Sommaire
° Tendons
° Causes
Les tendons sont les petites structures fibreuses qui rattachent les muscles aux os. Ils sont essentiels au mouvement, puisqu’ils permettent de transmettre la force générée par la contraction musculaire au squelette.
Le tendon est entouré d’une membrane (épitenon), et se trouve dans une gaine (paratenon) avec du liquide lubrifiant (synovie) ce qui permet de favoriser le glissement du tendon dans la gaine lors d’un mouvement. La membrane est équipée de récepteurs qui communiquent avec le cerveau et contribue à la perception de notre corps dans l’espace, et au maintien d’une posture et de l’équilibre.
Un tendon est constitué de plusieurs faisceaux, alignés dans le sens de la longueur du tendon. Les faisceaux sont eux même composés du regroupement de plusieurs fibres constituées de microfibrilles. Les tendons contiennent près de 70% d’eau qui est primordiale pour leur bon fonctionnement. Comme les os, les tendons sont en perpétuel remaniement : de nouvelles fibres prennent la place des anciennes. Du fait de sa structure, un tendon est très élastique, mais aussi résistant à la tension. À noter qu’une activité sportive adaptée permet d’améliorer cette résistance et cette élasticité. A l’inverse, un effort répété et inhabituel sur un tendon mal échauffé peut le fragiliser. La sédentarité et l’âge ont également tendance à fragiliser les tendons.
La tendinite, ou tendinopathie est un trouble musculo-squelettique qui correspond à l’apparition de lésions inflammatoires au niveau d’un tendon, cette pathologie est fréquente dans le milieu sportif.
On parle de ténosynovite lorsque la gaine du tendon est touchée.
De nombreuses parties du corps peuvent être touchées : épaule, coude, genou, poignet, hanche…
Les tendinites sont dues à la fatigue des tendons, à cause de la répétition des contraintes exercées dessus et un repos insuffisant entre les sollicitations.
En effet, les fibres endommagées gonflent, le tendon s’épaissit et le liquide synovial est modifié. Comme le tendon est plus épais, il coulisse moins aisément dans sa gaine ce qui génère des frottements, et donc des douleurs et des contractures musculaires.
Les causes d'une tendinite sont multiples :
Causes mécaniques :
- Conséquence d’une activité sportive, en particulier le tennis, le golf, la natation ou les sports où l’on saute (basketball, volleyball), surtout si on ne récupère pas assez suffisamment.
- Certaines professions qui exigent de faire des gestes répétitifs (agent de nettoyage, musiciens, ouvriers de construction…), de subir des vibrations (marteau-piqueur…), de forcer ou de rester longtemps dans la même position.
- Efforts physique violents à froid ou efforts trop longs et trop intenses sans préparation.
Causes inflammatoires :
- la tendinite accompagne souvent les maladies inflammatoires rhumatismales, comme dans la polyarthrite rhumatoïde, avec une atteinte sur les tendons fléchisseurs des doigts.
- les spondylarthropaties, souvent au stade de ténosynovite avec atteinte de la gaine du tendon.
Causes infectieuses :
- la tuberculose s’accompagne souvent de ténosynovites.
- certaines maladies sexuellement transmissibles MST peuvent s'accompagner de tendinites (gonococcies).
- possibles tendinites dans des affections dentaires comme une carie.
Causes microcristallines :
Elles sont dues à la présence de calcifications tendineuses.
Causes alimentaires :
Certains aliments contiennent de l'histamine (ou une substance voisine, la tyramine), qui favorise les tendinites. Elles se retrouvent dans les aliments suivants : tomate, avocat, épinards, figues, pommes de terre, choux et chou-fleur, concombre, raisin, choucroute, saucisses et saucisson, anchois, hareng fumé, sardine et thon, conserve stérilisées, gruyère et fromages fermentés, levure et vin.
- D’autres facteurs favorisent les tendinopathies :
- Certains traitements comme les fluoroquinolones (antibiotiques) et les stéroïdes anabolisants.
- Certaines pathologies peuvent impliquer une plus grande fragilité des tendons, par exemple le diabète, l’hypercholestérolémie et la maladie de Lyme, etc.
- Faire du sport sans étirement.
- Des microtraumatismes répétés.
- Une mauvaise hydratation.
- Une alimentation déséquilibrée.
- L’âge > 40 ans et le sexe féminin.
- L’obésité et le tabac.
Les douleurs sont le principal symptôme d’une tendinite. Elles sont localisées au niveau du tendon, et surviennent lors d’un étirement, d’une contraction musculaire ou simplement à la palpation du médecin. D’autres signes sont souvent présents : un gonflement (œdème) de la zone concernée, une rougeur et une chaleur de la peau au niveau du tendon, des crépitations, des crissements ou des frottements perçus lors du mouvement ou lors de la palpation. Parfois, un aspect épaissi du tendon ou la présence de nodules sur ce tendon que l’on peut sentir au toucher.
