Verrues - description de la maladie

Verrues

Le 04/01/2022

 

Sommaire

° Définition

° Types

° Terrain 

° Causes

° Contagiosité

° Examens

° Diagnostic différentiel

° Evolution

° Verrues et cancer !

° Traitement

° Prévention

 

 

 

Définition

Les verrues, encore appelées papillomes viraux, sont des lésions cutanées bénignes, c'est-à-dire sans gravité, correspondant à des excroissances de peau. Elles sont liées à l'infection de la peau par un virus appelé ‘’human papillomavirus’’ ou HPV dont il existe de nombreux types différents.

 

Verrue hpv

 

Types

On distingue plusieurs sortes de verrues en fonction de leur aspect, de leur localisation sur le corps et du type de virus HPV responsable : les verrues vulgaires, les verrues plantaires, les verrues filiformes et les verrues planes.

- Les verrues vulgaires (communes) sont des lésions hémisphériques uniques ou multiples surélevées et dont la taille varie de quelques millimètres à 1 cm. Elles sont localisées principalement sur le dos des mains et les doigts. Elles peuvent également se situer en périphérie des ongles et entraîner alors des anomalies de ces derniers et peuvent être très douloureuses à cet endroit.

- Les verrues plantaires (deux types) :

  • La myrmécie qui est une lésion le plus souvent unique, bien circonscrite, ponctuée de points noirâtres, et parfois douloureux à l'appui.
  • Les verrues mosaïques qui sont localisées au niveau de la plante des pieds, mais aussi au niveau des mains et en périphérie des ongles, et se présentent sous forme de plaques de peau épaissie recouvertes de lésions multiples superficielles non douloureuses.

- Les verrues filiformes sont situées principalement au niveau du visage, en particulier autour de la bouche, le nez, les paupières et au niveau des zones de rasage (cou). Elles sont plus fréquentes chez les hommes que chez les femmes.

- Les verrues planes siègent surtout au niveau du visage et sur le dos des mains. Il s'agit de lésions papuleuses arrondies ou polygonales de petite taille, de couleur chair ou pigmentées, retrouvées par dizaine ou par centaines, sous forme de plaques ou de stries secondaires au grattage.

 

Types de verrues cutanees

 

- Les verrues génitales (condylomes) :

Certains papillomavirus affectent non pas la peau mais les muqueuses, en particulier les muqueuses ano-génitales, et sont responsables de condylomes ou verrues génitales. La contamination se faisant essentiellement par voie sexuelle, les condylomes sont considérés comme une infection sexuellement transmissible «IST».

 

Terrain

Les verrues touchent principalement les enfants de 5 à 15 ans, 50 à 70% d'entre eux développeront des verrues vulgaires et 20 à 30% des verrues plantaires. Leur incidence décline au-delà de 15 ans et jusqu'à l'âge de 20 ans, pour augmenter à nouveau après 25 ans.

Même si elles touchent principalement les enfants, elles ne sont toutefois pas exceptionnelles chez l'adulte. Elles se rencontrent également fréquemment chez les sujets immunodéprimés, en particulier les sujets ayant subi une greffe du rein en raison des traitements immunosuppresseurs nécessaires à la greffe. Un bilan immunitaire comportant la numération des globules blancs et une sérologie VIH peuvent être prescrits lors de l'apparition de multiples verrues très profuses chez un adulte sain.

 

Causes

Les verrues sont dues aux virus HPV, ceux ayant tendance à infecter la peau sont les HPV 2, 4, 8, 14, 29, 36 et 46. Si la responsabilité du papillomavirus dans la survenue des verrues cutanées est bien établie, son mécanisme d'action dans la prolifération des verrues est encore bien mal compris.

Il existe environ 120 types d'HPV responsables de différentes lésions. Il s'agit de virus ubiquitaires, c'est-à-dire qu'on les retrouve fréquemment à la surface de la peau de nombreux individus sans pour autant qu'ils entraînent de lésions. On estime ainsi à au moins 50% la proportion de porteurs sains. A cause d'une effraction cutanée souvent infime et passant la plupart du temps inaperçue, le virus va infecter la cellule de l'épiderme ou kératinocyte entraînant parfois sa prolifération responsable de l'excroissance cutanée. Certaines maladies fragilisant l'épiderme peuvent aussi favoriser le développement des verrues.

On ne sait pas aujourd'hui pourquoi ces papillomavirus si fréquemment présents à la surface de la peau de nombreux individus vont être responsables du développement de verrues cutanées chez certaines personnes et pas chez d'autres. Une susceptibilité / un terrain génétique et/ou immunitaire est (sont) évoqué(es).

