Sommaire
° Thyroïde
La thyroïde est une petite glande en forme de papillon ou de "H", constituée de deux lobes reliés par une partie centrale appelée "isthme". Elle est d’environ 5 cm de diamètre, située à la base du cou en avant de la trachée. Elle est placée sous la pomme d'Adam et n’est normalement pas palpable. La thyroïde sécrète des hormones thyroïdiennes :
- Triiodothyronine "T3" : c'est la véritable hormone thyroïdienne active qui affecte pratiquement tous les processus physiologiques de l'organisme.
- Thyroxine "T4" ou Tétraiodothyronine : hormone de réserve produite en plus grande quantité que la T3. À tout moment, la T4 peut être convertie en T3 et devenir active selon les besoins de l’organisme et la présence ou non de maladies.
Ces hormones affectent de nombreuses fonctions vitales de l’organisme, comme les fréquences cardiaque et respiratoire, la vitesse à laquelle les calories sont brûlées (métabolisme), l'oxygénation des tissus, l’intégrité de la peau, la croissance, la production de chaleur, la fertilité et la digestion. La thyroïde sécrète également la calcitonine, une hormone qui participe au maintien de la masse osseuse en favorisant la fixation du calcium dans les os.
L'iode est un élément indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Il s'agit d'un oligo-élément, comme le fer ou le zinc.
Une dose minimale d’iode est nécessaire pour le bon fonctionnement de la thyroïde. Présent en très faible quantité dans le corps, il doit être fourni par l'alimentation quotidienne : sel iodé de cuisine, poissons, fruits de mer, etc. Une alimentation équilibrée garantit un apport suffisant d'iode pour que la thyroïde fonctionne correctement alors qu'une dose excessive peut entraîner un dysfonctionnement de cette glande.
La thyroïde est sous la dépendance de l’hypophyse, située à la base du cerveau. Cette glande produit la TSH (Thyroid Stimulating Hormone) qui régule la sécrétion des hormones thyroïdiennes. L’hypophyse est contrôlée par l’hypothalamus, petite structure du cerveau située au-dessus d’elle, qui libère la TRH (Thyrotropin Releasing Hormone) régulant la sécrétion de TSH.
Lorsque l’hypothalamus détecte de très faibles concentrations sanguines d’hormones thyroïdiennes, il libère de la TRH qui stimule la sécrétion de TSH par l’hypophyse. La TSH stimule, à son tour, la sécrétion d’hormones thyroïdiennes par la thyroïde pour ainsi rétablir un taux sanguin normal de ces hormones. Tout ce processus est appelé le feed-back ou le rétrocontrôle hormonal.
L’hyperthyroïdie, également appelée hyperfonctionnement de la thyroïde, est une maladie métabolique fréquente caractérisée par une production excessive d’hormones thyroïdiennes T3 et T4. Ces hormones, produites par la glande thyroïde, jouent un rôle métabolique clé dans tout l’organisme, notamment sur certaines fonctions vitales : régulation des fréquences cardiaque et respiratoire, régulation de la température corporelle, croissance, production de l'énergie, régulation du transit intestinal, etc.
Si les hormones T3 et T4 sont produites en excès, on observe divers symptômes à travers tout le corps. Chez les personnes âgées, elle peut être asymptomatique, et elle est systématiquement recherchée lorsque la personne maigrit sans raison, se plaint d’insomnies, de palpitations ou de fatigue chronique. Elle touche les femmes 5 à 10 fois plus fréquemment que les hommes.
L'hyperthyroïdie est plus fréquente chez certaines catégories de personnes :
- Sexe féminin : l'hyperthyroïdie est plus fréquente chez les femmes, elle touche 8 femmes pour 1 homme.
- Chez les femmes, en particulier pendant la grossesse et après 35 ans.
- Chez les femmes qui ont récemment accouché, jusqu’à 7% d’entre elles seraient touchées de manière transitoire pendant l’année suivant la naissance.
- Chez les personnes âgées de plus de 60 ans.
- Prédisposition familiale : les personnes ayant des cas d’hyperthyroïdie dans la famille auront un risque plus élevé de souffrir de cette maladie.
