Grippe ou rhume, quelles sont les différences ?

Grippe / Rhume

Le 18/05/2022

 

Sommaire

° Définition

° Virus en cause

° Symptômes

° Modes de transmission

° Diagnostic

° Situations à haut risque

° Complications

° Traitement

° Prévention

° Vaccination

 

 

 

 

Définition

Les deux termes "grippe" et "rhume" désignent des maladies infectieuses virales des voies respiratoires supérieures. Très fréquentes en hiver, les deux sont souvent confondues. Le rhume est plus fréquent et plus banal que la grippe. La grippe, quant à elle, peut être très sérieuse.

La grippe évolue par épidémies, la grippe saisonnière sévit entre les mois de novembre et d’avril dans l’hémisphère Nord et d’avril à septembre dans l’hémisphère Sud. Dans les pays tropicaux, le virus influenza responsable de la maladie circule toute l’année. Parfois, elle peut évoluer par pandémie "grippe mondiale" lorsque le virus responsable infecte des personnes qui ne l’ont jamais rencontré auparavant.

 

 

Virus en cause

De nombreux virus différents (rhinovirus, adénovirus, picornavirus, virus respiratoire syncitial VRS, coronavirus et métapneumovirus humains MPVH) peuvent être à l’origine des rhumes, mais les rhinovirus, dont il existe environ 100 sous-types, sont à l’origine de la plupart des cas de rhume.

Il existe trois types de virus de la grippe : A, B et C. Les virus de la grippe de types A et B comprennent de nombreuses souches différentes, mais elles sont toutes responsables de la même maladie. Les virus grippaux de type A sont classés en sous-types en fonction de deux protéines du virus, l’une appelée «hémagglutinine» (H) et l’autre «neuraminidase» (N). Il existe 18 sous-types d’hémagglutinines de H1 à H1811 sous-types de neuraminidase de N1 à N11, et un grand nombre de combinaisons de H et de N. Les virus grippaux B ne sont pas divisés en sous-types, mais en lignées nommées d’après la zone géographique où elles ont été initialement observées (lignée Yamagata, Victoria, Brisbane, etc.).

Différentes souches sont à l’origine des épidémies saisonnières régulières de grippe. Le type A (H1N1) est responsable de la plupart des cas de grippe (plus de 70% au cours d’une saison type), et la plupart des autres cas sont dus au type B. Le virus de la grippe de type C sévit moins souvent, il touche principalement les enfants et ne cause généralement que des infections bénignes.

La souche de virus de la grippe en cause au cours d’une épidémie se modifie sans arrêt, si bien que chaque année, le virus est légèrement différent de celui de l’année précédente. Les souches en cause varient tellement que les vaccins utilisés précédemment ne sont plus efficaces.

 

Structure du virus grippal

 

 

 

 

Symptômes

Outre leurs symptômes similaires (maux de gorge, fatigue, toux...), la grippe et le rhume ont de nombreux points communs. Ce sont des maladies généralement liées au froid ou à un changement de température, très contagieuses et causées par des virus. Il s'agit pourtant de virus bien différents : celui de la grippe, le virus influenza qui entre dans le sang et se répand partout dans l'organisme, entraînant l'apparition de symptômes généralisés. Le rhume est généralement lié à un rhinovirus qui reste surtout cantonné au niveau du nez et de la gorge. 

La principale différence entre les symptômes réside dans leur intensité. Une grippe se manifeste par des symptômes plus intenses, et qui peuvent vous empêcher d'aller au travail, tandis qu'un rhume ne devrait pas vous empêcher d'effectuer vos tâches courantes. Il faut noter que les symptômes et leur gravité peuvent varier selon l’âge et l’état de santé, le tableau suivant résume les principales différences entre les deux :

 