De même, lorsque le papillomavirus pénètre dans la cellule épidermique (kératinocyte), il peut soit profiter de la multiplication normale des kératinocytes et être ainsi expulsé à la surface de la peau, soit resté à l'état de latence, c'est-à-dire endormi, au sein du kératinocyte et se réveiller un jour, à la faveur d'un stress, d'un déficit des défenses de l'organisme, et entamer alors un ‘’cycle productif’’. On ne sait toujours pas aujourd'hui ce qui conditionne le cycle productif ou au contraire la latence et la résurgence du virus après plusieurs années de latence…

Enfin, alors que les papillomavirus semblent spécifiques de l'être humain, le principal réservoir de virus étant l'homme porteur de verrues, on ne sait pas comment expliquer la contamination de certains professionnels comme les bouchers ou les vétérinaires par exemple par manipulation de la viande, de la volaille ou du poisson.

 

 

 

Contagiosité

C’est une maladie peu contagieuse, la principale source de contagion est la lésion cutanée elle-même en raison de la dissémination dans l'environnement des squames épidermiques infectées par le virus HPV. Le principal réservoir de virus est donc l'individu porteur de verrues. La transmission interhumaine est le plus souvent directe par contact cutané, favorisée par des effractions cutanées et/ou un dessèchement de la peau.

Certains facteurs environnementaux semblent jouer un rôle important dans la dissémination comme les milieux humides (piscines, salles de sport, transpiration des pieds), les contacts étroits entre individus (scolarité), la taille de la famille (plus elle est grande, plus les verrues sont fréquentes), la vie en collectivité ainsi que la vie en milieu rural. Certaines professions favorisent également la prolifération des verrues, notamment les professionnels manipulant de la viande, des volailles et des poissons (bouchers, vétérinaires).

 

Examens

Le diagnostic des verrues cutanées est avant tout un diagnostic clinique. Dans la plupart des cas, il n'y a pas lieu d'effectuer de biopsie ou d'autre examen.

Des biopsies peuvent toutefois s'avérer nécessaires en cas de lésions atypiques ou de lésions ulcéreuses qui pourraient être confondues avec certaines formes de cancers. Une verrue plantaire siège d'une ulcération chronique ainsi qu'une verrue péri-unguéale ulcérée ou modifiant l'ongle doivent faire l'objet d'une biopsie afin d'éliminer une lésion cancéreuse.

 

Diagnostic différentiel

Deux types de lésions dermatologiques peuvent prendre un aspect proche de celui des verrues :

  • Les Molluscum contagiosum sont des papules hémisphériques et translucides de 1 à 6 mm, avec un cratère central au sommet. Elles apparaissent sur le tronc, les aisselles, les membres et parfois sur le visage et les parties génitales. Très contagieuses, elles disséminent par auto contamination causée par le grattage.

Molluscum contagiosum

 

  • Les verrues séborrhéiques « kératoses séborrhéiques » sont des taches brunes de squames grasses. Elles affectent essentiellement les personnes âgées et se décollent assez facilement.

Keratose seborrheique 1

 

Evolution

Le système immunitaire permet le plus souvent l'élimination des lésions. Chez l'enfant, dans la très grande majorité des cas, la durée moyenne d'évolution des verrues cutanées est de 2 ans. On estime en effet qu'environ un tiers des verrues guérit spontanément en 6 mois et que la régression spontanée dans les 2 ans s'observe dans deux tiers des cas.

 

Verrues et cancer !

Les HPV responsables des verrues des mains et des pieds n'entrainent pas de cancer cutané, autrement dit les verrues ne favorisent pas la survenue de cancer cutané. A la différence des HPV muqueux responsables du cancer du col de l'utérus, les HPV cutanés ne sont pas directement cancérigènes.

En revanche, une verrue plantaire siège d'une ulcération chronique ainsi qu'une verrue péri-unguéale (autour de l'ongle) ulcérée ou modifiant l'ongle doivent faire consulter un dermatologue afin d'éliminer un cancer cutané pouvant prendre l'aspect d'une verrue.

 

Traitement

L'impossibilité d'éradiquer le virus de façon définitive explique la fréquence des récidives et parfois le sentiment de découragement éprouvé devant des traitements perçus comme insuffisamment efficaces.

La disparition spontanée des lésions dans les 2 ans peut justifier l'abstention thérapeutique si le préjudice esthétique est accepté par le patient.

Les verrues cutanées régressent le plus souvent spontanément dans les 2 ans. Dans certains cas, les lésions peuvent persister plusieurs années, chez l'enfant comme chez l'adulte, sans autre conséquence qu'un préjudice esthétique, principal facteur motivant le recours à un traitement qui reste à ce jour purement symptomatique.

En effet, aucun traitement ne permet aujourd'hui l'éradication du virus. L'objectif thérapeutique se résume donc à la destruction pure et simple des lésions visibles par diverses méthodes, aucune d'entre elles n'ayant fait la preuve de sa supériorité à long terme par rapport aux autres. Il n'existe actuellement aucune recommandation privilégiant une méthode plutôt qu'une autre et on peut ainsi indifféremment commencer par l'une ou l'autre technique, et passer également indifféremment de l'une à l'autre.

En revanche, chez l'adulte, des lésions plantaires ou péri-unguéales ulcérées pouvant prendre l'aspect de verrues doivent motiver une consultation chez le dermatologue afin d'éliminer un cancer cutané dont la prise en charge thérapeutique est alors naturellement radicalement différente.

