Sommaire
° Causes et facteurs de risque
° Suivi des malades diabétiques
Le diabète est une maladie chronique qui se définit comme une élévation de la glycémie "taux du sucre dans le sang", deux mesures de glycémie à jeun > 126 mg/dl (>1,26 g/l) confirme son diagnostic. Le diabète est silencieux au début, la plupart des diabétiques ne présentent pas des signes cliniques. La découverte du diabète est le plus souvent fortuite suite à un bilan standard. Dans certains cas, le diabète peut se révéler par une complication surtout si la maladie a débuté plusieurs années avant (5 à 10 ans avant).
Plusieurs facteurs prédisposent au diabète :
- Avoir une prédisposition génétique au diabète (diabète familiale).
- Avoir une maladie cardiovasculaire et/ou des facteurs de risque cardiovasculaires : l'hypertension artérielle, l’obésité, la sédentarité, et le tabagisme.
- Manger trop de sucres (sucres rapides) et/ou de graisses (hypercholestérolémie).
- Manque d’activité physique régulière.
- Suite à un stress important : évènement choquant, état de stress post-traumatique.
- Travailler dans des conditions spécifiques comme le travail de nuit sur plusieurs années.
- Avoir une maladie du pancréas : la pancréatite chronique ou le cancer du pancréas.
- Certains médicaments peuvent provoquer le diabète à long terme : corticoïdes, hormones (somatostatines), Salbutamol, Statines, Ciclosporine…
Tous ces facteurs de risque augmentent la probabilité d’avoir le diabète de type 2, c’est un diabète acquis qui est dû physiologiquement à deux causes; soit à une diminution de la sécrétion de l’insuline par le pancréas (îlots de Langerhans), soit à une résistance à l’entrée de l’insuline dans les cellules.
Par ailleurs, le diabète type 1 (insulino-dépendant) correspond à la destruction des ilots de Langerhans du pancréas par des anticorps, c’est une maladie auto-immune qui apparait précocement chez les petits enfants avec antécédents familiaux de maladie auto-immune.
La femme enceinte peut développer un diabète gestationnel, son origine est liée à une anomalie de la tolérance glycémique due aux hormones placentaires qui ont une action antagoniste à l’insuline. Le diabète gestationnel apparaît entre le 5ème et le 6ème mois de grossesse et disparaît généralement après l'accouchement.
Le diabète est suspecté devant 03 signes subjectifs :
- Polyurie : besoin d'uriner fréquemment surtout la nuit.
- Polydipsie : une soif intense inhabituelle.
- Polyphagie : une sensation de faim intense.
Ce triade classique est principalement présent en cas de diabète de type 1, ces symptômes apparaissent brutalement et ils sont souvent associés à une perte de poids importante avec une fatigue générale.
En cas de diabète de type 2, les symptômes sont le plus souvent absents. Le diabète de type 2 est silencieux pour plusieurs années, puis il se manifeste par une complication. 40% des diabétiques diagnostiqués sont déjà au stade des complications. Cependant, Il est important de savoir repérer les signes discrets du diabète : des infections à répétitions (abcès, furoncles, infections urinaires), mauvaise cicatrisation des plaies cutanées, troubles de l'érection, fatigue inexpliquée, essoufflement, une peau sèche...
Son diagnostic est facile et il se fait par mesure de la glycémie par prise de sang capillaire (pulpe du doigt), il faut faire 2 mesures. On dit qu’une personne est diabétique si les deux mesures sont > 126 mg/dl (>1,26 g/l) à jeun. Une seule glycémie à n’importe quel moment > 200 mg/dl confirme également le diagnostic du diabète.
Des complications aigues peuvent survenir et elles sont liées à une élévation très importante de la glycémie (> 250 mg/dl) :
- Hypoglycémie médicamenteuse par surdosage d’insuline ou de sulfamides oraux.
- Acidocétose : le plus souvent chez les diabétiques sous insuline (diabète type 1) suite à un sous-dosage de l’insuline, un stress aigu, une infection ou un infarctus du myocarde (angine de poitrine).
- Coma hyperosmolaire avec déshydratation importante : chez les sujets âgés maltraités, le plus souvent suite à une infection ou prise de boissons trop sucrées.
Après plusieurs années (> 10 ans) et surtout s’il est mal traité, le diabète peut affecter plusieurs organes, des complications chroniques peuvent apparaitre:
- Des complications cardio-vasculaires comme l’HTA, l’athérosclérose, l’AVC et l’infarctus du myocarde.
