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Dépression : causes, symptômes, diagnostic et traitement

Dépression

Le 08/08/2022

 

Sommaire

° Définition

° Physiopathologie

° Causes

° Types

° Symptômes

° Diagnostic

° Complications

° Evolution

° Traitement

° Prévention

 

 

 

Définition

La dépression est l'un des troubles psychologiques les plus courants, elle est définie comme un trouble de l'humeur, aigu ou chronique, qui entraîne un sentiment continu de tristesse et une perte d'intérêt et de motivation, ce qui affecte la capacité à vivre normalement.

Les symptômes de la dépression incluent souvent tous les aspects de la vie d'un individu, car la dépression affecte la santé mentale du patient en général, ainsi que sa façon de penser et d'agir. La dépression peut également affecter l'appétit d'une personne pour la nourriture, le nombre d'heures de sommeil et ses sentiments envers elle-même et envers les autres.

 

Physiopathologie

La physiopathologie de la dépression n'est pas claire, mais de nombreuses hypothèses indiquent un lien solide entre la dépression et une baisse de neurotransmetteurs intervenant dans la régulation de l’humeur et de l’énergie dans le cerveau, tels que la sérotonine, la noradrénaline, la dopamine, le glutamate et le GABA, et la sensibilité des récepteurs à ces substances chimiques. D’un côté, on observe un ralentissement du cerveau, à l’origine de symptômes tels qu’une baisse de l’énergie vitale, des troubles de l’attention et de la concentration, une incapacité à prendre des décisions. De l’autre, on assiste à un emballement de l’activité d’une partie du cerveau qui se traduit par de l’insomnie, de l’angoisse, des ruminations et l’activation en chaîne d’idées négatives.

Il convient de noter que la physiopathologie de la dépression peut varier selon le type de dépression et, par conséquent, les méthodes utilisées pour traiter la dépression, y compris les méthodes psychologiques et biologiques, diffèrent également.

 

 

Causes

Il existe de nombreuses causes et facteurs de risque de dépression qui peuvent différer d'une personne à l'autre, dont les plus importants sont les suivants : 

  • Chimie du cerveau : de nombreux neurotransmetteurs dans le cerveau jouent un rôle important dans l'humeur d'un individu, et constituent l'une des causes majeures de la dépression (sérotonine, dopamine,...).
  • Facteurs génétiques et antécédents familiaux : la dépression n’est pas une maladie héréditaire, elle ne se transmet pas. Mais, le risque de développer une dépression augmente chez les personnes, dont un membre de la famille ou un proche, a souffert de dépression ou de tout autre trouble de l'humeur.
  • Facteurs environnementaux : les facteurs de vie difficiles et les circonstances qu'une personne peut traverser sont considérés comme des facteurs de risque de dépression, comme la perte d'une personne proche, l'échec scolaire, émotionnel ou professionnel, l'exposition au stress pendant de longues périodes, des événements traumatisants dans l’enfance, etc.
  • Certaines conditions médicales : certaines maladies conduisent à la dépression, telles que l'hypothyroïdie, l'insomnie chronique, l'AVC, certains cancers, maladie de Parkinson, trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité, etc.
  • Avoir des carences nutritionnelles : un déficit en vitamine B6 surtout chez les alcooliques et les femmes prenant des contraceptifs oraux, vitamine B12 surtout chez les personnes végétaliennes et sujets âgés, vitamine D, acide folique, fer, acides gras (oméga-3) ou certains acides aminés, pourrait engendrer une dépression.
  • Prise de certains médicaments ou substances : prendre des drogues, boire de l'alcool ou utiliser certains médicaments pendant une longue période, comme des contraceptifs, augmente le risque de dépression.