- Stress : le stress chronique peut augmenter la sécretion du cortisol, cette hormone altère la fonction de la thyroïde au point de l’accélérer et affecte également les glandes surrénales.
- Tabac : l’incidence d'une hyperthyroïdie auto-immune (maladie de Basedow) est majorée chez les fumeurs.
- Maladies auto-immunes : les personnes, qui ont certaines maladies auto-immunes telles que le diabète de type 1, ont plus de risque de développer une hyperthyroïdie auto-immune (maladie de Basedow).
L'hyperthyroïdie peut avoir de multiples causes, dont la plus fréquente est une maladie auto-immune, la maladie de Basedow. Plus rarement, l'hyperthyroïdie peut être due à une anomalie de l'hypophyse qui, dans ce cas, ne régule plus correctement la thyroïde et les hormones thyroïdiennes sont alors produites en excès.
La maladie de Basedow, encore appelée maladie de Graves, est une maladie auto-immune. Autrement dit, elle résulte d’un dysfonctionnement du système immunitaire. Ce dernier n’arrive plus à faire la différence entre les composantes normales du corps et les éléments à éliminer. De ce fait, il s’y attaque pour les détruire. Dans ce cas précis, les anticorps ciblent directement la thyroïde. Excessivement stimulée, cette dernière produit une énorme quantité d’hormones thyroïdiennes T3 et T4.
La maladie de Graves fait partie des causes les plus courantes de l’hyperthyroïdie. Selon les chiffres, elle est à la base de près de 80% des cas. Par ailleurs, elle est plus fréquente chez les femmes. À cela s’ajoute le fait que dans 15% des cas, un facteur familial est mis en évidence. Des maladies auto-immunes comme la polyarthrite rhumatoïde et le diabète de type 1 augmentent le risque de souffrir de la maladie de Basedow.
Les nodules thyroïdiens sont des petites masses qui se forment dans la glande thyroïde, en solitaire ou en groupe. Ils se forment pour des raisons qui demeurent encore mystérieuses. Heureusement, ils sont pour la plupart bénins. Ainsi, même s'ils sont présents chez une grande partie de la population, beaucoup n’en ont pas conscience ou vivent normalement avec. Dans les faits, 5 à 20% de la population possède un nodule qu’il est possible de détecter grâce à la palpation (≥ 1 cm). Lorsque les masses les plus petites qui ne sont visibles qu’avec un examen d'échographie sont comptées, les statistiques sont plus élévées. Dans ce cas, plus de 40% de la population possède au moins un nodule.
Même si la plupart des nodules thyroïdiens sont bénins, certains d’entre eux s’avèrent toxiques et peuvent entraîner une hyperthyroïdie, cela peut arriver chez 5 à 10% des personnes possédant un nodule thyroïdien. Ces nodules peuvent être uniques, c'est le cas de l’adénome toxique (nodule de Plummer), ou multiples comme le goitre multinodulaire toxique "GMNT".
Le GMNT et l’adénome toxique sont les causes d’hyperthyroïdie les plus fréquentes chez le sujet âgé de plus de 60 ans, dont 80% des cas sont du sexe féminin.
3) Thyroïdites
L’hyperthyroïdie est souvent confondue avec une inflammation de la glande thyroïde. En réalité, c’est la thyroïdite qui correspond à cette description. Elle peut être de différents types et avoir des causes aussi bien inflammatoires qu’infectieuses. Les thyroïdites les plus courantes sont les thyroïdites de Hashimoto, de De Quervain et la thyroïdite du post-partum :
- Thyroïdite de Hashimoto :
Cette maladie auto-immune se caractérise par la présence d'un goitre ferme et irrégulier avec la présence d'anticorps anti-thyroperoxydase (anti-TPO) et/ou d'anticorps anti-thyroglobuline (anti-Tg). Une phase d'hyperthyroïdie est possible au début de la maladie qui évolue ensuite vers l'hypothyroïdie.
- Thyroïdite de De Quervain :
Cette inflammation de la thyroïde est réactionnelle à une infection virale, avec syndrome grippal, fièvre et goitre dur et douloureux. Elle s’accompagne d’une phase initiale d’hyperthyroïdie, suivie d’une phase d’hypothyroïdie puis elle guérit spontanément en 2 ou 3 mois.