Il existe divers stades de sévérité d’une tendinopathie :
- stade 1 : qui se traduit par une douleur après l’effort qui s’estompe au repos.
- stade 2 : avec une douleur pendant l’effort.
- stade 3 : lorsque la douleur est continue et gêne le patient dans ses activités quotidiennes et sportives.
- stade 4 : douleurs permanentes de repos (rupture du tendon).
Beaucoup de parties du corps peuvent être affectées :
- Le coude :
- L’épicondylite ou le tennis elbow. La douleur est localisée sur le côté extérieur du coude. Ce type de tendinite est surtout visible dans les sports de raquette.
- L’épitrochléite lorsque la douleur est sur la face interne du coude, notamment chez les joueurs de jeux vidéo ou les golfeurs.
- L’épaule :
- La tendinite de la coiffe des rotateurs où la douleur est ressentie sur le côté de l’épaule et irradie dans le bras et le cou. Ce type de tendinopathie se voit fréquemment chez les nageurs ou les joueurs de tennis.
- La tendinite du long biceps lorsque la douleur se localise plus en avant que celle de la coiffe des rotateurs. Elle est provoquée par des mouvements de flexion contre résistance du coude.
- Le genou :
- La tendinite de la patte d’oie lorsque la douleur est localisée au niveau de la face interne du genou. Par exemple, chez les cyclistes mal équipés.
- La tendinite du tendon rotulien en cas de douleur au point d’insertion du tendon rotulien, c’est-à-dire sous la rotule en avant du tibia. Ce type de lésions peut être observé chez les coureurs ou les volleyeurs.
- La tendinite du quadriceps si la douleur en localisée au-dessus de la rotule et engendrée par la flexion forcée ou répétée du genou.
- La tendinite du fascia lata en cas de douleur sur le côté du genou.
- La main et le poignet :
- La tendinite de De Quervain qui décrit une douleur sur le côté du poignet et à la base du pouce engendrée par des mouvements d’inclinaison.
- La Ténosynovite de De Quervain qui se traduit par une douleur du pouce et du poignet à cause gestes répétitifs. Ce type de lésion est essentiellement visible chez les musiciens, les peintres, les caissières, etc.
- La tendinite des extenseurs communs des doigts quand la douleur est localisée au-dessus de la main et provoquée par l’extension des doigts.
- Le pied et la cheville :
- La tendinite des péroniers latéraux en cas de douleur sous la face externe de la malléole.
- La tendinite du jambier extérieur lorsque la face interne de la cheville est douloureuse.
- La tendinite du tendon d’Achille qui se traduit par une douleur de la partie postérieure du pied (au-dessus du talon). Elle peut engendrer la rupture du tendon.
- La hanche, notamment chez les marcheurs ou coureurs.
- Le pubis, essentiellement chez les footballeurs.
Le diagnostic est avant tout clinique, avec un examen précis du patient : symptômes caractéristiques du patient et leur circonstance de survenue. De là, le médecin pourra faire appel à ces compléments radiologiques dans le doute d’une atteinte plus grave. Les examens ne sont pas systématiques dans le diagnostic d’une tendinite. Toutefois, il est possible d'en effectuer certains :
- la radiographie, qui permet de retrouver d’éventuelles calcifications sur le trajet tendineux, orientant vers une tendinite microcristalline.
- l’échographie, qui peut être utilisée en cas de doute sur une rupture ou pour visionner un épaississement de la gaine des tendons.
- le scanner et l’IRM, qui permettent des études très spécialisées du tendon avec des images très précises sur les anomalies pouvant être retrouvées.
Les complications de la tendinite sont :
- Le durcissement ‘’calcification’’ du tendon.
- La formation de cicatrices sur le tendon touché avec limitation de la mobilité.
- L’incapacité à bouger les membres touchés normalement.
- La rupture du tendon.
La guérison complète d'une tendinopathie peut demander jusqu’à six mois de repos et de traitement. Si elle est due à des mouvements répétés, une tendinopathie nécessite l’arrêt complet de ce mouvement pendant toute la période de cicatrisation.
Le traitement des tendinites fait appel à 4 éléments :
- le repos.
- la kinésithérapie et la rééducation fonctionnelle.
- des médicaments contre la douleur ou, parfois, contre l’inflammation.
- dans les cas les plus graves, un recours à la chirurgie.
Le repos de longue durée, jusqu’à 6 mois, et la rééducation fonctionnelle semblent les plus efficaces pour qu’un tendon douloureux retrouve ses capacités fonctionnelles.
Le repos est nécessaire à une bonne cicatrisation du tendon, c’est-à-dire une cicatrisation qui permet de retrouver ses capacités de résistance et d’élasticité.
