Alcool, quels effets sur la santé

Alcool, quels effets sur la santé ?

Le 19/03/2022

La consommation d’alcool représente un enjeu de santé publique majeur dans les pays développés. Au niveau mondial, l’alcool est considéré comme le troisième facteur de risque de morbidité, après l’hypertension artérielle et le tabac. La consommation d’alcool provoque des dommages importants sur la santé. Elle peut agir sur le capital santé des buveurs tout au long de la vie, depuis le stade embryonnaire jusqu’au grand âge.

 

Types de consommation

Lorsqu'une personne boit avec modération et de façon adaptée à la situation, sa consommation est dite peu problématique et elle n'entraîne pas de dommages pour soi et pour autrui. L'âge, le sexe, la quantité d'alcool consommée et le contexte de consommation jouent bien sûr un rôle important. 

La consommation d'alcool est dite problématique lorsque l’alcool met en danger le consommateur et ses proches, ce mode se divise en trois formes :

-Consommation chronique à risque :

Il s'agit d'une consommation régulière dangereuse pour la santé. On la définit par des seuils journaliers d'un verre standard (10 à 12 g d'alcool pur par verre) pour les femmes et deux pour les hommes. Des quantités inférieures peuvent toutefois déjà impliquer des risques pour la santé.

-Consommation épisodique à risque "binge drinking" :

Il s'agit d'ivresses ponctuelles (comme par exemple chaque week-end), qui sont liées à diverses conséquences . Le seuil est défini comme quatre verres standards pour une femme et cinq pour un homme lors d'une même occasion. 

Cette forme de consommation est la plus répandue chez les jeunes.

-Consommation d'alcool inadaptée à la situation :

Il s'agit de consommations d'alcool qui entraînent des risques liés à une situation donnée (au travail, sur la route, pendant la grossesse, lors de la prise simultanée de médicaments, etc.). De petites quantités d'alcool sont parfois suffisantes.

 

 

Dépendance

L'alcoolodépendance est une maladie qui se caractérise par une consommation excessive et répétée sans que l'on parvienne à l'arrêter ou à la contrôler. Selon l'Organisation mondiale de la santé (OMS), un diagnostic d'alcoolodépendance peut être posé si trois des critères ci-dessous ou plus ont été remplis au cours de l'année écoulée :

  • puissant désir de consommer de l'alcool.
  • difficulté à contrôler la consommation.
  • poursuite de la consommation malgré des conséquences nocives.
  • désinvestissement progressif des autres activités et obligations au profit de la consommation d'alcool.
  • tolérance accrue.
  • syndrome de sevrage physique.

 

Conséquences psychiques et physiques

L'effet toxique de l'alcool peut nuire à presque tous les organes du corps humain et sa consommation peut conduire à l'apparition de maladies et troubles comme :

  • des cancers (bouche, gorge, œsophage, larynx, pancréas, foie et sein).
  • des maladies du système digestif (pancréatite, gastrite, stéatose, hépatite alcoolique et cirrhose du foie).
  • des maladies cardiaques et circulatoires (accident vasculaire cérébral, hypertension, infarctus).
  • un affaiblissement du système immunitaire.
  • des blessures et des accidents.
  • des maladies du système nerveux (polyneuropathie alcoolique, démence alcoolique et atrophie du cerveau, encéphalopathie de Wernicke, syndrome de Korsakow, myopathie alcoolique).
  • des problèmes de santé psychique (alcoolodépendance, délire alcoolique (delirium tremens), hallucinations alcooliques).

La consommation d'alcool peut aussi être liée à une série de problèmes sociaux dans l'entourage des personnes dépendantes, ainsi qu'à des actes de violence sur autrui et sur soi-même. Il y a une relation dose-effet : plus on consomme, plus les risques et dommages sont élevés. Les modes de consommation peuvent aussi être importants.

La consommation chronique à risque peut contribuer à toutes les maladies citées précédemment, alors que l'ivresse ponctuelle implique surtout un risque accru de blessures et, en cas de répétition, d'effets sur le cœur. Des études ont aussi fait ressortir que des jours sans consommation d'alcool diminuent certains risques, notamment pour les maladies hépatiques. Les liens entre consommation d'alcool et maladies, notamment le cancer, sont souvent mal connus dans la population.

 

Décès liés à l'alcool

La plupart des décès annuels liés à l'alcool dans le monde sont le fait de cancers, d'accidents, de blessures et de maladies du système digestif. Les causes de décès les plus fréquentes varient selon les tranches d'âge :

  • Adolescent(e)s et jeunes adultes : accidents et blessures.
  • Adultes : maladies du système digestif (en particulier cirrhose du foie).
  • Personnes âgées : tous les types de cancers.

 

Alcool et grossesse

La consommation d'alcool de la mère peut causer de nombreux dommages à l'enfant, avant même sa naissance, et peut engendrer des conséquences sur le long terme (faible poids à la naissance, retard de croissance, malformations des organes internes, retard dans le développement mental, difficultés d'apprentissage, troubles du développement neurologique, troubles du comportement).

Les connaissances scientifiques dont on dispose actuellement ne permettent pas de définir une valeur limite claire à partir de laquelle la consommation d'alcool durant la grossesse constitue un danger pour l'enfant. Compte tenu de cette incertitude et du risque de séquelles graves pour l'enfant, il est recommandé aux femmes enceintes de renoncer à la consommation d'alcool. Si une femme enceinte décide néanmoins de boire de l'alcool, elle devrait suivre les conseils suivants :

  • ne pas consommer d'alcool tous les jours et, si possible, pas plus d'une fois par semaine.
  • ne pas consommer plus d'un verre standard par jour.
  • éviter à tout prix les ivresses ponctuelles.

 

 

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