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Le zona se manifeste par des éruptions cutanées douloureuses le long d’un nerf ou d’un ganglion nerveux. Ces éruptions surviennent en conséquence de la réactivation du virus qui cause la varicelle, le virus varicelle-zona (VZV) :
- La varicelle est la première infection.
- Le zona est la réactivation du virus, généralement des années plus tard.
Le virus varicelle-zona appartient à la famille des herpès virus. Le zona est donc parfois appelé herpès zoster.
Le zona touche le plus souvent le thorax ou le visage, mais toutes les parties du corps peuvent en être atteintes. Parfois, la douleur causée par le zona persiste pendant des mois ou même des années après la guérison de l’éruption : on nomme cette douleur névralgie ou douleur post-zostérienne.
La réactivation de la varicelle dans l’organisme est la cause physiologique du zona. Les personnes ayant eu la varicelle ont le virus du zona, aussi appelé VZV.
Une fois guéri, le virus reste présent dans notre corps à l’état dormant car il est bloqué par notre système immunitaire. Quand il est inactif, le virus se loge au niveau des nerfs rachidiens qui partent de la moelle épinière vers le reste du corps.
Les chercheurs n’ont pas encore identifié la cause exacte des crises de zona. Néanmoins, ils sont parvenus à mettre en avant certains facteurs qui influencent la réactivation du virus VZV.
- En outre, on observe que le zona est plus courant après 65 ans.
- La baisse des défenses immunitaires est un autre élément de réponse. Lorsque ce dernier s’affaiblit, il n’est plus en mesure de bloquer le virus, d’où l’apparition du zona. La cause du zona peut donc être liée à toute situation affaiblissant le système immunitaire : stress, traitements immunodépresseurs, VIH, cancers, corticothérapie au long cours...
- Chez certains patients, un état de fatigue ou d’anxiété peut être la cause de leur zona. Le lien entre l’état de santé mentale et le zona est donc bien réel.
Le zona peut toucher différentes zones, en fonction du territoire nerveux attaqué. Certaines zones sont plus dangereuses que d'autres, comme le visage ou l'œil :
- Zona intercostal "ceinture de feu" :
C'est le zona le plus fréquent, un nerf situé au niveau de la colonne vertébrale est infecté, ce qui provoque l'apparition des symptômes dans la zone innervée, d'un seul côté du thorax : on parle d'une éruption en hémi-ceinture entre 2 côtes. Ce zona évolue en 2 ou 3 semaines, il est souvent bénin. Moins fréquent, le zona abdominal se développe au niveau de l'abdomen, avec une forme moins nette.
- Zona ophtalmique :
Il s'agit d'une forme rare et potentiellement grave de zona. La maladie se manifeste par des douleurs vives sur un côté du visage suivies d'une éruption cutanée et de brûlures au niveau des paupières et des yeux. Ce zona peut être responsable d'une perte de la vue par opacification de la cornée et doit être traité en urgence.
- Zona facial :
Classiquement, il s'agit d'un zona, qui apparaît d'un seul côté du visage. Il correspond à l'atteinte d'une des 3 branches du nerf trijumeau responsable de la sensibilité de la face.
- Zona de l'oreille :
Lorsqu'il atteint le nerf de Wrisberg, le zona est dit otitique et entraîne des symptômes spécifiques : une douleur d'oreille, une perte de sensibilité de la langue et parfois des vertiges ou troubles auditifs associés à une paralysie faciale. C'est un zona plus rare et difficile à diagnostiquer, car il ne touche qu'une partie du conduit auditif.
Le zona se manifeste par des éruptions cutanées douloureuses le long d’un nerf ou d’un ganglion nerveux. La personne atteinte de zona éprouve une sensation de brûlure, des picotements ou une sensibilité accrue sur une zone de la peau le long d’un nerf, généralement sur un seul côté du corps. S’il survient sur le thorax, le zona peut créer un tracé plus ou moins horizontal qui évoque la forme d’une hémi-ceinture.
De 1 à 3 jours plus tard, une rougeur diffuse apparaît sur cette région de la peau. Puis, plusieurs vésicules rouges remplies de liquide et ressemblant aux boutons de la varicelle font éruption. Ils provoquent des démangeaisons, se dessèchent en 7 à 10 jours, et disparaissent au bout de 2 à 3 semaines, parfois un peu plus.
