas du RGO. Puis, il prescrit des médicaments qui diminuent la sécrétion acide de l’estomac : des pansements gastriques (Gaviscon®, Maalox®) ou des inhibiteurs de la pompe à protons (Oméprazole 20 ou 40 mg) à doses préventive ou curative, ils sont très efficaces et permettent une nette amélioration dès les premiers jours du traitement, la dose du médicament et la durée du traitement sont définis par le médecin.

Dans certains cas rares, la chirurgie s’impose surtout après une longue durée de traitement médical sans résultats satisfaisants, en cas d’une hernie hiatale importante ou chez les personnes qui ont des complications graves (œsophagite sévère). Le traitement endoscopique par dilatation avec ballonnet est proposé chez les patients présentant une sténose de l’œsophage.  

En cas d'endobrachyoesophage, le suivi régulier s’impose : une endoscopie œsogastrique devrait se faire tous les 6 mois à 1 an afin de dépister précocement les lésions cancéreuses.

 

Prévention

Afin de prévenir le RGO, certains aliments irritants sont à éviter. Ils peuvent aggraver les symptômes du RGO  tels que les brûlures ou douleurs de l’estomac ou de l’œsophage. Pour prévenir l'irritation de  l'œsophage et le préserver des sucs acides agressifs, il faut éviter ou diminuer la consommation des aliments suivants :

  • Les agrumes : essentiellement l’orange, le pamplemousse, le kiwi, les cerises, les abricots et le citron.
  • Les jus de fruits industriels qui sont trop sucrés et irritants.
  • Certains fruits séchés : les abricots et les figues. Pour baisser leur taux d’acidité faites les tremper une nuit puis jetez l’eau de trempage et les consommer.
  • Certains légumes : la tomate cuite et les épinards cuits sont très acides, les pois chiches et les haricots rouges sont moins acides.
  • Certaines boissons : les sodas, le café, le thé et l’alcool.
  • Les poissons gras : saumon, thon et carpe.
  • Tous les sucres raffinés : pâtisseries,  gâteaux, sucreries, bonbons, chocolat et les confitures.
  • Les céréales raffinées : pain blanc, pâtes blanches, riz blanc, les produits raffinés sont pauvres en fibres alimentaires et ils favorisent également la constipation.
  • Les huiles végétales hydrogénées comme la margarine.
  • Les sauces et produits industriels : mayonnaise, ketchup, la moutarde et la vinaigre.
  • Les aliments gras : essentiellement les viandes rouges : bœuf, mouton, cheval, porc, les abats (foie, rognons). Ils nuisent à la tension du sphincter œsophagien inférieur en raison de la longue digestion qu'elles nécessitent et du temps qu'elles passent dans l'estomac.

Par ailleurs, d’autres aliments sont adaptés au régime en cas de RGO :

  • Les anti-inflammatoires (Oméga 3) pour diminuer l’inflammation de l’œsophage et de l’estomac, on les retrouve dans les poissons et les oléagineux, mais il faut éviter d’en trop consommer surtout les cacahuètes qui sont acides.
  • Les légumes crus ou cuits : pommes de terre bouillies, concombres, courgettes, salades, haricots, choux, céleris, betteraves, carottes et les olives noires.  
  • Les fruits doux : bananes, pommes, raisins, mangues, pastèque et melon.
  • Les aromates : toutes les herbes vertes fraîches telles que la coriandre et le persil.
  • Les féculents complets et les céréales : ils sont riches en fibres alimentaires et en nutriments, ils donnent une sensation de satiété, ce qui permet d’éviter le grignotage qui favorise le RGO. 

 

Conseils utiles en cas de RGO

  • Perdre du poids par l’activité physique et le régime alimentaire.
  • Fractionner les repas (5 repas légers mieux que 3 repas lourds) et faire des collations à base de protéines maigres pour ne pas surcharger l’estomac, elles stimulent la sécrétion de gastrine, hormone qui augmente le tonus du sphincter œsophagien et permet donc d’éviter le RGO.
  • Eviter de se pencher après les repas.
  • Limiter les postures penchées en avant.
  • Garder la tête surélevée du lit.
  • Dîner au minimum 4 heures avant le coucher.
  • Manger lentement et boire beaucoup d’eau entre les repas.

 

 

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