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Fièvre : causes et traitement

Fièvre

Le 25/06/2022

 

Sommaire

° Définition

° Physiopathologie

° Mesure de la température corporelle

° Causes

° Risques

° Quand consulter ?

° Traitement

 

 

 

Définition

La fièvre ou hyperthermie est une élévation de la température corporelle au-dessus de la température normale au repos, qui est comprise entre 36,4 et 37,6°C selon les individus et le rythme nycthéméral avec une moyenne de 37°C. On parle de fièvre au-delà de 38°C par mesure en rectal. Lorsque la fièvre est modérée, entre 37,7 et 37,9°C, on l'appelle une fébricule, alors qu'une fièvre au-delà de 40°C est considérée comme un risque de santé majeur, particulièrement chez les jeunes enfants.

 

Physiopathologie

Durant la journée, la température corporelle varie du niveau le plus bas tôt le matin vers le niveau le plus élevé tard le soir. La température corporelle est déterminée par l'équilibre entre la chaleur produite par les tissus, en particulier le foie et les muscles, et la chaleur perdue en périphérie. La thermorégulation centrale est assurée par une partie du cerveau appelée l'hypothalamus qui maintient la température corporelle dans ses valeurs normales. L'hypothalamus reçoit des informations provenant des neurones associés aux thermorécepteurs périphériques, et aussi du sang circulant. En retour l'hypothalamus envoie des informations vers les neurones périphériques qui répondent de deux manières : soit augmenter les pertes de chaleur par vasodilatation périphérique et transpiration, soit diminuer la déperdition de chaleur par vasoconstriction et shunt du sang de la périphérie vers le centre de l'organisme.

La fièvre se traduit par un trouble de régulation des mécanismes de perte ou de production de chaleur. L'augmentation de température résulte de l'effet de substances pyrogènes, exogènes ou endogènes :

  • Les pyrogènes exogènes sont produites par des agents infectieux (virus, bactérie, parasite...) comme les toxines des bactéries. Ces substances agissent soit par action directe sur l'hypothalamus, soit par action indirecte en activant la production de pyrogènes endogènes par les globules blancs.
  • Les pyrogènes endogènes sont produites par les leucocytes (globules blancs), et elles sont capables d'induire un état fébrile. Il s'agit de protéines solubles de la famille des cytokines, parmi les plus importantes : les interleukines, les TNF et les interférons. La plupart des cellules de l'organisme, soumises à des stress cellulaires, peuvent produire des pyrogènes. Ceci explique que tout état fébrile n'indique pas forcément une maladie infectieuse. Les cytokines agissent sur des récepteurs spécifiques présents sur toutes les cellules de l'organisme, comme les récepteurs TLR qui activent les mécanismes inflammatoires. Ces derniers se traduisent notamment par une extravasation des leucocytes et leur migration vers les tissus pour neutraliser l'agent agresseur. Lorsque l'agression est maitrisée par les réponses inflammatoires et immunitaires, le thermostat hypothalamique induit un retour de la température corporelle à la normale. 

 

Mesure de la température corporelle

La mesure de la température peut se faire par différents thermomètres et avec différentes manières, il est conseillé de la mesurer avant la prise de tout médicament antipyrétique. La bonne prise de la température passe par quelques mesures d’hygiène telles que la désinfection du thermomètre avant et après chaque utilisation tout en respectant bien les règles d'utilisation du thermomètre utilisé. La méthode à privilégier dépend de l’âge et du degré de précision requis :

  • mesure rectale : c'est la méthode la plus précise qui utilise un thermomètre électronique ou à gallium placé dans le rectum via l'anus. C'est la technique de choix pour les jeunes enfants de moins de 5 ans.
  • mesure buccale : on place un thermomètre électronique ou à gallium dans la bouche sous la langue pendant une minute environ. Il est conseillé d’ajouter 0,5°C à la température affichée. C'est la méthode de choix pour les enfants de plus de 5 ans, y compris les adultes.
  • mesure axillaire : elle consiste à placer un thermomètre électronique ou à gallium au creux de l’aisselle sous le bras, qui doit être sèche, pendant une minute. Il faudra rajouter 0,9°C au chiffre affiché. 
  • mesure tympanique (par l’oreille) : mesure infrarouge de la température du tympan de l'oreille en utilisant un thermomètre infrarouge. A n’utiliser qu’à partir de l’âge de 2 ans et il est recommandé de prendre trois prises rapprochées pour un résultat précis et ne conserver que la valeur la plus forte.
  • mesure frontale (sur le front) : méthode pratique avec résultat immédiat mais moins précis, elle se fait à l'aide d'un thermomètre infrarouge qui a l'avantage d'être très hygiénique et limiter les risques de contamination. La mesure frontale est utilisée surtout chez les adultes pour obtenir une mesure approximative et immédiate.