Symptômes Grippe Rhume
Maux de tête Modérés à intenses

Rares

Fièvre Frissons ou fièvre élévée, voire transpiration importante

Absente ou légère

Toux

Toux sèche

Toux grasse

Maux de gorge

Habituels

Habituels

Fatigue

Intense

Légère

Courbatures Intenses dans tout le corps

Rares ou légères

Ecoulement ou congestion du nez

Rares, plus fréquents chez l’enfant

Habituels

Eternuements

Rares

Habituels

Naussés ou vomissements

- Rares chez les adultes

- Plus fréquents chez les enfants, souvent accompagnés de diarrhée et de douleurs abdominales

Rares ou légers

 

 

Modes de transmission

La transmission se fait par les gouttelettes de salive lorsqu'une personne infectée parle, tousse, éternue, ou crache près de vous. Elle peut aussi se faire par l’intermédiaire des mains : lorsqu'une personne, qui éternue dans ses mains, touche un objet qui devient contaminé. Si une autre personne touche cet objet contaminé et ensuite se gratte le nez par exemple, il risque de contracter le virus. 

Le délai entre la contamination et l’apparition des premiers symptômes ou "période d’incubation" en cas de rhume varie habituellement entre 48 et 72 heures. Quant à la grippe, la durée d’incubation est de 48 heures à 7 jours chez les adultes, et de 3 à 5 jours chez les enfants.

 

Modes de transmission de la grippe
 

Diagnostic

Le diagnostic de la grippe, comme celui du rhume, se base sur les symptômes, on dit que le diagnostic est purement clinique et ne nécessite pas des examens complémentaires.

En revanche, dans certains cas particuliers, notamment lorsque la maladie est grave, se présente sous une forme inhabituelle ou survient en dehors de la saison grippale, le diagnostic doit parfois être confirmé par la détection, dans des prélèvements des sécrétions de la gorge et du nez, du virus ou de son ADN (techniques PCR) ou encore de certains antigènes viraux. Il existe des tests de détection des virus Influenza A et B avec lesquels les résultats sont obtenus rapidement (30 minutes à une heure).

Si le médecin soupçonne la présence d’une complication devant des signes respiratoires comme une "pneumonie", il peut mesurer le taux d’oxygène dans le sang à l'aide d'un oxymètre de pouls, prescrire des examens de sang et demander une radiographie pulmonaire.

 

 

Situations à haut risque

Chaque année, les épidémies de grippe peuvent toucher tous les groupes d’âge, mais le plus haut risque de complications concerne surtout :

  • les personnes atteintes de maladies pulmonaires chroniques : pneumopathies chroniques "BPCO", asthmeemphysème...
  • les individus présentant certaines affections chroniques : diabète, hypertension artérielle, insuffisance rénale, insuffisance cardiaque, cardiopathies...
  • les personnes en situation de déficit immunitaire : VIH/sida, cancer...
  • les femmes enceintes.
  • les nourrissons et les enfants de moins de 6 ans.
  • le personnel de santé.
  • les personnes âgées.
  • les personnes sédentaires ou obèses.

 

 

Complications

Si la plupart des malades guérissent spontanément en une à deux semaines, le rhume et la grippe peuvent se compliquer : 

- Chez les patients asthmatiques, les infections à rhinovirus déclenchent souvent des crises d’asthme. Des infections bactériennes de l’oreille moyenne (otite moyenne) surtout chez les enfants, ou de sinusite notamment chez les fumeurs sont parfois observées à la suite d’un rhume. Elles s’expliquent par la congestion nasale, qui empêche le drainage normal et permet aux bactéries de croître dans les collections formées par les sécrétions non drainées.

- Les complications les plus rencontrées en cas de grippe sont les surinfections pulmonaires par des bactéries, comme la bronchite et la pneumonie. La pneumonie constitue la complication la plus fréquente de grippe, elle peut être d’origine virale, bactérienne, ou les deux. Au cours d’une pneumonie virale, le virus de la grippe peut lui-même se propager au niveau des poumons. Au cours d’une pneumonie bactérienne, des bactéries telles que les pneumocoques ou les staphylocoques attaquent les défenses affaiblies du patient. Dans les deux cas, le patient peut présenter une aggravation de la toux, des difficultés respiratoires, une fièvre persistante ou récurrente et, parfois, une expectoration sanglante ou purulente.

