Corticoïdes : définition, indications, effets secondaires

Corticoïdes (glucocorticoïdes)

Le 01/04/2022

 

Sommaire

° Définition

° Formes

° Effets et indications

° Classification

° Effets secondaires

° Contre-indications

° Précautions à prendre

° Corticoïdes et dopage

 

 

 

Définition

Les corticostéroïdes "corticoïdes" sont des hormones stéroïdiennes sécrétées chez les êtres humains par le cortex des glandes surrénales. Cette partie superficielle de la glande, en partant de la zone la plus superficielle jusqu'à la zone la plus proche de la médullaire surrénalienne, produit des substances différentes en fonction de la zone :

 

Glandes surrenales

 

  • Dans la zone glomérulée, les minéralocorticoïdes (aldostérone) qui agissent sur la régulation de l'eau et du sel dans le corps (rétention d'eau et de sodium, élimination de potassium).
  • Dans la zone fasciculée, les glucocorticoïdes (cortisol) qui ont des effets anti-inflammatoires et une action sur le métabolisme des protéines et des glucides.
  • Dans la zone réticulée, les androgènes qui ont un rôle direct dans le développement des caractères sexuels secondaires.

 

Zones du cortex surrenalien

 

Par ailleurs, la médullosurrénale sécrète les catécholamines : l'adrénaline et la noradrénaline. 

Habituellement, lorsque l'on parle du terme corticoïdes, il s'agit de glucocorticoïdes, qu'ils soient naturels (cortisol) ou de synthèse (cortisone), des anti-inflammatoires stéroïdiens, par opposition aux anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) comme l'aspirine ou l'ibuprofène.

La sécrétion du cortisol est sous le contrôle de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien via l'ACTH (adrénocorticotrophine) et la CRH (corticotropin releasing hormon). Cette sécrétion suit un rythme nycthéméral avec un maximum lors du réveil (entre 6 et 8 h du matin).

 

Axe hypothalamo-hypophysaire

 

Formes

On trouve les corticoïdes de synthèse "cortisone" sous de multiples formes :

  • comprimés, c'est la forme la plus fréquente.
  • spray, forme adaptée pour traiter des maladies comme l'asthme ou la laryngite. 
  • crèmes (dermocorticoïdes), il s'agira plutôt de traiter des pathologies de peau (eczéma, psoriasis..).
  • injections intra-articulaires sont administrées pour traiter des problèmes rhumatismaux, tendinite.
  • collyres (gouttes pour les yeux) peuvent être prescrits pour traiter les inflammations ophtalmologiques.
  • injections intraveineuses ou intramusculaires sont prescrites dans certains cas exceptionnels de pathologies qui nécessitent un traitement très urgent.

 

 

Effets et indications

Les glucocorticoïdes de synthèse sont utilisés depuis les années 1950 pour traiter de très nombreuses maladies inflammatoires, allergiques, immunologiques ou cancéreuses. Néanmoins, la grande majorité des patients recevant des glucocorticoïdes sont traités pour des maladies pulmonaires ou rhumatologiques :

- les corticoïdes sont utilisés pour leur effet antalgique, antiémétique, orexigène (favorise l'appétit), et éventuellement pour un effet anti-tumoral (en cas de leucémies).

- les corticoïdes peuvent être utilisés dans le traitement des pathologies pulmonaires telles que l'asthme (traitement de fond et de la crise) et la bronchopneumopathie chronique obstructive "BPCO" grâce à leur effet bronchodilatateur. En réduisant l'inflammation et les sécrétions dans les bronches, ils favorisent le passage de l'air et les échanges gazeux.

- les corticoïdes sont utilisés pour traiter les maladies rhumatologiques telles que la polyarthrite rhumatoïde, ainsi que les maladies inflammatoires (maladie de Horton, sarcoïdose,..) et essentiellement les maladies auto-immunes qui nécessitent de freiner le système immunitaire (lupus érythémateux disséminé, sclérose en plaques, maladie de Crohn, rectocolite hémorragique, etc.). C'est notamment pour cette dernière propriété qu'ils jouent un rôle vital lors des greffes, afin d'en empêcher le rejet.