 

1) Traitements physiques :

Il existe plusieurs méthodes physiques de destruction des verrues. Toutes sont plus ou moins douloureuses et peuvent nécessiter parfois une anesthésie locale :

  • La cryothérapie : c'est de loin la méthode la plus répandue en raison de son extrême facilité d'utilisation et de son faible coût. Elle consiste en l'application locale d'azote liquide à −196 °C, soit à l'aide d'un coton-tige maintenu sur la lésion pendant une dizaine de secondes, soit par pulvérisation à l'aide d'un spray. C'est une méthode qui peut être efficace dès la première séance, mais il est souvent nécessaire de renouveler l'opération plusieurs fois pour obtenir la disparition totale des lésions.
  • L'électrocoagulation : basée sur l'utilisation d'un bistouri électrique, il s'agit d'une technique ancienne qui n'a plus véritablement d'indication aujourd'hui compte tenu des autres techniques proposées et des risques de cicatrices.
  • Le curetage chirurgical : il reste réservé aux lésions volumineuses uniques ou pédiculées. Il existe un risque de cicatrice douloureuse.
  • La vaporisation au laser CO2 : il s'agit d'une méthode coûteuse laissant une cicatrice dans 50% des cas. Comme pour l'électrocoagulation, la formation de vapeurs contenant des particules virales, donc potentiellement contaminantes, nécessite à la fois une aspiration efficace ainsi que la protection du visage (yeux, nez, bouche) tant du patient que du médecin.

 

2) Traitements chimiques :

  • Les kératolytiques : des préparations à base d'acide salicylique à des concentrations variant de 10 à 60%, associé ou non à de l'acide lactique et à de l'acide trichloracétique, peuvent être appliquées quotidiennement sous pansement occlusif (fermé) pendant 2 semaines pour désépaissir et décaper les verrues surtout si elles sont épaisses.
  • Appliqué régulièrement, le crayon au nitrate d'argent semble parfois efficace et rapide pour le traitement des verrues, son application est parfois douloureuse.

 

3) Traitements médicamenteux :

Ils sont réservés aux formes réfractaires :

  • L'imiquimod, en crème à appliquer, a une action reconnue sur les verrues génitales. Pour les autres localisations, son efficacité est variable.
  • L'injection intra lésionnelle de bléomycine est efficace mais douloureuse et il existe un risque non négligeable d'acrosyndrome et de nécrose lorsqu'elle est pratiquée au niveau des doigts.
  • Le 5-fluorouracile en pommade peut être utilisé sur les verrues planes.

Que les verrues aient été détruites par une méthode physique ou par une méthode chimique, il est recommandé de retourner voir le dermatologue 3 à 4 semaines plus tard afin de s'assurer de la bonne évolution du traitement et de la bonne cicatrisation des lésions. Il n'est pas rare que des séances supplémentaires soient proposées en raison d'une disparition incomplète des lésions. Un suivi mensuel par le dermatologue est recommandé jusqu'à la disparition complète des lésions.

Les traitements destructeurs des verrues entraînent une nécrose cutanée susceptible de s'ulcérer et de se surinfecter. Un traitement désinfectant local est en général suffisant, le recours à un traitement antibiotique par voie générale restant exceptionnel et réservé aux cas les plus sévères.

 

4) Traitements d'avenir :

Deux pistes de recherche sont actuellement explorées :

  • Les immunomodulateurs dont le principe serait d'essayer de déclencher une réaction immunitaire susceptible d'éliminer les virus HPV.
  • Vaccination préventive contre les virus HPV de façon similaire à celle qui est proposée aux jeunes filles à la puberté ou dans la première année suivant les premiers rapports sexuels afin de prévenir la survenue de verrues génitales et d'un cancer du col de l'utérus.

 

Prévention

Si vous avez une verrue, évitez de la manipuler pour limiter sa propagation à d'autres parties du corps et pour ne pas transmettre à d'autres personnes le virus en cause.

Si vous n'avez pas de verrues, certaines mesures d'hygiène simple peuvent vous aider à prévenir leur survenue :

  • Ne touchez pas ou ne grattez pas les verrues d'une autre personne.
  • N'utilisez pas la serviette ou le gant de toilette d'une personne porteuse de verrues.
  • Ne partagez pas les chaussettes ou les chaussures d'une personne qui a des verrues plantaires.
  • N'utilisez pas une lime ou une pierre ponce qui a servi à polir une verrue.
  • Evitez de marcher pieds nus dans les abords des piscines, vestiaires, gymnases, douches publiques.
  • Portez des sandales ou des tongs dans ces endroits publics.
  • Séchez-vous les pieds après une douche ou un bain et a fortiori après un bain dans une piscine collective car le virus pénètre plus facilement dans une peau humide.
  • Certains professionnels comme les bouchers, les poissonniers, les esthéticiennes ou les vétérinaires sont plus exposés à la survenue de verrues au niveau des mains. La meilleure protection pour eux est le port de gants.

 

 

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