Sommaire
° Histoire
° Phimosis
° Risques
Le terme "circoncision" vient du latin "circum" autour et "caedere" couper, qui signifie « fait de couper autour ». La circoncision est une intervention chirurgicale qui consiste à enlever partiellement ou totalement le prépuce, surface de peau qui recouvre la tête (ou gland) du pénis, elle est le plus souvent effectuée dans les quelques jours suivant la naissance. La durée de l'opération est de 15 à 30 minutes, et elle est pratiquée sous anesthésie locale ou générale.
La circoncision peut être pratiquée chez les enfants et les adultes pour des raisons religieuses, culturelles ou médicales.
La circoncision est une pratique dont l’origine reste mal connue. Mais, il semble que la circoncision masculine était pratiquée parmi les anciennes populations sémitiques, notamment chez les égyptiens et les personnes de confession juive, les plus anciennes peintures mentionnant la circoncision dans un temple et sur des peintures murales égyptiennes remontant à environ 2300 av. J.-C. Elle était aussi pratiquée par les chrétiens et les musulmans ainsi que par certaines civilisations animistes d’Afrique et d’Australie.
Avec les progrès de la chirurgie au XIXe siècle et la mobilité croissante du XXe siècle, l'intervention a été introduite dans certaines cultures qui ne la pratiquaient pas auparavant, pour des raisons à la fois sanitaires (hygiéniques) et sociales. Selon les estimations actuelles, 30% de tous les hommes à travers le monde, à savoir environ 670 millions d'hommes, sont circoncis. Sur ce nombre, environ 68% sont de confession musulmane, 13% sont des Américains non musulmans et non juifs et moins de 1% de confession juive.
Sauf nécessité médicale, pour pratiquer la circoncision, il vaut mieux attendre que l'enfant ait atteint l'âge de 1 an, moment où il sera plus mature sur le plan physiologique. Définir un âge pour la circoncision est essentiellement lié à des croyances religieuses :
- Dans la religion juive, les bébés de sexe masculin sont traditionnellement circoncis le 8ème jour après la naissance. La circoncision est justifiée, dans le livre saint juif la "Torah", par l'alliance conclue entre Abraham et Dieu, dont le signe extérieur est la circoncision de tous les juifs de sexe masculin.
- Les populations musulmanes pratiquent la circoncision pour confirmer leur rapport à Dieu, et la pratique est également connue sous le nom de "Al khitân" ou "Tahara", qui signifie purification. L’âge de la circoncision n’est pas clairement défini dans l’Islam, mais le prophète Mahomet a recommandé qu’elle soit pratiquée à un âge précoce et il aurait circoncis ses propres fils 7 jours après leur naissance. De nombreux musulmans la pratiquent donc à ce moment-là, mais un musulman peut être circoncis à n’importe quel âge entre la naissance et la puberté.
Plus récemment, la pratique de la circoncision dans le monde industrialisé s’est accrue parce qu’on a pensé qu’elle apportait une meilleure hygiène et réduisait les risques d’infection.
Les garçons circoncis risqueraient moins de contracter une infection urinaire qui est fréquente chez les nourrissons. Il semblerait aussi que la circoncision puisse diminuer les risques de transmission des infections sexuellement transmissibles (VIH, VPH...). Mais, il est évident qu'elle ne substitue pas l'efficacité du port du préservatif. Les hommes circoncis risqueraient moins de contracter un cancer du pénis plus tard au cours de leur vie, même s'il est rare. Selon plusieurs études, il a été démontré que la circoncision pouvait augmenter le plaisir sexuel et la satisfaction du partenaire. Les principales indications médicales de la circoncision sont le phimosis et le paraphimosis :
On parle de phimosis quand l'extrémité du prépuce, qui couvre le bout du pénis, est si serré qu'elle empêche tout décalottage. Chez les bébés, cette particularité physiologique n'entraîne que rarement des complications. Voilà pourquoi il n'est plus conseillé de chercher systématiquement à décalotter les petits garçons. Le phimosis disparaît le plus souvent de lui-même : la croissance du gland et les petites érections contribuent au fil de quelques mois à détendre et élargir progressivement le capuchon de peau.
Seul souci possible : le phimosis favorise parfois l’apparition d’infections urinaires ou encore d’infections au niveau du gland. Ces balano-posthites provoquent des rougeurs, un écoulement purulent, une gêne, des démangeaisons au niveau du gland. Pour les traiter, il suffit de bien nettoyer l’extrémité de la verge avec des compresses imprégnées d’antiseptique. Aucune inquiétude à avoir s’il s’agit d’un épisode isolé.
Seules des infections fréquentes chez les plus jeunes ou un phimosis qui persiste après l’âge de 4 à 5 ans peuvent amener le médecin à intervenir. Si le phimosis est modéré, l'application de pommade à base de corticoïdes peut suffire. Sinon une petite opération sera envisagée pour libérer le gland du prépuce. Le chirurgien a alors deux options. Il peut se contenter de faire une petite incision pour élargir l’orifice prépucial (plastie). Ou pratiquer une circoncision (posthectomie), c’est-à-dire enlever la peau qui recouvre le gland. Beaucoup de parents redoutent la posthectomie, mais elle donne de meilleurs résultats : le phimosis peut se reformer en cas de simple plastie.