- La grippe peut égalemment entraîner la décompensation d’une maladie préexistante : BPCO, mucoviscidose, asthme, diabète,..etc. L’OMS relève chaque année de 3 à 5 millions de cas graves de grippe dans le monde, entraînant plus de 500 000 cas de décès. 

 

 

Traitement

1. Traitement du rhume :

La personne enrhumée doit rester confortablement au chaud, se reposer et faire un lavage régulier de son nez avec une solution saline isotonique. Elle doit essayer d’éviter la propagation de l’infection à d’autres personnes en restant chez elle. Plusieurs médicaments en vente libre peuvent aider à soulager les symptômes. Mais comme ils ne guérissent pas l’infection, qui habituellement disparaît en 3 à 7 jours sans traitement, leur utilisation doit être envisagée en fonction de l’état du patient. Différents types de médicaments sont utilisés :

  • les décongestionnants par inhalation ou par voie orale, qui aident à déboucher le nez.
  • les antihistaminiques qui peuvent aider à assécher l’écoulement nasal.
  • le paracétamol ou les anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), qui peuvent soulager la fièvre et la douleur (pas d'aspirine pour les enfants, car elle augmente le risque d’apparition du syndrome de Reye de mauvais pronostic) .
  • les sirops antitussifs (expectorants), qui peuvent faciliter la toux en fluidifiant les sécrétions.

Les antiviraux ne sont pas efficaces, et les antibiotiques n'ont aucun rôle dans le traitement du rhume sauf en cas d'une surinfection bactérienne comme la sinusite bactérienne.

 

2. Traitement de la grippe :

La grippe guérissant le plus souvent spontanément en à 3 semaines, son traitement consiste à soulager les symptômes. Il repose sur le repos, l’hydratation et des médicaments contre la fièvre, les douleurs et la toux. La fièvre et les douleurs peuvent être traitées avec du paracétamol ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS), tels que l’aspirine ou l’ibuprofène. À cause du risque de syndrome de Reye, les enfants et les adolescents ne doivent pas être traités par l’aspirine. Le paracétamol et l’ibuprofène peuvent être utilisés chez les enfants, si nécessaire, sans dépasser les doses de securité (pas d’ibuprofène à un bébé de moins de 6 mois).

- D’autres mesures identiques à celles qui ont été présentées pour le rhume, telles que les décongestionnants nasaux et les inhalations, peuvent soulager les symptômes. Des compléments alimentaires à base de vitamine C sont très souvent prescrits afin de fortifier le système immunitaire et de lutter contre la fatigue.

- En cas de forme grave, ou pour les personnes à risque de complications, le médecin peut prescrire un traitement spécifique à base d’antiviraux dans les deux premiers jours suivant l’apparition des symptômes. Il existe 2 classes d’antiviraux : 

  • les inhibiteurs de la neuraminidase grippale (oséltamivir, zanamivir, péramivir et laninamivir), ils sont le plus souvent efficaces.
  • les adamantanes ou inhibiteurs de la protéine M2 (amantadine et rémantadine), mais une résistance des virus à ces médicaments, limitant l’efficacité du traitement, a fréquemment été signalée.

- Les antibiotiques sont inutiles contre une maladie virale comme la grippe sauf en cas de preuve d'une surinfection bactérienne.

 

 

Prévention

Etant donné le mode de transmission des virus, on comprend qu'une bonne hygiène est la meilleure prévention contre le rhume et la grippe :

  • lavez-vous les mains fréquemment.
  • évitez de vous toucher les yeux, le nez et la bouche.
  • utilisez un papier-mouchoir quand vous toussez ou éternuez, et jetez-le immédiatement après.
  • nettoyez les surfaces dures avec un désinfectant.
  • tenez-vous à l'écart des personnes malades.
  • se faire vacciner régulièrement contre la grippe.