Après une courte période de repos total (avec la pose éventuelle d’une attelle, d’une orthèse ou d’un plâtre qui maintiennent le tendon en position de détente), ce repos doit être relatif, avec un travail d’intensité progressivement croissante sous le contrôle d’un kinésithérapeute dans le cadre de la rééducation fonctionnelle.
Par exemple, le repos peut se limiter au port d’une orthèse la nuit et à l’exclusion des gestes responsables de la fatigue du tendon.
La cryothérapie est l’application de froid sur un tendon ou un muscle douloureux, afin de réduire la douleur, elle est pratiquée pendant la phase aiguë de la tendinopathie. Cette application de froid peut être effectuée grâce à des poches de glace ou des sprays.
Une rééducation fonctionnelle, assurée par un kinésithérapeute, peut être mise en place dès que les douleurs aiguës sont passées. Elle dure de 3 à 6 mois. Cette rééducation utilise diverses techniques :
- étirements doux.
- exercices de renforcement excentrique.
- massages profonds transversaux au sens du tendon.
- ondes de choc radiales.
- ultrasons.
La rééducation vise à stimuler la formation de nouvelles fibres de collagène alignées dans le sens de la longueur du tendon. Les tensions exercées sur le tendon sont progressivement augmentées pour favoriser la cicatrisation fonctionnelle.
Le recours à l’ostéopathie est possible, en particulier pour corriger les problèmes de posture.
Dans certains cas, le médecin prescrit des médicaments pour lutter contre la douleur, stimuler la cicatrisation ou, le cas échéant, lutter contre l'inflammation.
Les médicaments contre la douleur classiques, par exemple le paracétamol, peuvent être prescrits dans la phase aiguë pour améliorer la qualité de vie. Cependant, ils n’ont aucun rôle positif dans la cicatrisation du tendon et peuvent même faussement rassurer la personne sur l’amélioration de l’état de son tendon (et nuire à la phase de repos indispensable). Leur usage doit donc être de courte durée.
Les anti-inflammatoires sont réservés au cas où la douleur est provoquée par une inflammation de la gaine qui protège les tendons (ténosynovite). Dans les autres cas, les plus fréquents, leur usage n’apporte aucun bénéfice.
L'application d'une crème ou d'un gel à base d'anti-inflammatoire non stéroïdien (AINS) peut être proposée. Elle peut soulager la douleur sans présenter les effets indésirables des AINS par voie orale. Les gels contenant du kétoprofène peuvent être à l'origine de réactions de photosensibilité. Les zones traitées avec le gel doivent être recouvertes par un vêtement pour ne pas être exposées au soleil, même voilé, pendant toute la durée du traitement et pendant les 15 jours qui suivent son arrêt.
Lorsque le repos du tendon ne suffit pas, le médecin peut également décider de prescrire une infiltration, c’est-à-dire une injection à proximité, voire dans le tendon douloureux.
Depuis, quelques années, en cas de tendinopathie résistante au repos et à la rééducation, les rhumatologues pratiquent des infiltrations de PRP (platelet rich-plasma), du plasma sanguin enrichi en plaquettes sanguines obtenu après centrifugation d'un prélèvement sanguin du patient. Ces injections (2 à 3 injections à 3 à 6 semaines d’intervalle) se font directement dans le tendon et doivent être pratiquées sous contrôle médical. Leur principe est d’apporter des facteurs de croissance (contenus dans les plaquettes) directement dans le tendon. Néanmoins, des doutes subsistent encore quant à l’efficacité de ces infiltrations.
Dans les cas de ténosynovite, des infiltrations d’AINS sont parfois pratiquées sur de courtes durées. Leur efficacité reste controversée.
Les infiltrations de cortisone ne sont pas toujours recommandées. Elles ont un effet antalgique immédiat mais ces effets sont de courte durée et les corticoïdes semblent retarder le processus de guérison.
Dans le cas de tendinopathie persistante non soulagée par le repos, le traitement médicamenteux et la kinésithérapie, une opération chirurgicale peut être envisagée. L’intervention comprend des gestes différents selon la localisation : peignage du tendon, section d'un tendon, désinsertion musculaire, allongement tendineux, etc.
Des complications, peu fréquentes, sont possibles : infection, atteinte nerveuse, raideur articulaire, faiblesse musculaire, etc. La rééducation est indispensable pour une bonne récupération.
Pour prévenir une tendinite, il est recommandé de :
- bien s'hydrater, notamment pendant un effort.
- réaliser un échauffement progressif avant toute activité physique, ainsi que des étirements après l’effort.
- éviter ou limiter, dans la mesure du possible, les mouvements répétitifs.
- avoir un matériel adapté à l’utilisateur et à la pratique du sport ou de toute activité.
- effectuer des mouvements corrects lors d’une activité professionnelle ou de loisir.
- prévoir des pauses lors d’activités répétitives.
- réduire la consommation des aliments riches en histamine et en tyramine.
- aménager de façon adaptée son poste de travail (le médecin du travail peut vous y aider).