- Thyroïdite du post-partum :
La thyroïdite du post-partum est une thyroïdite silencieuse qui s'accompagne d'un goitre minime et indolore, et qui survient environ 3 à 6 mois après l'accouchement. Il s'agit d'une forme d'une thyroïdite auto-immune, c'est-à-dire que la patiente fabrique des anticorps contre ses propres tissus et dont l'installation est insidieuse. Cette thyroïdite concerne 5 à 15% des femmes accouchées. On décrit typiquement deux phases : une première phase d'excès de sécrétion d'hormones thyroïdiennes dans les 3 à 6 mois qui suivent la grossesse. Cette phase est suivie d'une hypothyroïdie, c'est-à-dire d'une insuffisance de sécrétion d'hormones thyroïdiennes 4 à 6 mois plus tard. Cette deuxième phase se caractérise généralement chez la femme par une dépression plus ou moins importante. Il existe un risque de récidive lors des grossesses ultérieures.
- Une thyroïdite peut être égalemment provoquée par des substances toxiques, des radiations, une carence ou un excès en iode, etc. Les variations de cette maladie peuvent être aiguës, subaiguës et parfois chroniques. Même si les évolutions cliniques et biologiques d’une thyroïdite sont variées, elles ont toutes un point en commun, un dérèglement des hormones thyroïdiennes et par extension, une hyperthyroïdie. La particularité avec cette cause est qu'elle peut être de courte durée. Dès que l’inflammation est soignée, la thyroïde retrouve son fonctionnement normal.
4) Médicaments riches en iode
Certains médicaments et produits riches en iode peuvent provoquer une hyperthyroïdie transitoire, les plus fréquents sont :
- Amiodarone (Cordarone), un médicament utilisé dans le traitement de certains troubles du rythme cardiaque.
- Produits de contraste, qui servent à obtenir de meilleures images lors d’une radiographie ou d’un scanner.
- Interféron alpha ou Interleukine 2, utilisés dans le traitement de certains types de cancer.
- Lithium, utilisé pour le traitement de la dépression.
5) Thyrotoxicose factice
La thyrotoxicose factice est la conséquence d'une prise excessive d'hormones thyroïdiennes inavouée, accidentelle ou à titre thérapeutique. Par exemple, certaines personnes, qui cherchent à perdre du poids, utilisent des hormones thyroïdiennes. Des accidents cardiaques liés à une hyperthyroïdie provoquée par ce type de traitement ont été observés. De ce fait, l'utilisation des hormones thyroïdiennes pour maigrir est absolument contre-indiquée et doit être évitée.
6) Adénome hypophysaire à TSH
C'est une maladie rare, appelée aussi "adénome thyréotrope". En cas de présence d’un adénome hypophysaire, la TSH sécrétée par la partie antérieure de l’hypophyse sera produite en excès. Il en résulte une surstimulation de la glande thyroïde entrainant une hypersécrétion des hormones thyroïdiennes. Cette hyperthyroïdie est classée comme une hyperthyroïdie d'origine centrale.
Il est assez fréquent que l’hyperthyroïdie ne produise pas de symptômes, particulièrement chez les personnes âgées de plus de 60 ans. Si des symptômes apparaissent, on observe une accélération de la majorité des fonctions de l'organisme :
- Rythme cardiaque accéléré : le pouls est fréquemment supérieur à 90 battements par minute au repos, la personne se plaint de palpitations et d’essoufflement.
- Troubles de régulation de la température du corps : la personne transpire facilement, elle a les mains moites et parfois des bouffées de chaleur, elle craint la chaleur et se plaint de soif excessive.
- Troubles du système nerveux : la personne peut présenter des tremblements au niveau des extrémités, des troubles du sommeil, de nervosité, d’irritabilité, des sautes d’humeur et d’anxiété. Fréquemment, anxiété et nervosité sont les premiers signes notables de l’hyperthyroïdie.
- Troubles du système digestif : le transit intestinal est accéléré et les selles sont plus fréquentes "diarrhée".
- Troubles généraux : fatigue, faiblesse musculaire, perte de poids rapide malgré un appétit conservé, règles moins fréquentes et moins abondantes, baisse de libido, peau fine et chute de cheveux.
