HTA :  causes, complications, traitement, prévention

Hypertension artérielle

Le 28/10/2021

 

Sommaire

° Définition

° Grades

° Causes

° Symptômes

° Diagnostic

° Complications

° Examens complémentaires

° Urgence ou poussée hypertensive ?

° Traitement

° Mesures de prévention

 

 

 

 

Définition       

L’hypertension artérielle "HTA" correspond à une élévation anormale de la pression artérielle > 140 mm Hg pour la pression systolique (quand le cœur éjecte du sang), et > 90 mm Hg pour la pression diastolique (quand le cœur se remplit du sang). C’est une maladie multifactorielle (plusieurs causes), elle est assez fréquente que le diabète et constitue un motif de consultation fréquent aux pavillons des urgences médicales.

Elle touche environ 25% de la population. Son incidence augmente avec l'âge, elle touche 60% des personnes âgées > 65 ans.

 

Grades

L’HTA est classée en 03 grades selon les chiffres de tension artérielle : l’hypertension artérielle légère qui ne dépasse pas 159/99 mm Hg, l’hypertension artérielle modérée entre 160/100 mm Hg et 179/109 mm Hg, et l’hypertension artérielle sévère qui dépasse 180/110 mm Hg.

 

Grades de l'hypertension artérielle

 

Causes

Il existe plusieurs facteurs qui favorisent l'apparition d'une HTA "essentielle", elle s'agit d'une élévation de la pression artérielle liée à l'âge, et qui n'a pas une cause bien précise.

Avec l'âge, les parois des vaisseaux perdent de l'élasticité et deviennent plus rigides, ce qui augmente le travail du cœur (fréquence cardiaque) et favorise l'augmentation de la pression artérielle. Tous ces facteurs peuvent être incriminés dans l'HTA essentielle :

  • Age > 50 ans pour l'homme et > 60 ans pour la femme.
  • Surcharge pondérale, obésité.
  • Sédentarité et manque d'exercice physique.
  • Stress chronique et troubles du sommeil.
  • Alimentation riche en matières grasses et en sel.
  • Tabagisme, alcool et consommation de café en excès.
  • Hypertension familiale : dans certains cas, l’hypertension artérielle est due aux mutations génétiques, les parents transmettent la maladie à leurs enfants avec des degrés variables, on trouve au sein de la même famille des personnes atteintes et d’autres saines.

L'HTA est dite "secondaire" si sa cause est bien identifiée :

  • Origine rénale : les reins interviennent dans la régulation de la tension artérielle par le système  «rénine-angiotensine-aldostérone», toute atteinte rénale (polykystose rénale, pyélonéphrite, néphropathie diabétique...) peut provoquer une hypertension artérielle. La sténose de l'artère rénale par athérosclérose (plaques d'athérome) stimule le système «rénine-angiotensine-aldostérone» et provoque également une HTA.
  • Troubles des glandes surrénales :

- Hyperaldostéronisme : c'est une hypersécrétion de l'aldostérone due le plus souvent à une tumeur surrénalienne bénigne (adénome de Conn). Cette hormone provoque une vasoconstriction des artères et une rétention d'eau et de sel aboutissant à une augmentation de la pression artérielle.

- Syndrome de "Cushing" qui se définit par une sécrétion importante de cortisol, les deux causes les plus fréquentes sont l'adénome surrénalien et l'adénome hypophysaire. L'excès du cortisol provoque une HTA par rétention d'eau et de sel. Par ailleurs, le cortisol est une hormone hyperglycémiante (qui augmente le taux du sucre dans le sang) d'où le risque de diabète.

- Phéochromocytome : c'est une tumeur surrénalienne qui sécrète l'adrénaline et la noradrénaline responsables d'épisodes d'HTA paroxystiques par phénomène de vasoconstriction.

  • Utilisation prolongée de certains médicaments tels que les anti-inflammatoires non stéroïdiens "Aspirine" et les médicaments vasoconstricteurs "sprays nasaux". Les corticoïdes au moyen terme augmentent la pression artérielle par rétention d'eau et de Sodium.
  • Coarctation de l'aorte (passée inaperçue dans l'enfance) : c'est une malformation congénitale de l'aorte, il s'agit d'un rétrécissement de l'aorte responsable d'une augmentation de la pression artérielle dans les membres supérieurs.
  • Hyperthyroïdie : elle s'agit d'un hyperfonctionnement de la glande thyroïde située au niveau de la face antérieure du cou, elle se manifeste souvent par des palpitations, des sueurs, des épisodes de diarrhée et de tremblements ; elle peut provoquer une hypertension artérielle en augmentant les battements du cœur (augmentation de la fréquence cardiaque). Le diabète fragilise les parois vasculaires au long terme et peut provoquer une HTA.
  • HTA gravidique qui survient habituellement chez la femme enceinte après la 20ème semaine de la grossesse.