- La rétinopathie diabétique avec toutes ses complications (hémorragies intraoculaires, décollement de la rétine, glaucome, œdème maculaire), la rétinopathie diabétique est la première cause de cécité chez les personnes de moins de 65 ans.
- La néphropathie diabétique qui peut aller jusqu’ à l'insuffisance rénale terminale.
- La neuropathie diabétique qui se manifeste par une diminution de la sensibilité au niveau des pieds et/ou des jambes d’où le risque des plaies (mal perforant plantaire) et des ulcères. Elle peut également se manifester par des troubles de l’érection et de l’impuissance sexuelle.
Le traitement du diabète a pour but d’équilibrer la glycémie, de limiter la survenue des complications aigues et de retarder l’apparition des complications chroniques. Le régime alimentaire, l’activité physique et les médicaments sont les bases du traitement :
- Traitement du diabète type 2 : il se base sur des médicaments hypoglycémiants par voie orale, les plus utilisés en premier sont : la metformine qui diminue la résistance des cellules à l’insuline et les sulfamides qui stimulent la sécrétion de l’insuline par le pancréas. Le médecin informe le malade sur les possibles complications et effets secondaires des médicaments prescrits. Si le diabète devient déséquilibré, le passage à l'insuline peut être nécessaire.
- Traitement du diabète type 1 : ce type se traite par des injections d'insuline en sous cutané, plusieurs types d’insuline son utilisés : ordinaire, lente ou rapide. Le schéma d’utilisation de l’insuline est défini par le médecin traitant qui explique au malade comment et quand prendre son traitement (doses, horaires).
- Traitement du diabète gestationnel : le seul traitement est l’insuline jusqu’à l’accouchement, les hypoglycémiants oraux (metformine et sulfamides) sont contre indiqués chez la femme enceinte, l’objectif est de maintenir la glycémie < 95 mg/dl.
Une alimentation équilibrée (50% de glucides, 30% de lipides, 20% de protéines) à raison de 3 repas par jour à heures régulières est nécessaire pour les diabétiques, il est conseillé de ne pas sauter les repas et d'éviter les grignotages.
L’alimentation du diabétique doit se baser sur des aliments à index glycémique bas ou moyen: les céréales complètes (pain aux céréales, pain complet, riz complet), les légumes et les féculents (soupe de légumes, lentilles, pois chiches, haricots, fèves…), et en évitant les aliments à index glycémique élevé (pain blanc, pâtes, sucreries, confiture, boissons gazeuses…) et les aliments gras (fromages, fritures, viandes rouges…). Il faut consommer régulièrement des aliments riches en fibres (céréales complètes, légumes, fruits, fruits secs) et des huiles végétales comme l’huile de colza ou d’olive qui contiennent de l'oméga 3. D’autres conseils sont utiles pour équilibrer le diabète:
- Faire une activité physique régulière, 03 fois par semaine et durant 45 minutes comme faire la marche, du vélo, du footing ou de la natation.
- Arrêter le tabac et limiter la consommation d'alcool.
- S’assurer de l’hygiène des pieds surtout pour les anciens malades.
- Injecter d’insuline supplémentaire en cas de goûter (avec avis médical).
- Se faire vacciner chaque année contre la grippe saisonnière.
Des bilans systématiques doivent se faire régulièrement :
- Un examen trimestrielle qui comporte un bilan sanguin, une glycémie à jeun, l’hémoglobine glyquée (HbA1c), un bilan lipidique total (cholestérol, HDL et LDL et TG), un bilan hépatique, un bilan rénal, et un examen des pieds à la recherche des plaies ou de nécrose. Ces examens visent à rechercher d’éventuelles atteintes organiques comme le foie et les reins, le dosage de l’HbA1c permet de savoir si le diabète est équilibré ou non, on considère qu’il est normal ou équilibré si sa valeur est entre 5,5% et 6,5%. Au delà de 9%, le diabète n'est plus équilibré et le malade nécessite un suivi stricte.
- Un examen semestriel ou annuel qui comporte un examen cardiovasculaire et un examen ophtalmologique. Le cardiologue fait un électrocardiogramme "ECG" à la recherche d’une ischémie myocardique silencieuse qui peut mettre en jeu la vie du diabétique. Dans certains cas, il peut pratiquer une échographie cardiaque ou un écho-doppler selon l’état du malade. Quant à l’ophtalmologue, il pratique un fond d'oeil "FO" à la recherche d’une rétinopathie diabétique afin de la traiter précocement ou de ralentir sa progression.




