Sommaire
° Types
° Causes
Les douleurs musculaires, ou myalgies, désignent une douleur concernant les muscles striés. Il s’agit des muscles de l‘appareil locomoteur, ceux qui nous permettent de nous déplacer, de réaliser des actions volontaires, par opposition aux muscles lisses qui interviennent par exemple dans la digestion, ou encore le muscle cardiaque qui fait spontanément battre notre cœur.
Les douleurs musculaires peuvent être de nombreuses natures :
- Courbatures : qui sont de toutes petites lésions musculaires qui surviennent suite à un effort excessif sur des muscles insuffisamment préparés. A noter toutefois que dans des maladies infectieuses telles que la grippe, on est également victime de courbatures, mais elles s’accompagnent alors de fièvre et d’une fatigue.
- Crampes : qui sont des contractures involontaires, ou spasmes, extrêmement fréquentes mais sans gravité.
- Contractures : qui peuvent s’apparenter à des crampes, mais qui sont principalement un mécanisme de défense mis en place par l’organisme pour éviter l’aggravation d’un problème : les plus connus sont les lumbagos et les torticolis, dans lesquels le corps verrouille les articulations par le biais des muscles contractés afin de limiter les faux mouvements.
- Elongations : qui correspondent à de petites déchirures des fibres musculaires provoquées par une sollicitation excessive d'un muscle en extension maximale (allongement des fibres musculaires au-delà de leur élasticité).
- Claquages : ce sont des déchirures musculaires partielles, incomplètes, comprises entre les élongations et les déchirures plus graves, et qui surviennent dans le cadre d’efforts musculaires intenses.
- Déchirures musculaires ou ruptures : qui sont le stade ultime de la lésion musculaire, puisque dans ce cas le muscle est rompu.
Généralement, la douleur musculaire fait suite à des efforts physiques au cours desquels les muscles sont largement sollicités, souvent sans entrainement ou échauffement préalable. Mais, il existe aussi plusieurs causes susceptibles d’expliquer les douleurs musculaires :
- Mauvaises postures : faire une activité physique ou travailler (faire du ménage, chantier, bureau, etc) en mauvaises postures est susceptible de générer des tensions musculaires associées à des douleurs.
- Traumatismes et blessures : les douleurs musculaires peuvent être favorisées par une blessure ou un traumatisme comme un choc, un coup ou une chute, le plus souvent à cause des déchirures musculaires.
- Déshydratation : le manque d’hydratation tout au long de la pratique d'une activité physique (avant, pendant et après) est un facteur qui favorise la survenue des douleurs musculaires, la déshydratation fragilise les muscles qui sont alors plus exposés aux risques de microlésions des fibres musculaires.
- Infections : une infection virale ou bactérienne, telle que la grippe, les hépatites ou le tétanos, peut aussi entraîner des douleurs musculaires suite à la sécrétion de substances inflammatoires comme les cytokines.
- Stress : c'est une autre cause fréquente de douleur musculaire, car, sous pression, le corps produit des hormones rendant les muscles tendus et plus sensibles à la douleur.
- Changement brusque de température : c'est un déclencheur fréquent des douleurs musculaires, les fibres musculaires subissent un choc thermique brutal (du froid au chaud et vice-versa), il en résulte des contractures (spasmes) et des douleurs musculaires parfois violentes.
- Carence nutritionnelle : les personnes qui ont des carences importantes en potassium, calcium et magnésium sont davantage exposées aux douleurs musculaires que les autres, car ces minéraux participent au bon fonctionnement du système musculaire.
- Déséquilibre acido-basique (acidose) : c’est-à-dire un excès d’acidité dans le corps de causes multiples, l'acidose peut se manifester par des douleurs musculaires généralisées.
- Certains médicaments : qui peuvent également provoquer des myalgies comme les statines, médicaments pour baisser le taux du cholestérol dans le sang.
- Certaines maladies auto-immunes : polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé...
- Myopathies congénitales : ce sont des affections musculaires ou neuromusculaires d’origine génétique, et qui touchent surtout les enfants.
- Rhabdomyosarcome : c'est un type de cancer très rare qui affecte les muscles et provoque une lyse des cellules musculaires (rhabdomyolyse).
Chaque type de douleurs musculaires peut se manifester par des signes spécifiques :
- Les courbatures occasionnent des douleurs diffuses d’intensité moyenne, et qui augmentent lorsqu’on sollicite les muscles concernés. Elles font leur apparition dans les 12 à 48 heures qui suivent un effort physique inapproprié.
- Les crampes se traduisent par une douleur d’apparition brutale accompagnée d’un durcissement des muscles, et qui persiste entre quelques secondes et une quinzaine de minutes avant de disparaître spontanément. Contrairement aux crampes, les contractures durent beaucoup plus longtemps (entre 5 et 10 jours) et ne cèdent pas spontanément. Les contractures les plus fréquentes se retrouvent au niveau du mollet, des cuisses, des fesses et du cou.
- Les élongations se traduisent par une douleur brutale et très localisée. Toutefois, il s’agit d’une lésion sans gravité, ce qui explique que la personne puisse poursuivre son activité et que la douleur s’atténue au repos.
- Le claquage musculaire provoque une douleur intense, brutale et instantanée. Elle impose un arrêt immédiat de l’activité. La douleur est très localisée, ce sont souvent les muscles du mollet et de la cuisse qui sont concernés, mais elle va rapidement s’étendre à l’ensemble du muscle, entraînant un hématome, un œdème et même une déformation du muscle. La douleur à la palpation est extrême.