 

Causes et facteurs de risque de la dépression

 

Types

La dépression peut être divisée en plusieurs types en fonction de la gravité des symptômes ressentis par le patient et de la durée de ces symptômes. Certaines personnes peuvent souffrir de symptômes légers et temporaires, tandis que d'autres souffrent d'épisodes dépressifs graves et persistants. Par conséquent, la dépression est classée en deux types principaux, à savoir : 


1/ Trouble dépressif majeur

Il est également connu sous le nom de dépression clinique ou majeure, et c'est l'une des formes les plus graves de dépression. Lorsqu'un individu souffre d'un trouble dépressif majeur (TDM), il présente de nombreux symptômes de dépression en continu pendant une période d'au moins deux semaines, et ses symptômes incluent : perte d'espoir, tristesse, perte d'estime de soi, une prise ou une perte significative du poids. Il est à noter que la dépression clinique regroupe plusieurs types de dépression :

  • Dépression psychotique : il s'agit d'un épisode dépressif majeur accompagné de symptômes psychotiques "délires ou hallucinations". Les états d'humeur qui accompagnent les délires incluent la culpabilité, l'auto-blâme, ou une mauvaise perception de l'image de soi. La moitié des patients font des délires sans hallucinations, ces dernières peuvent être sonores (entendre des voix), olfactives (odeur) ou tactiles (toucher).
  • Dépression du trouble bipolaire : le trouble bipolaire est une maladie mentale fréquente qui affecte l'humeur, les personnes atteintes traversent des épisodes de dépression et des épisodes de manie (excitation) lui donnant une totale confiance en lui, mais présentant des risques (blessures corporelles, incapacité de juger le danger et les risques...).
  • Dépression réactionnelle : c'est une dépression causée par un événement traumatisant ou une pression psychique excessive, elle peut être consécutive à un deuil, un accident, un échec émotionnel ou professionnel, etc.
  • Dépression du post-partum : cette dépression post-natale concerne 10 à 15% des mères et elle est liée aux changements hormonaux, elle se manifeste environ à 6 semaines après l'accouchement. A ne pas confondre avec le syndrome du "Baby-blues", le baby-blues diffère de la dépression du post-partum parce que le baby blues, qui dure généralement de 2 à 3 jours (jusqu'à 2 semaines), est relativement modéré, alors que la dépression du post-partum dure plus de 2 semaines, ce qui perturbe les activités de la vie quotidienne.
  • Dépression saisonnière : cet épisode dépressif, qui touche plus souvent les femmes et les enfants, survient généralement à l'automne ou au début de l'hiver et s'installe parfois jusqu'au printemps. Elle est provoquée par une baisse de la lumière naturelle.


2/ Trouble dépressif persistant

Le trouble dépressif persistant (TDP) est également appelé dysthymie persistante, dépression partielle ou dépression chronique. Lorsqu'une personne souffre de dépression persistante, elle souffre de symptômes de dépression pendant au moins deux ans, mais ils ne sont pas aussi graves que les symptômes de dépression clinique. Les symptômes de dépression chronique comprennent une perte d'intérêt pour les activités quotidiennes et une faible estime de soi. Ce type de dépression est léger, mais il peut être difficile pour la personne de fonctionner à la maison, à l’école ou au travail (manque de productivité sociale).

 

 

Symptômes

La dépression peut se manifester par de nombreux symptômes psychiques qui affectent l'humeur d'une personne, mais également par des symptômes physiques. Les symptômes les plus courants de la dépression incluent :

  • Perte du désir de s'engager dans des activités auxquelles le patient s'intéressait dans la vie quotidienne.
  • Sensation constante de fatigue ou de manque d'énergie.
  • Difficulté à réfléchir, à se concentrer ou à prendre des décisions.
  • Se sentir triste ou désespéré la plupart du temps.
  • Anxiété et troubles du sommeil.
  • Troubles de la mémoire.
  • Faible estime de soi.
  • Se sentir coupable.
  • Perte d'appétit ou boulimie.
  • Prise ou perte de poids.
  • Baisse de la libido.
  • Penser à la mort ou au suicide.

