Antalgiques : définition, indications, effets secondaires

Antalgiques

Le 28/03/2022

 

Sommaire

° Définition

° Modes d'administration

° Classification et indications

° Effets secondaires

° Co-antalgiques

° Auto-médication

° Précautions à prendre

 

 

 

Définition

Un antidouleur, antalgique, analgésique, est un médicament utilisé dans le traitement de la douleur. 

Les antalgiques agissent au niveau du système nerveux central ou périphérique selon le type d'antalgique pour interrompre le circuit de la douleur.

On différencie les antalgiques, qui ont pour rôle de diminuer la douleur, et les analgésiques, qui suppriment la sensibilité à la douleur. Ainsi, le terme antalgique serait à réserver au paracétamol et à l’aspirine, alors que le terme analgésique évoque plutôt les morphiniques. En pratique, les deux termes sont employés comme synonymes.

 

Modes d'administration

Les médicaments antalgiques peuvent être administrés par voie orale, rectale, locale, sous-cutanée, intramusculaire, ou intraveineuse selon le type et l'intensité des douleurs.

 

 

Classification et indications

Selon l'OMS, l'utilisation des antalgiques s'effectue selon 3 paliers de prescription en fonction de l'intensité de la douleur :

- Palier 1 : concerne le paracétamol, le néfopam, la noramidopyrine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens tels que l’ibuprofène, l'aspirine,.. etc. Ils agissent principalement au niveau périphérique. Ils sont indiqués pour les douleurs légères à modérées. Sans pathologie chronique, ils peuvent être pris de manière ponctuelle par l'adulte et l'enfant pour stopper des douleurs très brèves dont la cause est clairement identifiée : brûlure légère, petite blessure, coup de soleil léger, mal de tête ou mal de dos habituels, etc. L'automédication par de ce type d'antalgique doit privilégier la prise de paracétamol, qui peut être consommé même pendant la grossesse ou l'allaitement.

Les anti-inflammatoires agissent principalement par inhibition de la cyclo-oxygénase, une enzyme responsable d’une cascade de réactions à l’origine, entre autres, de la douleur. Les effets secondaires les plus fréquents sont surtout gastriques, mais d’autres troubles très graves peuvent survenir en cas de surdosage. 

 

- Palier 2 : concerne tous les antalgiques opiacés et opioïdes faibles comme la codéine et le tramadol. Ils agissent pour la plupart au niveau central (récepteurs spécifiques responsables de l’abolition de la douleur au niveau du cerveau et de la moelle épinière). Ils peuvent traiter des douleurs modérées à intenses et ils sont formellement interdits chez l'enfantLa codéine et le tramadol sont souvent associés à des antalgiques de palier 1, car leurs modes d’action sont différents et complémentaires. On dit que leur action est synergique

 

- Palier 3 : concerne les opiacés et opioïdes forts : essentiellement la morphine et ses dérivés comme le fentanyl, le sufentanil et l'hydromorphone. Ces médicaments ont le même mode d’action que ceux du palier 2 mais sont plus puissants. Ils sont utilisés en cas de douleurs intenses ou rebelles aux antalgiques de niveau 2 (brûlures 3ème degré, atteintes nerveuses graves, cancer stade terminal..). 

 

Paliers douleur antalgiques

 

 

Effets secondaires

S'il est possible de prendre un antalgique de niveau 1 sans avis médical, des effets secondaires peuvent toutefois survenir. Les plus fréquents sont d'ordre gastrique (hémorragies digestives, gastrite, ulcères gastriques, perforation de la paroi gastrique) en cas de prise prolongée d'aspirine. D'autres troubles peuvent survenir en cas de surdosage comme des atteintes hépatiques (hépatite aigue) en cas de surdosage en paracétamol (> 4 g par jour).

Pour les antalgiques du palier 2 et 3, les principaux effets secondaires sont la constipation, la somnolence, les nausées et vomissements et la dépendance physique et psychique.

 

Co-antalgiques

À côté des traitements antalgiques classiques, il existe d’autres médicaments qui favorisent l’action des antalgiques ou qui agissent sur la cause de la douleur, on les appelle les co-antalgiques. Les molécules présentes dans ce groupe n'ont pas été développées pour leur action analgésique mais c'est à l'usage que l'on a pu se rendre compte de cet effet. On trouve dans ce groupe :

  • les antidépresseurs, dont l'effet analgésique survient avant l'effet antidépresseur.
  • les neuroleptiques, qui ont également un effet anxiolytique.
  • les benzodiazépines, qui ont également des effets anxiolytiques, myorelaxants, amnésiants, sédatifs et hypnotiques.
  • les antiépileptiques, qui ont un intérêt dans les douleurs d'origine neurologique.
  • les corticostéroïdes, dont l'effet analgésique passe par une action anti-inflammatoire.
  • la calcitonine, utilisée dans certaines douleurs osseuses.
  • les antispasmodiques, utilisés dans les douleurs viscérales des voies digestives et uro-génitales comme la trimébutine, le phloroglucinol ou la mébévérine.

 

Auto-médication

L'automédication peut provoquer des effets secondaires indésirables. Lorsque la douleur est violente, inattendue et survient de façon brutale, mieux vaut en premier lieu consulter son médecin traitant qui évaluera la douleur pour prescrire l'antalgique qui convient et traitera la cause de la douleur. De même lorsqu'il s'agit d'une douleur récidivante sans cause apparente ou lorsque la douleur s'accompagne d'autres signes comme un malaise général, une fièvre élevée, un œdème de la zone douloureuse, une diminution de la force dans un membre, etc. 

 

Précautions à prendre

Que ce soit en automédication ou dans le cadre d'un traitement prescrit par un médecin, il est recommandé de lire la notice du médicament pour demander conseil à votre médecin traitant ou votre pharmacien en cas de doute :

  • respecter les doses et les moments de prises.
  • respecter la durée du traitement sans l'interrompre.
  • n'augmenter jamais les doses au-delà de la prescription ou au-delà des indications notifiées dans la notice.
  • ne changer pas d'antalgique : signaler tout autre traitement en cours à votre médecin traitant ou à votre pharmacien.
  • n'utiliser pas en automédication ou pour quelqu'un d'autre, un antalgique qui vous a été prescrit par le médecin pour une situation précise.

 

 

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