 

Symptômes

l'HTA peut se manifester par plusieurs signes cliniques :

  • Maux de tête intenses surtout au niveau de la région occipitale.
  • Fourmillements au niveau des membres (mains, pieds, bras).
  • Douleurs des membres inférieurs lors de la marche.
  • Palpitations, douleur thoracique angineuse.
  • Vertige et perte d’équilibre, troubles de conscience.
  • Vision floue, sensation de mouches volantes ou perception de points lumineux "phosphènes".
  • Bourdonnements des oreilles.
  • Dyspnées nocturnes.
  • Epistaxis (saignement du nez).
  • Hématurie (présence de sang dans les urines).
  • Triade de Ménard : "céphalées, sueurs, palpitations" en cas de phéochromocytome. Certains symptômes peuvent être les signes d'une complication : douleur thoracique en cas d'infarctus du myocarde, dyspnée en cas d'œdème aigu pulmonaire...

 

 

DiagnosticMesure ambulatoire de la pression artérielle

Il se fait par l'auto-mesure ambulatoire de la pression artérielle "MAPA" sur 24 heures à domicile avec des appareils électroniques mesurant les chiffres de pression artérielle et du rythme cardiaque. Il est possible d’aller au travail avec une MAPA et de faire les activités habituelles. Cet examen sert à analyser les variations de la pression artérielle durant la journée et la nuit. L'appareil prend la pression artérielle toutes les 15 minutes en moyenne dans la journée, et toutes les 30 minutes pendant la nuit. Ensuite, les résultats seront analysés par le médecin, et le diagnostic est retenu si la pression artérielle moyenne des 24 heures dépasse 140/90 mm Hg.

 

MAPA

 

Complications

L'hypertension artérielle non traitée peut entraîner après un certain temps des dégâts aux organes nobles tels que le cœur, le cerveau, les reins ou les yeux :

  • Cœur : les artères soumises à une tension trop élevée s'épaississent et se durcissent. C'est l'athérosclérose. Les artères devenant plus étroites, le débit sanguin diminue, et les organes ne sont plus correctement irrigués. Cette réduction du diamètre des artères accroît le risque de thrombose (obstruction par un caillot). Lorsqu'une des artères irriguant le cœur (artères coronaires) se rétrécit par l'athérosclérose, le cœur ne reçoit plus assez de sang et d'oxygène entraînant une souffrance, et c'est l'infarctus du myocarde (angine de poitrine). L'hypertension artérielle peut également affecter les parois des cavités cardiaques provoquant une hypertrophie ventriculaire gauche, ce qui peut mener à l'insuffisance cardiaque.
  • Artériopathie des membres inférieurs : l'athérosclérose peut affecter les artères des jambes, surtout chez les fumeurs. On parle alors d'artériopathie périphérique des membres inférieurs qui peut causer de vives douleurs lors de la marche.
  • Cerveau : l'hypertension artérielle peut causer un accident vasculaire cérébral (AVC) "hémorragique" dans 20 % des cas ou "ischémique" dans 80 % des cas. Dans le premier cas, l'excès de pression finit par rompre la paroi d'une des artères irriguant le cerveau, c'est l'hémorragie cérébrale. Dans le second cas, un caillot obstrue une artère cérébrale : c'est la thrombose. L'accident vasculaire cérébral peut provoquer un handicap physique ou mental (paralysie, troubles de langage, troubles de mémoire...). Une personne hypertendue a entre deux et trois fois plus de risques de présenter un accident vasculaire cérébral par rapport à une personne saine.
  • Reins : l'hypertension peut aussi causer des dommages aux reins. Avec le temps, l'hypertension va entraîner la mort progressive des unités fonctionnelles des reins qui sont de petits filtres (néphrons). Les reins remplissent de moins en moins bien leur rôle de filtre jusqu'à devenir incapables d'assurer le processus d'élimination des déchets, et c'est l'insuffisance rénale.
  • Yeux : atteinte de la rétine (rétinopathie hypertensive), voire une HTA maligne (hémorragie rétinienne) et risque de cécité.

Plaque d'athérome

Complications de l'HTA

 

 

Examens complémentaires

Ces examens visent à rechercher certaines causes de l'HTA secondaire et permettent d'assurer un suivi médical (détecter les complications au long terme) :

  • Bilan lipidique : cholestérol total, triglycérides (TG), HDL et LDL. Le but est de contrôler l'hypercholestérolémie qui peut aggraver l'HTA.
  • Créatinémie, urémie et ionogramme sanguin (sodium/potassium) : pour évaluer la fonction rénale et détecter certaines causes d'HTA (hypokaliémie en cas de maladie de Cushing ou d'hyperaldostéronisme).
  • Chimie des urines : elle permet de détecter la présence des protéines dans les urines (protéinurie) qui témoigne d'une atteinte rénale.
  • Glycémie à jeun et HbA1c : pour rechercher un diabète associé.
  • TSH (thyroid-stimulating hormone) : demandé en cas de suspicion d'une hyperthyroïdie.
  • Électrocardiogramme "ECG" et l'écho-doppler cardiaque : ils permettent d'évaluer la fonction cardiaque et de rechercher une hypertrophie ventriculaire gauche (cause fréquente d'insuffisance cardiaque).
  • Echo-Doppler vasculaire : au niveau des artères du cou, de l'aorte abdominale, des artères rénales ou des artères des membres inférieurs pour rechercher les plaques d'athérome et mesurer les diamètres des artères.
  • Radiographie du thorax : en cas de suspicion d'un œdème aigu pulmonaire "OAP".
  • Fond d’œil : tous les 6 mois, pour apprécier l'état des artérioles et rechercher des complications (hémorragies rétinienne, œdème papillaire).
  • TDM ou IRM des glandes surrénales : en cas de suspicion d'une tumeur (phéochromocytome, adénome de Conn...).