- Il faut savoir que les thermomètres à mercure ont été retirés et remplacés par les thermomètres à gallium. Le mercure qu'il contient est dangereux pour l'environnement et pour la santé s’il se brise une fois à l’intérieur du corps, surtout chez l'enfant.

 

Types de thermomètres

 

Méthodes de mesure de la température selon l'âge

 

 

Causes

La fièvre n’est pas une maladie, mais plutôt le symptôme d’une maladie. La plupart du temps, la fièvre est provoquée par une infection virale, bactérienne ou parasitaire. Mais, elle peut aussi apparaitre dans certaines situations : un coup de chaleur, un exercice physique intense, suite à une vaccination ou lors d'une poussée dentaire chez les nourrissons, pendant l'ovulation chez la femme, prise de certains médicaments, etc.

La fièvre peut être isolée ou accompagnée d'autres signes qui orientent vers la maladie en cause. De nombreuses maladies infectieuses peuvent entraîner la fièvre chez l'enfant et l'adulte :

  • infections de la sphère ORL : grippe, rhino-pharyngite, angineotite, sinusite, laryngite.
  • infections bronchopulmonaires : bronchite, pneumonie.
  • infections digestifs (gastro-entérite) et urogénitales (prostatite...).
  • Infections cutanées.

Dans certains cas, la fièvre peut être le premier symptôme d'une maladie infectieuse grave : méningite, encéphalitepyélonéphrite (infection des reins), purpura fulminans, septicémie, tuberculose, abcès profondendocardite infectieuse, RAA ou rhumatisme articulaire aigu, arthrite septique, etc. Au retour d’un voyage en pays tropical, la survenue de fièvre doit également amener à consulter rapidement. Elle peut traduire la présence du paludisme (malaria), cette infection grave qui nécessite une prise en charge rapide.

Enfin, certaines maladies inflammatoires, hématologiques, tumorales ou auto-immunes peuvent entraîner une fièvre persistante : sarcoïdose, vascularite de Kawasaki, lupus, hyperthyroïdiemaladie de Still, leucémie, lymphome, etc. Il ne faut donc pas laisser traîner une fièvre isolée qui persiste. D'ailleurs, au-delà de 48 heures, une température anormalement élevée impose une consultation médicale surtout chez les enfants et nourrissons.

 

Principales causes de la fièvre

 

 

Risques

Au-dessus de 40°C, la fièvre peut provoquer des convulsions ; contractions musculaires involontaires et saccadées. La crise peut durer quelques minutes, avant d'être suivie par un état de fatigue intense. Elles touchent plus souvent les enfants et nécessitent une consultation médicale. Raison de plus pour ne pas laisser la température s'élever trop et de consulter en urgence dans ce cas. Ainsi, des complications liées à la cause de fièvre sont possibles en cas d'absence du traitement comme les complications infectieuses.

 

Quand consulter ?

Les médecins considèrent qu’il n’y a rien de préoccupant, tant que la température ne dépasse pas 38,5°C. Toutefois, au-delà de 48 heures, une température anormalement élevée impose une consultation surtout chez les enfants et nourrissons. Il faut égalemment consulter en cas de présence de signes de gravité :

  • altération de l'état général.
  • température supérieure à 40°C.
  • convulsions à répétition ou première épisode chez un nourrisson.
  • déshydratation et/ou perte de poids surtout chez les enfants et les personnes âgées.
  • changement de comportement et/ou pleurs incessants chez l'enfant, raideur de la nuque et/ou troubles de conscience chez l'adulte, qui peuvent être des signes d'une infection du système nerveux central : méningite ou encéphalite.
  • pétéchies : taches rouges ou pourpres sur la peau qui peuvent être le signe d'un purpura fulminans (dissémination d'un microbe dans tout l'organsime), c'est une urgence qui nécessite une prise en charge rapide.