- En cas de maladie de Basedow, ces symptômes sont souvent associés à une augmentation du volume de la thyroïde (goitre), un myxœdème prétibial, et des troubles oculaires : rétraction des paupières, des yeux écarquillés "exophtalmie" et des yeux secs qui piquent.
Devant ces symptômes de l'hyperthyroïdie, le médecin examinera le cou du patient afin d’évaluer une éventuelle augmentation du volume de la thyroïde (goitre) ainsi que les yeux, car des yeux globuleux pouvant être le signe de la maladie de Basedow. Ensuite, le médecin demande un bilan sanguin pour doser les hormones thyroïdiennes T3 et T4, ainsi que la TSH. Dans le cas d’une hyperthyroïdie, les taux de T3/T4 sont élevés et le taux de TSH est diminué. Dans les hyperthyroïdies asymptômatiques, les taux de T3/T4 sont normaux mais le taux de TSH est bas, ce qui signale tout de même une hyperthyroïdie.
Ce bilan initial sera complété pour rechercher les causes de l’hyperthyroïdie : recherche d’anticorps spécifiques pour dépister une maladie de Basedow, faire une échographie cervicale, voire une scintigraphie du cou pour visualiser la thyroïde à la recherche de nodules...
Le plus souvent, le diagnostic de la cause d’une hyperthyroïdie requiert une scintigraphie thyroïdienne. Il s’agit d’un examen qui consiste à administrer un traceur ; une substance faiblement radioactive, habituellement de l’iode radioactif (iode 123) ou du technétium 99, qui va se fixer dans la thyroïde en plus ou moins grande quantité selon l’activité de cette glande. Le traceur est le plus souvent administré par une injection intraveineuse, parfois par voie orale dans le cas de l’iode 123. Dans le cas d’un nodule, l’iode s’accumule en un point localisé. Dans le cas de la maladie de Basedow, l’hyperfixation de l’iode est visible dans toute la thyroïde.
Après un temps d’attente variable selon le traceur, le patient subit un examen simple qui consiste à placer un détecteur de radiations "gamma-camera" contre la peau au niveau du cou. L'appareil calcule la dose d'iode capturée par la glande et détermine ainsi son activité. En cas d'hyperthyroïdie, la quantité d'iode capturée est largement supérieure à la normale car la thyroïde est très active.
Le médecin peut également prescrire des examens pour évaluer le retentissement de la maladie : bilan cardio-vasculaire, bilan ophtalmologique par exemple, etc.
Des complications apparaissent si l’hyperthyroïdie n’est pas traitée et que les taux d’hormones thyroïdiennes dans le sang sont très élevés :
- Troubles cardiaques : troubles du rythme (fibrillation auriculaire) ou une insuffisance cardiaque.
- Impuissance chez l’homme, troubles des règles et de fertilité chez la femme.
- Fatigue intense et amaigrissement important.
- Ostéoporose : un excès de T3/T4 diminue l'absorption du calcium au niveau des os, ce qui favorise l'ostéoporose.
- Atteinte de l’œil en cas de maladie de Basedow : exophtalmie douloureuse et non réductible avec inflammation des paupières.
- Troubles psychiatriques : confusion, agitation, délire.
- Crise thyréotoxique, c'est la complication la plus grave.
Crise thyréotoxique :
Une des complications les plus graves de l’hyperthyroïdie, si cette maladie n’est pas traitée, est la crise thyréotoxique. La crise thyréotoxique est une intoxication par les hormones thyroïdiennes, elle peut être provoquée par un traumatisme, une infection, une intervention chirurgicale, un diabète non maîtrisé ou une grossesse. La thyroïde s'emballe et relâche rapidement une grande quantité de T3/T4 dans le sang. Cette crise est une urgence médicale rare mais peut être grave car elle peut déclencher une fièvre élevée, de fortes palpitations, une agitation, une déshydratation, un état de faiblesse et de confusion, une insuffisance cardiaque, voire un coma. Autrefois, la crise thyréotoxique était toujours mortelle. Aujourd'hui, les soins d'urgence permettent de la traiter dans la grande majorité des cas.
Le traitement peut se faire avec des médicaments ATS "antithyroïdiens de synthèse" qui bloquent la fabrication des hormones thyroïdiennes ou par la neutralisation de la thyroïde par de l'iode radioactif, ou en l’enlevant chirurgicalement.
