Sommaire
° Causes
° Plantes
Les sinus sont des cavités aériennes présentes par paire. Ces cavités sont creusées dans le massif osseux de la face et elles communiquent avec les fosses nasales par un orifice étroit.
Les sinus sont tapissés par une muqueuse qui sécrète du mucus évacué dans les fosses nasales par cet orifice. Le mucus contient des agents antiviraux et antibactériens et joue un rôle très important de première défense contre les infections.
Selon leur emplacement, on distingue les sinus maxillaires, frontaux, sphénoïdaux, et ethmoïdaux.
Mis à part les sinus ethmoïdaux qui sont présents à la naissance, les sinus se développent progressivement avec l'âge :
- les sinus maxillaires apparaissent à partir de trois à quatre ans.
- les sinus frontaux, entre cinq et dix ans.
- les sinus sphénoïdaux se forment plus tardivement, à partir de dix ans.
La sinusite est une inflammation des sinus de la face due à un virus ou à une bactérie. Elle se manifeste souvent par une congestion nasale et une sensation douloureuse à la palpation. L’infection atteint le plus souvent les deux sinus maxillaires faisant suite à une rhinopharyngite et beaucoup plus rarement les sinus frontaux, ethmoïdaux et sphénoïdaux.
La sinusite peut être aigue de courte durée (moins de 4 semaines), ou chronique (plus de 12 semaines) suite à une sinusite aigue non traitée, et elle est souvent liée à une allergie.
La cause infectieuse est la plus fréquente, l’agent en cause peut être un virus, un parasite ou une bactérie (Streptococcus pneumoniae, Haemophilus influenzae…), l’infection se produit :
- soit par voie nasale à la suite d'une rhinopharyngite.
- soit par voie dentaire à cause d'une carie ou d’un abcès dentaire.
D’autres facteurs peuvent aussi causer ou aggraver une sinusite :
- Facteurs inflammatoires : allergies et polypes.
- Facteurs environnementales : exposition au tabac, à l’humidité, à la pollution de l’air…
- Affaiblissement du système immunitaire : il peut être lié à des maladies chroniques comme la mucoviscidose.
- Facteurs anatomiques : déviation du septum ou hypertrophie des cornets du nez.
- Tumeurs dans le nez et dans les sinus : elles peuvent obstruer les voies d’évacuation vitales.
L'infection provoque une production de mucus, substance visqueuse et translucide sécrétée par les muqueuses qui recouvrent la paroi de certains organes (poumons, pharynx, sinus...). Le mucus hydrate et protège ces organes par la muqueuse des sinus. Si le mouchage ne parvient pas à évacuer le mucus contenant l’agent infectieux, le mucus s’épaissit et la muqueuse devient très inflammatoire ; ce qui bloque la communication entre les sinus et les fosses nasales. Le mucus ne peut plus s'écouler et la pression dans les sinus augmente. Les symptômes de sinusite apparaissent.
La sinusite maxillaire aiguë, forme la plus fréquente de sinusite aiguë, est le plus souvent virale. Les symptômes s'installent en moins de 3 jours à la suite d’une rhinopharyngite banale. La personne atteinte peut présenter :
- une congestion nasale avec un écoulement clair ou purulent des deux narines.
- une douleur et une sensation de pesanteur située sous les deux yeux, derrière les pommettes.
- parfois des maux de tête diffus, modérés.
- de la fièvre, une sensation de malaise, une toux et des éternuements.
Les douleurs ressenties au niveau des sinus correspondent à une congestion des orifices d’ouverture des sinus.
Une surinfection bactérienne est probable, si au moins deux ou trois des symptômes suivants sont présents, malgré le traitement symptomatique suivi pendant au moins 48 heures :
- les douleurs sous-orbitaires persistent et s’aggravent.
- elles sont présentes d'un seul côté et elles sont pulsatiles.
- elles augmentent lorsque la personne baisse la tête, en fin d'après-midi et la nuit.
- l’écoulement par le nez s'aggrave et devient purulent.