De 60 % à 90 % des personnes atteintes de zona ressentent une douleur locale aiguë, de durée et d’intensité variables. Elle peut ressembler à celle d’une brûlure ou d’une décharge électrique, ou à des élancements aigus. Parfois, elle est si forte qu’elle peut être confondue avec une crise cardiaque, une appendicite ou une sciatique, certaines personnes ont de la fièvre et des maux de tête.
Il n’est pas possible de contracter un zona au contact d’une personne ayant un zona. En revanche, un autre risque existe. Les vésicules (cloques remplies de liquide) qui apparaissent lors d’un zona contiennent le virus VZV. Au contact de ce liquide, une personne qui n’a jamais eu la varicelle peut développer une varicelle dans les 15 jours.
Les personnes chez qui on suspecte un zona doivent consulter un médecin immédiatement, car le traitement pour être efficace doit commencer très rapidement. Le médecin demande aux patients de décrire avec précision la localisation de la douleur.
Une douleur apparue sur une zone imprécise d’un seul côté du corps suggère l’apparition d’un zona. Si des vésicules caractéristiques apparaissent de façon typique (sur une bande de peau représentant un dermatome), le diagnostic est sans équivoque.
Rarement, le médecin prélève un échantillon au niveau des vésicules afin de faire une analyse ou fait une biopsie pour confirmer le diagnostic.
Près de 90 % des zonas guérissent, souvent après plusieurs poussées de vésicules sur 2 à 3 semaines. La guérison est sans séquelles ou avec des cicatrices cutanées rosées ou blanchâtres. La survenue ultérieure d'un autre épisode de zona est peu fréquente.
Toutefois, certaines complications du zona peuvent apparaître :
- une douleur persistante qui peut durer plus de 6 mois (algies post-zostériennes), survenant surtout chez les personnes âgées.
- une surinfection bactérienne des plaies par grattage (impétigo), en raison des démangeaisons cutanées.
- risque de kératite ou de cécité en cas de zona ophtalmique, de surdité en cas de zona auriculaire et de paralysie faciale en cas de zona facial.
Il repose sur l’administration d’analgésiques (paracétamol) afin de limiter les douleurs. Lors de symptômes sévères, des antidouleurs plus puissants sont prescrits. Des crèmes contenant de la lidocaîne sont également utilisées.
En cas de douleurs persistantes appelées névralgie post-herpétique, des antidépresseurs et d’autres médicaments peuvent s’avérer nécessaires pour limiter l’inconfort de la maladie.
Un antiseptique local pour prévenir la surinfection bactérienne, et un antihistaminique pour diminuer les démangeaisons.
Le traitement antiviral ‘’Aciclovir’’, pommade ou comprimé, est particulièrement indiqué chez les personnes présentant un trouble de l’immunité, un diabète grave, chez les personnes âgées de 60 ans et plus, ainsi qu’en présence d’une maladie sévère. C’est le cas aussi en cas d’atteinte du nerf trijumeau dans le zona ophtalmique, en raison du risque d’atteinte de l’œil.
Les médicaments antiviraux doivent être pris dans les 72 heures suivant l’apparition des lésions sur la peau.
Une rééducation spécifique peut être proposée en cas de paralysie faciale.
Il est conseillé de prendre des mesures de prévention contre la varicelle en vaccinant les enfants et les adultes qui ne sont pas immunisés par le vaccin de la varicelle.
Il existe deux vaccins contre le zona : un vaccin recombinant récent et un vaccin vivant atténué plus ancien. Les vaccins recombinants ne contiennent que des morceaux de virus. Le vaccin recombinant est privilégié, et est recommandé chez les personnes en bonne santé âgées de 50 ans et plus, qu’elles aient déjà eu la varicelle ou un zona et qu’elles aient été vaccinées ou pas avec l’ancien vaccin contre le zona.
Le vaccin recombinant contre le zona est administré en 2 doses par injection intramusculaire. Les doses sont administrées à intervalle de 2 à 6 mois et au moins 2 mois après l’ancien vaccin (virus vivant atténué) pour les personnes déjà vaccinées.
Le vaccin recombinant réduit significativement le risque de développer un zona et une névralgie post-zostérienne.