- ils sont utiles lors des crises sévères d'allergie (urticaire, œdème de Quincke, choc anaphylactique) car celles-ci font intervenir un processus inflammatoire important contre lequel l'effet anti-inflammatoire des corticoïdes est logiquement efficace. On peut également l'associer avec l'adrénaline.

- certaines pathologies rénales (néphropathies) : syndrôme néphrotique, maladie de Berger...

 

Classification

Selon le pouvoir anti-inflammatoire, les corticoïdes sont divisés en 3 classes :

  • corticoïdes à effets courts : la prednisone, la prednisolone et la méthylprednisolone. Leur pouvoir anti-inflammatoire est compris entre 4 et 5 par apport au cortisol naturel qui égale à 1.
  • corticoïdes à effets intermédiaires, comprenant la triamcinolone et la paraméthasone. Leur pouvoir anti-inflammatoire est compris entre 5 et 10.
  • corticoïdes à effets prolongés, comprenant la bétaméthasone, la dexaméthasone et le cortivazol. Leur pouvoir anti-inflammatoire est compris entre 25 et 30 (jusqu'à 60 pour le cortivazol).

 

Effets secondaires

Ces médicaments sont rarement à l'origine de problèmes lorsqu'ils sont pris en traitement court (moins de 7 jours). Par contre, en traitement au long cours, des effets secondaires se manifestent systématiquement. La fréquence et l’importance de ces effets indésirables dépend de plusieurs facteurs :

  • la posologie des médicaments.
  • la durée du traitement.
  • la nature du corticoïde (certains donnent plus d’effets secondaires que d’autres).
  • la voie d’administration (orale, inhalée, injectée, …).
  • la sensibilité individuelle aux corticoïdes et l’état de santé du patient.

Les effets secondaires principaux sont :

  • une prise de poids localisée au niveau du visage et du tronc (syndrome de Cushing).
  • des troubles sanguins : baisse du taux de potassium (hypokaliémie).
  • une rétention d’eau et de sel, entraînant des œdèmes et une hypertension artérielle.
  • une stimulation de l’appétit.
  • une intolérance au glucose pouvant révéler ou accentuer un diabète.
  • une augmentation des taux sanguins de lipides.
  • des troubles cutanés avec entre autres une fragilité de la peau et des capillaires, une acné, des vergetures ou des problèmes de cicatrisation.
  • une faiblesse musculaire par protéolyse (destruction du tissu musculaire), notamment au niveau des jambes.
  • une perte de masse osseuse avec un risque marqué d’ostéoporose et de fractures.
  • un retard de croissance chez l’enfant.
  • des troubles sexuels (aménorrhée, impuissance).
  • des complications oculaires, de type cataracte voire de glaucome chez certaines personnes prédisposées.
  • l'aggravation d'états infectieux par régression des défenses immunitaires (immunodépression) : réveil du virus de la varicelle d'où un zona, réveil de tuberculose, mauvaise lutte contre les états viraux en général (herpès, hépatite).
  • des troubles digestifs : ulcère gastro-duodénal par augmentation de la sécrétion d'acide gastrique avec risque d'hémorragie digestive, gastrite aigüe, pancréatite aiguë.
  • des troubles psychiques : troubles du sommeil, excitation, confusion, parfois dépression, certains phénomènes de cortico-dépendance.
  • une insuffisance surrénalienne à l'arrêt du traitement, lié au freinage de l'axe hypothalamo-hypophyso-surrénalien qui contrôle la sécrétion de cortisol endogène.