Certaines personnes plus fragiles doivent prendre un avis médical sans attendre les 48 heures pour éviter toute éventuelle complication :

  • les femmes enceintes, personnes âgées et nourrissons.
  • les patients souffrant de maladie chronique : diabètehyperthyroïdie, maladies cardiovasculaires, etc.
  • les personnes sous médicaments immunosuppresseurs qui favorisent la survenue des infections : corticoïdes, ciclosporine, azathioprine...

 

Traitement

Le but du traitement en cas de fièvre est d’améliorer le confort du malade par des moyens physiques et médicaments antipyrétiques, mais égalemment d'en traiter la cause :

 

1/ Moyens physiques :

Le plus grand inconvénient de la fièvre est l’inconfort qu’elle génère. Cet inconfort peut se traduire par de la douleur et de l’irritabilité. Les méthodes physiques ont pour but de reproduire les échanges que l’organisme met naturellement en jeu avec le milieu extérieur pour assurer sa régulation thermique. Pour l'enfant, il est nécessaire de ne pas trop le couvrir, conserver une température entre 18 et 21°C dans sa pièce, et de le faire boire régulièrement pour éviter la déshydratation. Prendre un bain d’eau tiède, et non froide, est conseillé pour les adultes mais pas pour les enfants. Il n'est pas nécessaire d'envisager un traitement pour faire baisser la fièvre en dessous de 38,5°C si elle est bien supportée.

 

2/ Antipyrétiques :

L'administration d'antipyrétiques n'est pas systématique et n'est envisagée qu'à partir de 38,5°C, le médicament de première intention est le paracétamol.

Le paracétamol ou "acétaminophène" est un médicament antalgique et antipyrétique sous forme de comprimés pour les adultes, et en suppositoires ou sous forme de solution buvable pour les enfants. La dose est de 15 mg/kg chaque 6 heures sans dépasser 4 g par 24 heures. Il est fortement déconseillé de dépasser cette dose et le rythme de la prise car le paracétamol peut être toxique à forte dose, notamment pour le foie (hépatite grave). Les patients doivent être avertis de ne pas prendre simultanément des remèdes contre la grippe ou le rhume contenant du paracétamol. 

En cas de contre-indication au paracétamol (allergie, maladie hépatique grave), un anti-inflammatoire non stéroïdien "AINS" est indiqué. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont efficaces pour baisser la température mais peuvent aggraver certaines infections, ils sont donc à limiter à certaines situations précises. L’ibuprofène et le kétoprofène sont les seuls anti-inflammatoires autorisés dans le traitement de la fièvre chez l’enfant. La dose habituelle d'Ibuprofène est de 400 mg par prise à renouveler si besoin au bout de 6 heures, et la durée de traitement ne devra pas dépasser 3 jours. Il est déconseillé de dépasser les doses recommandées, et est contre-indiqué d'associer deux AINS pour faire baisser la température. Ainsi, l’ibuprofène ne doit pas être utilisé chez l’enfant de moins de 3 mois.

L’aspirine ou acide acétylsalicylique est déconseillé avant l’âge de 15 ans en raison de ses effets indésirables graves et de ses contre-indications. L’aspirine expose en effet à un risque rare mais potentiellement mortel de syndrome de Reye, syndrome caractérisé par une atteinte cérébrale et hépatique, qui peut se produire après la prise d’aspirine lors d’une infection virale, principalement d’une varicelle.

 

3/ Traitement étiologique :

Si la fièvre persiste ou lorsque d’autres symptômes aparaissent ou s'accentuent, il faut consulter un médecin pour en déterminer l’origine et mettre en route un traitement spécifique de la maladie en cause. Une fois le diagnostic posé, le médecin prescrit un traitement convenable : des antibiotiques en cas d'infection bactérienne ou des anti-inflammatoires en cas d'une maladie inflammatoire ou rhumatismale,...etc. La température doit être surveillée tous les jours afin d'évaluer la réponse au traitement.

 


 

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