- l'écoulement nasal est unilatéral (il se fait par une seule narine).
- Les sinusites frontale, ethmoïdale et sphénoïdale sont d’origine bactérienne. Elles sont beaucoup plus rares et plus graves en raison du risque de complications cérébro-méningées et oculaires. Elles nécessitent un traitement rapidement mis en place.
- La sinusite frontale :
Elle s'observe à partir de 10 ans. Elle se caractérise par une douleur située au-dessus d'un seul œil, pulsatile (qui donne l’impression de battements), augmentée par la pression et accompagnée d’une fièvre souvent élevée (plus de 38,5 °C) et d’un écoulement nasal unilatéral.
- La sinusite sphénoïdale :
Elle se manifeste par des céphalées profondes derrière l’œil, irradiant vers le haut de la tête, intenses et souvent majorées la nuit. La température est habituellement supérieure à 38,5 °C. L’écoulement nasal se fait le plus souvent à l’arrière du nez.
- La sinusite ethmoïdale :
Cette sinusite est rare. La personne présente un gonflement (œdème) d’une seule paupière et des douleurs de l’œil correspondant. La température est élevée. L’écoulement nasal ne concerne que le côté atteint.
Le diagnostic repose principalement sur un bilan clinique, le médecin examine la cavité buccale et nasale du patient à l’aide d’un rhinoscope (appareil optique permettant d’écarter l’aile du nez et de diriger le faisceau lumineux dans la fosse nasale), cet examen peut montrer une muqueuse œdémateuse avec un écoulement purulent antérieur ou postérieur. Si nécessaire, un examen dentaire peut également être réalisé si on suspecte une origine dentaire.
Si suspicion de diagnostic ou en cas de complication, une radiographie ou un scanner peut être effectué.
Dans de très rares cas, l'infection des sinus peut se propager vers les yeux ou le cerveau, ce qui peut notamment causer les problèmes suivants :
- une méningite.
- un abcès au cerveau.
- une thrombophlébite des veines des yeux.
- une ostéomyélite des os frontaux (surtout chez les enfants).
- Une diffusion de l’infection aux autres sinus (pansinusite).
En outre, les sinusites non traitées ou chroniques risquent d’aggraver les troubles respiratoires chez les personnes souffrant d’asthme, en particulier chez les enfants.
Le traitement a pour but d’apaiser les symptômes, le médecin peut être amené à prescrire un traitement symptomatique. C’est le cas pour les sinusites aigues maxillaires qui sont généralement d’origine virale. Le traitement repose donc sur :
- Antalgique et antipyrétique ‘’paracétamol’’.
- Lavage régulier et abondant du nez pendant 7 jours avec une solution adaptée (eau de mer, sérum physiologique…).
- Corticoïde et vasoconstricteur en spray pour réduire l’inflammation des sinus pendant 5 à 7 jours.
- Antihistaminique en cas de sinusite d’origine allergique.
Une sinusite bactérienne, nécessitera quant à elle un traitement antibiotique, l’antibiotique de référence est l’amoxicilline. Toutefois, si aucune amélioration n’est constatée au bout de quelques jours, un traitement de l’amoxicilline associée à de l’acide clavulanique sera prescrit.
En cas d’allergie aux molécules de la famille de l’amoxicilline, l’utilisation de céphalosporine est recommandée. En cas de contre-indication aux antibiotiques cités précédemment, le médecin prescrira de la pristinamycine ou du télithromycine chez un adulte ou du cotrimoxazole chez un enfant.
Dans certains cas et surtout en cas d’échec du traitement médical, une ponction des sinus avec drainage peut être envisagée. Elle a pour but d'aspirer les sécrétions purulentes, de contrôler la cavité sinusienne par l'introduction d'une optique, de pratiquer un prélèvement pour rechercher un germe et choisir un antibiotique efficace.