- La déchirure musculaire concerne souvent les muscles situés à l’arrière de la cuisse (ischio-jambiers), et la douleur ressentie, extrêmement violente, évoque un coup de poignard. Elle apparaît de façon brutale, accompagnée d’un œdème, d’un hématome et de la rétraction du muscle lésé. Parfois, on éprouve une sensation de claquement audible.
Les douleurs musculaires accompagnant des syndromes infectieux ou d’autres pathologies sont particulières à chaque type de maladie. De manière générale, en cas d’infection virale, comme la grippe, les douleurs se présentent sous forme de courbatures et s’accompagnent de fièvre et d’une asthénie.
Toute douleur musculaire d’apparition brutale ou persistante doit amener à consulter un médecin. De même, la présence de fièvre doit vous pousser à prendre rendez-vous. Cela est essentiel pour déterminer la cause de la douleur et mettre en place le traitement adapté. En cas de douleur survenant suite à un effort musculaire intense et dont l’origine est évidente, il faudra néanmoins déterminer la gravité de la lésion. Dans les cas où aucune cause n’est retrouvée, l’investigation médicale sera déterminante, car elle seule pourra amener à déceler une maladie sous-jacente qui peut parfois être grave : pathologie neurologique, auto-immune (fibromyalgie par exemple), ou plus communément infectieuse.
Le diagnostic des douleurs musculaires repose sur l’interrogatoire du patient concernant les conditions dans lesquelles est survenue la douleur, son intensité, la durée, les mouvements qui l’augmentent ou la diminuent. Le médecin procède ensuite à un examen clinique. En fonction des résultats de cet examen, le médecin peut être amené à prescrire des analyses de sang, une biopsie musculaire ou un EMG "électromyogramme". Dans certains cas, une IRM (imagerie par résonance magnétique) peut même être indiquée. Ces différents examens visent essentiellement à distinguer les causes des douleurs musculaires plus qu’à les diagnostiquer à proprement parler.
Le traitement des douleurs musculaires doit tenir compte de la cause. Classiquement, on aura recours aux antalgiques, tels que le paracétamol, et aux anti-inflammatoires comme l’ibuprofène, qui sont destinés à soulager la douleur, mais qui ne traitent pas la cause. Le médecin peut également être amené à vous prescrire des myorelaxants qui détendent les muscles en cas de spasmes musculaires.
Se tourner vers des thérapeutes tels que les ostéopathes, étiopathes ou chiropraticiens peut être une bonne solution en cas de torticolis ou de lumbago notamment. De plus, les ostéopathes seront à même de traiter la plupart des douleurs musculaires chroniques (tendinites, crampes à répétition, contractures…).
D’une manière générale, lorsqu’une douleur musculaire est due à une lésion musculaire (élongation, claquage ou déchirure musculaire), on peut appliquer le protocole GREC ou RICE en anglais:
- Glace : on place une poche de glace sur la zone blessée en interposant un linge entre les deux, si possible une dizaine de minutes toutes les deux heures pendant 2 à 3 jours, évitez l’application de chaleur sur une zone inflammatoire.
- Repos : on cesse toute activité pendant au moins 72 heures.
- Elévation : on surélève légèrement la zone léseé par apport au niveau du coeur.
- Compression : on bande la zone pour empêcher l’extension de l’hématome.
Suite à un traumatisme violent, il est essentiel de protéger la zone pour éviter d’autres accidents, faire en sorte d’immobiliser la zone touchée (dans l’idéal avec une attelle ou un appareil orthopédique) est conseillé en attendant la venue des secours. La kinésithérapie est également indiquée suite à une lésion musculaire. En effet, des exercices de rééducation ou encore des massages ou du drainage aideront à récupérer plus rapidement. Le thérapeute peut également utiliser divers appareils, tels que les électrodes, avec un courant électrique ou des ultrasons. Le kinésithérapeute sera également à même de prodiguer des conseils pour éviter les récidives.
Il faut aussi garder à l’esprit que certaines douleurs musculaires ne nécessitent pas de prise en charge spécifique et qu’elles demandent simplement un peu de repos. C’est notamment le cas des crampes qui vont se résorber naturellement en 2 à 5 jours en fonction de leur importance. Dans l’instant où elles surviennent, réaliser un étirement du muscle touché est généralement efficace. Prendre des compléments à base de calcium et de magnésium, pendant quelques jours, aide à soulager les crampes.
La prévention des douleurs musculaires peut être variable en fonction des situations. Il est tout d’abord essentiel de correctement s’échauffer et de s’étirer avant de pratiquer un exercice physique, afin d’éviter les claquages, les déchirures musculaires ou les élongations. Faites toujours en sorte de respecter votre organisme et de ne pas faire des efforts qui sont au-delà de vos forces. Voici quelques conseils utiles pour prévenir les myalgies :
- Boire avant, durant et après l'exercice.
- Adopter une alimentation riche en minéraux et oligo-éléments capable de suppléer les pertes engendrées par l’activité physique.
- Progresser graduellement dans un sport et laisser à votre corps le temps de récupérer après les efforts. La fatigue musculaire qui survient lorsque le muscle n'est pas habitué à fournir la force demandée peut causer les contractures.
- Adopter une bonne posture pendant le travail (bureau, chantier, etc).
- Prendre toutes les précautions nécessaires si les conditions climatiques sont très chaudes ou trop froides.
- Reconnaître les signes de fatigue voire d’épuisement musculaire et savoir s'arrêter avant que les douleurs n'apparaissent.