Il convient de noter que les signes de dépression diffèrent entre les femmes, les hommes et les enfants :

a) La dépression est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes à cause des changements hormonaux chez les femmes, en cas d'accouchement (dépression post-partum) par exemple, avant les menstruations ou en cas de ménopause. Les symptômes de la dépression sont souvent plus intenses chez les femmes.

b) Chez les hommes, et en plus des symptômes courants de la dépression, les symptômes peuvent être caractérisés par :

  • Colère, agressivité et irritabilité.
  • Incapacité à assumer ses responsabilités familiales et/ou professionnelles.
  • Travailler sans interruption ou effectuer des activités à haut risque.
  • Baisse de la libido ou mauvaise performance sexuelle.
  • Symptômes physiques tels que fatigue, maux de tête et problèmes digestifs (constipation, diarrhée, etc).

c) Les enfants peuvent également souffrir de dépression. Les symptômes de la dépression chez les enfants, en plus des symptômes courants, comprennent :

  • Un changement de comportement, comme avoir plus de problèmes à l'école ou refuser d'aller à l'école.
  • Capacités cognitives affectées de l'enfant, telles que des difficultés de concentration et une détérioration des performances scolaires.
  • Symptômes physiques comme des maux de tête ou de ventre, problèmes digestifs ou changement d'appétit.
  • Isolement de l’enfant de son entourage.
  • Une irritabilité anormale.
  • Tristesse et pleurs inexplicables.

 

Symptômes de la dépression

 

 

Diagnostic

Diagnostiquer une dépression n'est pas facile en raison de la variété des symptômes d'une personne à l'autre, le médecin dépend de l'interrogation du patient sur la nature, la gravité et la durée des symptômes dont il souffre. Le médecin peut faire un certain nombre de tests pour diagnostiquer la dépression :

  • Test de dépression : c'est un outil qui aide au diagnostic de la dépression. Le test comprend un ensemble de questions (questionnaires) qui aident le médecin à déterminer le type et la gravité de la dépression, le médecin interroge la personne sur son passé et celui de sa famille.
  • Examen physique complet, car la dépression accompagne parfois certains symptômes physiques comme les troubles digestifs.
  • Tests de laboratoire, afin de s'assurer que la personne ne souffre d'aucune maladie qui provoque ou exacerbe les symptômes de la dépression telle que l'hypothyroïdie.

Ensuite, le médecin évalue la sévérité de l'épisode dépressif :

  • Est-il léger, modéré ou sévère ?
  • Quel est le retentissement sur la vie quotidienne, familiale et professionnelle ?
  • Existe-t-il un risque suicidaire ?
  • Y a t-il d'autres manifestations psychologiques associées : hallucinations, idées délirantes ?

Le diagnostic d'épisode dépressif est posé :

  • Quand cet état de souffrance est associé à plusieurs autres symptômes de la dépression.
  • Quand les symptômes durent plus de 15 jours.
  • Quand, durant cette période, chaque jour ou presque, la personne se sent triste, sans espoir ou a perdu ses centres d'intérêt.

 

 

Complications

Les complications de la dépression sont nombreuses et elles varient d'une personne à l'autre selon le type et la sévérité de la dépression, les plus fréquentes sont les suivantes :

  • Suicide, la conséquence la plus grave de la dépression.
  • Détérioration de la santé physique et psychique.
  • Perte de capacité à faire des activités de la vie quotidienne.
  • Relations altérées avec les autres, y compris les relations familiales et professionnelles.
  • Dépendance à l’alcool et/ou aux drogues.

 

Evolution

L'évolution de la dépression dépend de son type, des facteurs qui la provoquent, et de la prise de conscience du patient ou de son entourage de l'importance de consulter un médecin dès l'apparition des premiers signes. Les personnes souffrant de dépression légère ou modérée peuvent se rétablir en parlant à un spécialiste. La dépression chronique nécessite souvent une psychothérapie continue et des antidépresseurs pour contrôler ses symptômes.

 

 

Traitement

Il existe plusieurs moyens pour traiter la dépression et soulager ses symptômes, plusieurs méthodes peuvent être combinées pendant la période de traitement :

a) Psychothérapie  

La psychothérapie est l'une des pierres angulaires du traitement de la dépression. Parler à un psychothérapeute qualifié aide un patient déprimé à mieux gérer ses émotions négatives. Il existe différentes formes de psychothérapie, dont la thérapie cognitivo-comportementale. La psychothérapie apporte une écoute bienveillante et permet de mettre des mots sur la douleur et de lutter contre les pensées négatives et auto-dévalorisantes. Les séances doivent être régulières, de l'ordre d'une à deux séances par semaine pendant plusieurs mois selon l'importance des symptômes.