 

Urgence ou poussée hypertensive ?

La poussée hypertensive est une élévation modérée de la pression artérielle sans signes cliniques évocateurs d'une souffrance d'un organe. Elle est due le plus souvent à :

  • une attaque de panique.
  • l'arrêt du traitement antihypertenseur chez une personne hypertendue.
  • la prise d'un médicament qui réduit l'efficacité des antihypertenseurs : aspirine, pansements gastriques...

L'urgence hypertensive se définit comme une élévation importante de la tension artérielle > 180/110 mm Hg avec présence de signes cliniques en faveur d'une souffrance viscérale, principalement, le cerveau, le cœur et les reins (accident vasculaire cérébral, infarctus du myocarde, œdème aigu pulmonaire...). Dans ce cas, l'hospitalisation s'impose avec des traitements spécifiques.

 

Traitement

Le traitement de l’hypertension artérielle essentielle est basé sur le régime hyposodé (faible en sel) avec la prescription d’un ou plusieurs médicaments antihypertenseurs :

  • Inhibiteurs de l’enzyme de conversion (IEC), les antagonistes des récepteurs de l’angiotensine II (ARA2) et les anti-aldostérones : l’action de chacun d’eux est de réguler l’activité du système «rénine-angiotensine-aldostérone» en éliminant le sodium et en réabsorbant le potassium au niveau rénal, les anti-aldostérones peuvent provoquer une hyperkaliémie (augmentation du taux du potassium sanguin), ce qui peut causer des troubles cardiaques voire un arrêt cardiaque, donc il faut éviter le surdosage.
  • Bêtabloquants : ils diminuent la fréquence cardiaque et contrôlent les battements du cœur pour assurer une pression artérielle équilibrée. Ce médicament est contre-indiqué chez les asthmatiques.
  • Inhibiteurs calciques (IC) qui entrainent une vasodilatation et donc une baisse de la tension artérielle, mais ils peuvent avoir des effets secondaires comme les œdèmes et les bouffées de chaleur surtout chez les femmes.
  • Diurétiques qui favorisent l’élimination de l’excès d’eau et de sel au niveau rénal.
  • Antihypertenseurs centraux qui agissent sur les récepteurs alpha des cellules pariétales des artères. Ils sont le plus souvent prescrits en cas d’échec de deux traitements associés ou en période de grossesse pour les femmes hypertendues.

En cas d'une HTA secondaire, le traitement est celui de la cause ; comme l'ablation d'une tumeur (phéochromocytome, adénome de Conn..), ce qui permet une guérison définitive.

 

Mesures de prévention

Ces différents traitements seront moins efficaces si on ne respecte pas les règles d’or, ce sont des mesures de prévention pour les personnes en bonne santé, et des mesures de renforcement thérapeutique pour les hypertendus :

  • Manger peu d’aliments salés : les aliments trop salés constituent un danger imminent, trop de sodium dans le sang provoque une déshydratation intracellulaire due au passage des liquides du milieu intracellulaire vers la circulation sanguine d’où une augmentation de la tension artérielle. Une consommation moyenne < 6 g de sel par jour (< 2,4 g de sodium) est fortement recommandée.
  • Faire l’activité physique au moins 02 fois par semaine pendant au moins 30 minutes, comme la marche, le vélo ou le footing. Le but du sport est de maintenir un poids stable, de protéger le cœur et les artères, et d'avoir une bonne condition morale.
  • Lutter contre le stress chronique qui augmente la sécrétion des catécholamines tel que l’adrénaline, cette hormone qui agit en réduisant la lumière des artères, ce qui peut provoquer une hypertension artérielle résistante au traitement.
  • Manger suffisamment des fruits et des légumes en raison de leur richesse en vitamines, minéraux et antioxydants qui luttent contre le stress, et préviennent certains types de cancers et de maladies chroniques.
  • Diminuer la consommation des lipides qui contiennent du mauvais cholestérol "LDL" comme les viandes rouges (bovins, ovins) en les remplaçant par les poissons, l’huile d’olive et les oléagineux qui contiennent du bon cholestérol "HDL", ils protègent le système cardiovasculaire et diminuent le risque de constitution des plaques d’athérome au niveau des artères.
  • Eviter la consommation du tabac et de l’alcool (ne pas dépasser 15 g d’éthanol par jour) : les deux sont des facteurs de risque cardiovasculaires, mais qui ont également des effets néfastes sur les poumons, le foie et la vessie : cancer du poumon, cancer de la vessie, cirrhose du foie et insuffisance hépatique.
  • Faire un bilan général semestriel ou annuel : au moins un bilan lipidique, taux de sodium et de potassium sanguins afin de dépister une hypertension artérielle silencieuse.

 

 

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