- Si au bout d’un mois, la sinusite perdure, des explorations cliniques supplémentaires pourront être réalisées et notamment un traitement chirurgical est envisageable. La chirurgie fonctionnelle des sinus est endoscopique et qui se fait à l’aide d’un endoscope grossissant, c’est-à-dire, d’un tube fin avec un dispositif lumineux à l’extrémité. Il existe trois types d’opérations des sinus :
- L’éthmoïdectomie : qui dégage les sinus éthmoïdaux en retirant les os et les tissus infectés qui empêchent le drainage naturel.
- La méatomie moyenne ou maxillaire : qui dégage les sinus maxillaires. Il s’agit de la chirurgie la plus fréquemment utilisée.
- La septoplastie associée à une turbinoplastie : la septoplastie permet de traiter les déviations des cloisons nasales. En effet, lorsque le septum est dévié, une narine peut être plus grande que l’autre et les cornets de celle-ci sont donc également plus volumineux et obstrue le passage de l’air avec des répercussions sur les sinus. Le but de cette opération est d’un côté, de redresser le septum pour que l’air s’écoule normalement dans les deux narines, et de l’autre côté, la turbinoplastie permet de réduire suffisamment les cornets pour améliorer la respiration et le drainage des sinus, tout en préservant une quantité suffisante de tissus.
La prévention des sinusites d’origine infectieuse repose sur les mesures d’hygiène habituellement recommandées pour prévenir les rhumes et les rhinopharyngites : lavage régulier des mains, maintien d’une atmosphère suffisamment humide dans la maison, etc. Une bonne hygiène dentaire et des visites régulières chez le dentiste peuvent contribuer à prévenir les sinusites maxillaires.
La prévention des sinusites d’origine allergique consiste à éviter l’exposition aux substances responsables de l’allergie, et à prendre des médicaments antiallergiques. L’arrêt du tabac peut également contribuer à réduire le risque de développer une sinusite.
En cas de sinusite, vous pouvez appliquer des remèdes naturels pour soulager les symptômes avant de consulter un médecin :
- Inhalez des vapeurs pour dégager les sinus.
- Humidifiez des tissus ou des serviettes à l’eau chaude et posez-les sur les sinus touchés.
- Buvez des boissons chaudes pour soulager les sinus infectés.
- Effectuez des lavages de nez avec des pulvérisateurs à l’eau de mer pour irriguer le nez ou avec une solution saline.
Certaines plantes sont parfois recommandées contre la sinusite. Prudence malgré tout, il vaut mieux prendre l'avis de son médecin ou de son pharmacien avant de prendre un traitement phytothérapique, particulièrement pendant la grossesse et chez l'enfant.
- Eucalyptus (Eucalyptus globulus) :
L’eucalyptus a la propriété de diminuer la viscosité des sécrétions nasales et de tuer les bactéries, en particulier celles de type streptocoque. Les feuilles d’eucalyptus peuvent être consommées sous forme d’infusion : infuser de 2 à 3 g de feuilles séchées dans 150 ml d'eau bouillante durant 10 minutes, et boire 2 tasses par jour.
Pour préparer une inhalation de vapeurs d’huile essentielle d’eucalyptus, mettre dans un bol d’eau très chaude 1 cuillère à thé de feuilles séchées d’eucalyptus. Ajouter au mélange 1 cuillère à thé de crème ou de baume à l’eucalyptus, ou encore 15 gouttes d’huile essentielle d’eucalyptus. Inhaler les vapeurs alternativement par le nez et la bouche après avoir recouvert d’un tissu la tête et le bol.
- Menthe poivrée (Mentha pepirata) :
Cette plante agit sur les symptômes du rhume et réduit l’inflammation des muqueuses du nez. Verser 3 ou 4 gouttes d’huile essentielle de menthe poivrée dans de l'eau très chaude et inhaler les effluves. Répéter de 2 à 3 fois par jour.
- Andrographis (Andrographis paniculata) :
L'Andrographis Paniculata est utilisée pour prévenir les infections respiratoires par des effets anti-inflammatoires et immunostimulants. Prendre 400 mg d'extrait normalisé (renfermant de 4 à 6 % d'andrographolide) 3 fois par jour.