 

Effets indesirables des corticoides

 

Contre-indications

Il n'existe aucune contre-indication formelle à une corticothérapie brève et vitale. Dans les autres cas, où les glucocorticoïdes peuvent être remplacés par d'autres médicaments, on évitera de les prescrire dans les circonstances suivantes :

  • maladie virale grave en évolution (herpès, zona, hépatite virale aiguë) car les glucocorticoïdes entraînent une baisse de l'inflammation et de l'immunité nécessaire à la lutte contre ces infections.
  • ulcère gastro-duodénal en évolution.
  • vaccination récente par un vaccin vivant.
  • hypersensibilité à l'un des constituants du médicament.
  • grossesse et allaitement.
  • cirrhose sévère.
  • pathologie psychiatrique non contrôlée par un traitement.
  • certaines mycoses et parasitoses comme l'anguillulose.

 

Précautions à prendre

Les corticoïdes ne doivent jamais être pris en automédication. Dès la prescription initiale, le médecin doit ainsi prévoir l'arrêt du traitement.

Au-delà du fait de suivre la prescription de son médecin traitant, il faut s'assurer de boire beaucoup d'eau. En cas de traitement prolongé par voie orale, il est conseillé de suivre un régime sans sel (pour éviter la rétention d'eau). Pour prévenir les risques gastriques, l'association d'un médicament antiulcéreux tel que l'Oméprazole est recommandée. D'autres mésures sont également indispensables :

  • contrôler régulièrement son poids et faire une activité physique, elle permet de lutter contre l'ostéoporose et la prise de poids induites par le traitement.
  • contrôler la kaliémie (ionogramme sanguin) car il existe un risque de perte de potassium et de troubles cardiaques. Il est possible de se supplémenter si besoin (alimentation ou médicament).
  • mesurer sa tension artérielle (risque d'hypertension artérielle).
  • contrôler sa glycémie et réduire la consommation de sucres (ou traitement si besoin).
  • contrôler le taux des lipides dans le sang.
  • contrôler la vision si le traitement est pris au long cours (cataracte).  
  • enrichir l'alimentation en calcium et en vitamine D et contrôler la minéralisation osseuse (densitométrie osseuse) surtout chez les femmes.

La dose habituelle utilisée est de 0.5 à 1 mg/kg/jour, et la durée du traitement diffère selon la maladie. En cas de corticothérapie prolongée sur plusieurs semaines, mois ou années, il est recommandé de diminuer très progressivement les doses afin d'éviter de perturber la synthèse naturelle du cortisol par la glande surrénale (insuffisance surrénalienne), la surveillance de la fonction surrénalienne se fait par des tests sanguins réguliers (test de stimulation à l'ACTH, aussi appelé le test au Synacthène). 

 

Corticoïdes et dopage

Les corticoïdes améliorent les capacités mentales et physiques des sportifs et sont donc considérés comme des substances dopantes. Les corticoïdes pris sous forme de comprimés, sous forme d’injection intramusculaire ou intraveineuse ou par voie rectale sont interdits chez les sportifs participant à des compétitions. 

Différentes actions des corticoïdes sont recherchées par les sportifs les utilisant comme substances dopantes :

  • pendant l’effort, les corticoïdes aident à fournir le glucose nécessaire à la poursuite de l’effort.
  • grâce à leurs propriétés anti-inflammatoires, ils permettent par ailleurs de limiter l’inflammation tissulaire et la sensation de douleur liée à cette inflammation.
  • grâce à leurs effets sur le système nerveux central, les corticoïdes diminuent la sensation de fatigue et induisent une sensation d’euphorie, potentialisant ainsi l’effort physique.
  • enfin, à l’issue de l’effort, les corticoïdes permettent de reconstituer les stocks de glycogène consommés au cours de l’exercice.

Il faut noter qu’une consommation prolongée de corticoïdes conduit à des lésions musculaires et tendineuses défavorables à la poursuite d’un exercice physique de qualité. Par ailleurs, la pratique régulière d’une activité physique est recommandée chez les patients traités par corticoïdes. Cette activité physique permet de limiter de nombreux effets secondaires du traitement (faiblesse musculaire, ostéoporose, prise de poids…). Une demi-heure de marche rapide par jour doit donc être recommandée aux patients traités par corticoïdes de façon prolongée.

 

 

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