Certains changements dans vos habitudes peuvent aussi vous aider à vous remettre rapidement d'un rhume ou d'une grippe :

  • buvez beaucoup de liquides (6 à 8 verres par jour). Essayez de boire des liquides chauds comme du thé ou de la soupe pour soulager la congestion du nez et de la poitrine.
  • utilisez un humidificateur pour calmer la toux.
  • accordez-vous du repos, la fatigue peut prolonger les symptômes.
  • utilisez un vaporisateur ou des gouttes salines pour réduire la congestion nasale.
  • prenez des pastilles ou un collutoire pour soulager le mal de gorge, avec rinçage à l'eau salée.
  • cessez de fumer ou limitez le nombre de cigarettes, les fumeurs s'enrhument plus facilement et leurs symptômes durent plus longtemps.

 

Vaccination

Il n’existe pas de vaccin contre les virus qui causent le rhume, parce qu’ils sont trop nombreux et que la maladie est, habituellement, sans danger dans la plupart des cas.

Pour la grippe, il existe des vaccins et la vaccination est particulièrement importante pour les personnes à risque, et pour les personnes qui vivent avec des personnes à haut risque ou s’en occupent. La vaccination est recommandée pour les groupes suivants :

  • les femmes enceintes à n'importe quel stade de grossesse.
  • les enfants de 6 mois à 5 ans.
  • les personnes âgées ≥ 65 ans.
  • les personnes souffrant d’affections chroniques pulmonaires ou systémiques.
  • le personnel soignant.

- Il existe deux principaux types de vaccins antigrippaux :

  • les vaccins antigrippaux administrés par injection qui contiennent des virus inactivés (tués).
  • les vaccins inhalés sous forme de spray nasal, contiennent des virus vivants atténués (affaiblis).

Le vaccin injectable inactivé est le plus utilisé, il peut être administré à toutes les personnes âgées d’au moins 6 mois, y compris les femmes enceintes.

Ce vaccin inactivé est composé de 4 souches de virus, 2 souches de type A et 2 souches de type B. Il s'administre par voie intramusculaire ou sous-cutanée profonde. Le vaccin antigrippal inactivé n’est pas administré aux personnes qui ont des réactions allergiques sévères aux composants du vaccin.

Le vaccin à virus vivant pris par inhalation n’était pas recommandé pour les saisons de grippe 2016/2017 et 2017/2018, car il n’était pas aussi efficace que les vaccins inactivés. Cependant, le vaccin à virus vivant inhalé a été reformulé et est désormais recommandé de manière égale avec les vaccins inactivés. Certains spécialistes recommandent d’utiliser le vaccin inactivé pour les enfants jusqu’à ce que le nouveau vaccin à virus vivant soit davantage étudié.

Il est recommandé de se faire vacciner avant le début de la saison grippale. Les campagnes de vaccination contre la grippe ont généralement lieu en octobre et en novembre, avant que les virus ne commencent à circuler. L'immunité prend 1 à 3 semaines après l'injection, et la durée de protection du vaccin antigrippal est de l'ordre de 6 mois, avec un taux de protection de 30 à 60%

Chaque année, un nouveau vaccin est développé à partir des quatres souches les plus fréquentes de la précédente épidémie. Il est nécessaire de refaire le vaccin chaque année en raison de la modification du virus d'une année à l'autre.

La vaccination contre la grippe est bien tolérée. Elle peut provoquer quelques réactions peu sévères comme une inflammation au niveau du site d'injection, une douleur ou une rougeur. Un fébricule et des courbatures peuvent aussi survenir le lendemain, manifestations cédant en 2 jours au maximum. Les réactions allergiques sévères au vaccin antigrippal sont rares, cas sur 450 000 vaccinés. 

 

 

 

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