Chez les patients avec une hyperthyroïdie asymptômatique, la décision de traiter dépend des cas. Par exemple, si la personne est à risque de maladie cardiaque, un traitement peut être nécessaire pour éviter que l’hyperthyroïdie, même légère, n’aggrave la santé du cœur.
Il faut préciser que pour que le traitement soit vraiment efficace, la cause doit être connue. En plus, l’essentiel reste de détecter la maladie très tôt pour augmenter le taux de réussite et réduire les risques :
- La maladie de Basedow peut être traitée par la prescription prolongée, de 12 à 18 mois, d’antithyroïdiens de synthèse (Méthimazole, Carbimazole, Propylthiouracyle PTU). Si la maladie de Basedow devient chronique, le médecin envisage alors la neutralisation par de l’iode radioactif 131 ou l’ablation chirurgicale de la thyroïde. Si nécessaire, les problèmes des yeux liés à la maladie de Basedow font l’objet d’un suivi spécifique par un ophtalmologue avec des larmes et collyres de vitamine A pour protéger la cornée.
- Lorsque le patient présente des nodules produisant de la T3/T4, un traitement médicamenteux est d’abord prescrit pour normaliser les taux d’hormones thyroïdiennes dans le sang. Ensuite, une intervention chirurgicale est pratiquée pour enlever tout ou une partie de la thyroïde selon le nombre et la taille des nodules. Il est possible que cette solution soit considérée comme trop radicale par certains patients, car elle implique la prise d’hormone de substitution à vie. Parfois, une neutralisation de la thyroïde par de l’iode radioactif 131 est préférée. Il faut savoir que le traitement par l'iode radioactif est contre-indiqué chez les femmes enceintes et allaitantes.
- Si l'hyperthyroïdie apparaît durant le traitement par Amiodarone, ce traitement doit être interrompu et remplacé par une autre substance.
- Pour les thyroïdites, elles se résolvent d’elles-mêmes et le traitement consiste à soulager l’inflammation et atténuer les symptômes cardiaques par des médicaments adaptés, tout en surveillant soigneusement l’évolution de la maladie.
Pour soigner les symptômes de l’hyperthyroïdie, le médecin peut prescrire un béta-bloquant comme le Propranolol qui permet de soulager les tremblements et les symptômes cardiovasculaires comme les palpitations. D’autres béta-bloquants peuvent aussi être utilisés comme l’Aténolol, le Métoprolol ou le Nadolol.
Le fonctionnement de la glande thyroïde reste normal pendant la grossesse, mais les besoins de l’organisme en iode sont plus importants à cause des besoins du fœtus. La glande thyroïde du fœtus commence à fonctionner entre le 2ème et le 3ème mois de gestation. Les hormones thyroïdiennes ainsi produites jouent un rôle dans le développement de son cerveau. L’iode et les hormones thyroïdiennes de la mère qui passent à travers le placenta contribuent aussi de façon importante au fonctionnement de la thyroïde du fœtus. Pour cette raison, tout dérèglement de cet organe chez la mère doit être dépisté et traité.
Les troubles de la thyroïde touchent environ 5% des femmes enceintes, mais la plupart de ces affections sont détectées et traitées sans présenter de problèmes graves pour la femme ou son fœtus. Certaines femmes sont systématiquement suivies sur le plan thyroïdien pendant leur grossesse :
- Celles qui présentent des antécédents personnels ou familiaux de problèmes de la thyroïde.
- Celles qui souffrent d’une maladie auto-immune.
- Celles qui ont précédemment été traitées pour hyperthyroïdie.
En cas d’hyperthyroïdie pendant la grossesse, des complications peuvent survenir : retard de croissance du fœtus, fausse-couche ou accouchement prématuré. Le traitement par un antithyroïdien de synthèse "Propylthiouracile" est possible, à la dose minimale pour obtenir et conserver un taux normal d’hormones thyroïdiennes dans le sang. Pendant toute la grossesse, le fœtus est surveillé par échographie à la recherche d’un éventuel goitre. Si le nouveau-né présente des signes d’hyperthyroïdie, celle-ci disparaît spontanément en quelques semaines.