Le paraphimosis survient lorsque le prépuce est rétracté vers l'arrière et qu'il se coince, de telle sorte qu'il ne peut pas être ramené vers l'avant pour recouvrir le bout du pénis. Il étrangle donc le gland qui gonfle, devient violacé, douloureux et peut, si rien n'est fait, se nécroser. Le paraphimosis est une urgence médicale nécessitant une consultation sans tarder. En cas d'échec de recalottage par une équipe médicale, le chirurgien peut être amené à circoncire le prépuce pour libérer le gland. Le paraphimosis est moins fréquent que le phimosis.
La circoncision est contre-indiquée chez les nourrissons prématurés et ceux qui ne sont pas en bonne santé physique (faible poids de naissance, déshydrataton, infection en cours...). Il est contre-indiqué de circoncire un nouveau-né qui présente certaines anomalies génitales de structure : déplacement de l'ouverture de l'urètre (comme dans l'hypospadias et l'épispadias), pénis enfoui, organes génitaux ambigus, etc. En cas de troubles de coagulation comme l’hémophilie ou la thrombocytopénie, le médecin doit vérifier tous les bilans d'hémostase avant de procéder à l'intervention afin d'éviter le risque d'un saignement grave non contrôlable.
Il existe deux méthodes, la plastie du prépuce et la posthectomie :
1- Plastie du prépuce :
Cette opération d’élargissement du prépuce permet de le conserver tout en devenant rétractable, il s’agit d’une petite incision sur l’extrémité du prépuce, à l’endroit le plus serré. La plastie est pratiquée en cas de phimosis sévère ou de balanites (infection du gland) à répétition.
2 - Posthectomie :
La posthectomie consiste en une ablation complète du prépuce jusqu’au sillon de la base du gland. L’opération est généralement réalisée en ambulatoire. Chez l’enfant, elle est pratiquée sous anesthésie locale ou générale. Chez l’adulte, une anesthésie locale est effectuée. La posthectomie se déroule en 4 étapes :
- Traction : le chirurgien commence par décalotter le prépuce et couper le frein du pénis (peau qui retient le prépuce sur la face inférieure du gland).
- Section cutanée et muqueuse : il coupe la peau autour du gland, en tirant le prépuce à l’aide de deux pinces.
- Recoupe de la muqueuse : le chirurigien pratique un remodelage sur le prépuce, il va ensuite soigneusement coaguler tous les vaisseaux sanguins qui saignent.
- Suture cutanéo-muqueuse : le bout restant du prépuce est ensuite replié et cousu autour du gland avec du fil résorbable. Un pansement est mis en place pour diminuer les saignements, il tombe généralement dans 24 heures.
- Le chirurgien prescrit souvent des antalgiques (paracétamol, crème anesthésiante..) et des anti-inflammatoires pour réduire l'inflammation et la douleur.
Après la circoncision, il est important de nettoyer la zone circoncise à l’eau savonneuse. Si elle est réalisée sur un bébé, il faut continuer à changer les couches normalement. L'application d'une compresse enduite de vaseline ou autre pommade grasse, chaque fois que la zone circoncise est nettoyée, empêche que le gland n’adhère à la couche pendant la guérison. Dans les jours qui suivent l’intervention, 3 paramètres doivent être surveillés :
- l'état de la plaie : la rougeur et l’enflure qui entourent la région circoncise devraient commencer à diminuer dans les 48 heures, et le saignement devrait diminuer chaque jour. Il faut également surveiller la couleur du gland (un gland très sombre peut être un signe de nécrose).
- la température : une fièvre légère de 38°C est normale dans les 72 heures. Par ailleurs, une fièvre importante qui dure peut être le signe d'une infection.
- le jet urinaire : l'enfant devrait uriner dans les 12 heures qui suivent l’intervention, il devrait continer à uriner normalement tous les jours avec un bon jet urinaire.
- Si l'un des 3 paramètres est perturbé, il faut revoir immédiatement le médecin pour évaluer l'état de l'enfant.
La cicatrisation totale nécessite 2 à 4 semaines avec des soins locaux pendant quelques jours. Les fils de suture tombent spontanément dans un délai de 2 à 3 semaines. Pour un adulte, la reprise des rapports sexuels peut se faire 15 à 21 jours après l'opération si la cicatrisation est complète.
Dans la majorité des cas, l'intervention se déroule sans complication. Cependant, tout acte chirurgical comporte un certain nombre de risques et complications. Les douleurs au niveau du gland sont les complications les plus fréquentes. Plus rarement peuvent apparaître un saignement (hématome) et/ou une infection au niveau de la plaie. La circoncision peut rarement avoir des conséquences plus graves : déformations permanentes du pénis, obstruction du méat urinaire, infection généralisée, complications possibles liées à l'anesthésie, etc.
Le risque de complications est plus faible chez les nouveau-nés que chez les enfants plus âgés. Pour réduire les risques au minimum, l'intervention doit être effectuée par un chirurgien urologue expérimenté et dans de bonnes conditions d’hygiène. Une surveillance doit être effectuée dans les jours suivant l'intervention pour s'assurer de l'absence de saignements et/ou de l'infection.