De plus, en conjonction avec des séances de psychothérapie, une personne souffrant de dépression peut participer à des séances de thérapie familiale ou de groupe.

 

b) Antidépresseurs

Il existe de nombreuses familles de médicaments antidépresseurs qui sont souvent utilisés pour la dépression modérée ou sévère :

  • Antidépresseurs tricycliques (ATC) : Amitriptyline (Laroxyl®), Clomipramine (Anafranil®),...
  • Inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) : Iproniazide (Marsilid®),...
  • Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) : Paroxétine (Deroxat®), Fluoxétine (Prozac®), Sertraline (Zoloft®)...
  • Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSNA) : Venlafaxine (Effexor®),...    

Ces médicaments doivent être prescrits par un spécialiste, et le patient doit respecter les doses du médicament et suivre les instructions de son médecin. Aussi, le patient ne doit, en aucun cas, arrêter son médicament sans consulter son médecin afin d'éviter une rechute, et de prévenir des symptômes de sevrage pouvant survenir à la suite de l'arrêt brutal du traitement. Il convient de noter que les antidépresseurs peuvent prendre du temps avant que leurs effets thérapeutiques commencent à apparaître.

Le médecin peut prescrire, au début du traitement, un médicament anxiolytique pour diminuer les angoisses associées à la dépression, il s'agit d'une prescription temporaire. De ce fait, les anxiolytiques ne doivent pas être pris pendant plus de quelques semaines. Au-delà, leur action est diminuée et le risque de dépendance physique est réel.

 

c) Traitements complémentaires 

Il existe des traitements alternatifs qui peuvent être bénéfiques pour un patient déprimé, tels que :

  • Luminothérapie : l'exposition à des doses spécifiques de lumière blanche peut améliorer l'humeur du patient et soulager les symptômes de la dépression, la luminothérapie est couramment utilisée dans la dépression saisonnière.
  • Soutien moral : le traitement de la dépression à domicile se fait par le soutien de la famille et des proches du patient. Dans certains cas, les causes qui ont conduit à la dépression et les solutions proposées peuvent être discutées avec certains membres de la famille.
  • Suppléments nutritionnels : tels que les suppléments d'huile de poisson (oméga-3), les vitamines et minéraux. Mais, avec avis médical pour éviter leurs effets secondaires ou les interactions médicamenteuses avec d'autres médicaments que le patient prend.
  • Stimuler la libération des endorphines : l'exercice physique régulier aide à libérer des endorphines, ces hormones qui améliorent l'humeur et réduisent les symptômes de la dépression. Il est conseillé de faire une activité physique modérée au moins une demi-heure pendant trois à cinq jours par semaine. 
  • Millepertuis (Hypericum perforatum) : c'est une plante médicinale aux propriétés anti-stress et anti-dépressives, les molécules actives sont principalement l'hypéricine et l'hyperforine contenues dans les fleurs et les bourgeons. Elles agissent sur le corps comme les neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline. Pris par voie orale, les produits à base de millepertuis sont destinés à traiter la dépression légère à modérée.
  • Autres méthodes : massothérapie, méditation, yoga, acupuncture, etc.

 

Millepertuis (hypericum perforatum)

 

d) Hospitalisation

L’hospitalisation est réservée aux cas où le risque de suicide est réel, aux formes cliniques sévères avec symptômes physiques importants, ou lorsque le patient est très isolé.

 

 

Prévention

Il peut être difficile de prévenir la dépression car on ne peut pas anticiper et identifier ses facteurs déclenchants dans l’avenir, mais en général, il est recommandé de suivre un mode de vie sain pour réduire le stress et prévenir le développement de la dépression. Certaines habitudes saines aident à réduire le risque de dépression :

  • Dormez suffisamment et respectez les horaires du sommeil.
  • Sortez tous les jours afin de vous exposer à la lumière naturelle du jour.
  • Établissez de bonnes relations avec les autres, les liens sociaux sont très importants pour la bonne santé mentale.
  • Maintenez une alimentation équilibrée riche en vitamines et minéraux.
  • Faites régulièrement de l'exercice physique et/ou une activité de relaxation (méditation, yoga,…).
  • Consultez un psychologue ou un psychothérapeute dès l'apparition des premiers signes de la dépression.

 

 

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