L’allaitement est habituellement déconseillé en cas de traitement par un antithyroïdien de synthèse, en raison de leur passage dans le lait maternel. Néanmoins, avec une surveillance du nourrisson, l’utilisation du Propylthiouracile à faible dose est possible chez la femme allaitante.
La principale raison pour laquelle les problèmes de thyroïde, principalement l’hyperthyroïdie, sont préoccupants est qu’il n’existe aucun moyen de les prévenir réellement. Cela s’explique par le fait qu’il s’agisse d’un trouble souvent héréditaire et dont les causes varient d’une personne à une autre.
Ces facteurs réduisent la possibilité d’un système préventif universel et applicable à tous. Toutefois, il existe la possibilité de réduire les effets de cette affection. Il s’agira alors de prendre soin de votre thyroïde grâce à plusieurs éléments du quotidien et un suivi médical :
- Faire un bilan de santé régulier :
La première chose qu’il est recommandé de faire, dans le cadre de la prévention de l’hyperthyroïdie, est un bilan de santé fréquent. En effet, c’est l’aggravation des symptômes de l'hyperthyroïdie qui la rend aussi dangereuse. Lorsqu’elle est diagnostiquée et prise en charge assez tôt, l’hyperthyroïdie peut être contrôlée. Le médecin traitant sera alors en mesure de vous proposer un traitement efficace qui vous convient. Vous réduirez les risques de développer des complications qui peuvent constituer un véritable danger pour votre santé. La fréquence conseillée pour effectuer un bilan de santé est une fois par an. Vous pouvez néanmoins vous rendre chez votre médecin dès que vous sentez une anomalie, il pourra ainsi vous examiner afin de poser un diagnostic dans les meilleurs délais.
- Changer votre alimentation :
L’alimentation a une place très importante. Dans le cas de l’hyperthyroïdie, les aliments à favoriser sont les suivants :
- Produits pauvres en iode qui aident à réduire le taux des hormones thyroïdiennes : blanc d’œuf, fruits frais, avoine, miel, etc.
- Aliments riches en fer puisqu’un faible taux de fer est associé à l’hyperthyroïdie : viande rouge, haricots secs, noix, etc.
- Aliments riches en sélénium puisque il contribue à équilibrer les hormones thyroïdiennes : noix du Brésil, graines de chia, champignons, avoine, volaille, etc.
- Aliments riches en vitamine D et en calcium qui protègent les os souvent affaiblis par l’hyperthyroïdie : saumon, amandes, haricots blancs, produits laitiers, etc.
Tout comme certains aliments ont une action favorable en cas d’hyperthyroïdie, d’autres semblent avoir une action défavorable. Ces aliments sont donc à limiter autant que possible :
- Aliments riches en iode qui favorisent la production d’hormones thyroïdiennes : poissons de mer, fruits de mer, crustacés, algues, etc.
- Soja et ses dérivés qui semblent interférer avec les traitements de l’hyperthyroïdie : lait de soja, sauce soja, tofu, etc.
- Aliments ou boissons riches en caféine qui par son action excitante exacerbe les symptômes de l’hyperthyroïdie : café, thé, chocolat noir, etc.
- Faire de l'activité physique :
Si vous faites de l’hyperthyroïdie ou quand vous êtes une personne à risque, vous devrez prendre soin de votre corps en faisant une activité physique régulière. Il faut préciser que cela dépend fortement de la période dans laquelle vous êtes. De manière pratique, quand vous êtes dans une période sensible, vous devrez éviter les sports d’endurance. Ils constituent un problème puisqu’ils stimulent votre activité cardiovasculaire. Comme votre organisme est déjà en hyperactivité, une activité de ce genre ne lui sera que néfaste. Par contre, vous pouvez faire de la marche, de la natation ou encore du vélo à condition d’en modérer l’intensité.
- Autres mesures :
- Eviter les situations de stress qui prédisposent à l’hyperthyroïdie, et risquent d’aggraver les symptômes cardiovasculaires de la maladie.
- Avoir de bonnes nuits de sommeil pour compenser l’élévation du métabolisme durant la journée.
- Éviter le tabagisme qui altère le fonctionnement de la glande thyroïde.





