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Paludisme :  signes, complications, traitement, prévention

Paludisme

Le 01/11/2020

 

Sommaire

° Définition

° Parasites en cause

° Données épidémiologiques

° Modes de transmission

° Facteurs de risque

° Symptômes

° Diagnostic

° Complications

° Traitement

° Moyens de prévention

 

 

 

 

 

Définition

Le paludisme est la maladie infectieuse la plus fréquente, causée par des parasites du genre "Plasmodium". Elle se manifeste essentiellement par la fièvre et les troubles digestifs, et se transmet à l’homme par la piqûre d’un moustique femelle du genre "Anophèle" porteuse du parasite. Sans traitement, le paludisme peut être mortel.

 

 

Parasites en cause

Le Plasmodium appartient à la famille des protozoaires (parasites unicellulaires), et on en compte 5 espèces différentes :

  • Plasmodium falciparum : c’est le type le plus pathogène, il cause le paludisme grave et responsable de la plupart des cas de décès dans le monde. Il est trouvé principalement en Afrique et secondairement en Amérique Latine et en Asie.
  • Plasmodium malariae : présent en Afrique et en Asie.
  • Plasmodium vivax : présent en Asie et en Amérique latine.
  • Plasmodium ovale : localisé en Afrique de l’Ouest.
  • Plasmodium knowlesi : qui a causé ces dernières années quelques cas de paludisme en Asie de l’Est.

Contrairement au P. falciparum, ces 4 dernières espèces causent des formes bégnines de paludisme.

 

 

Données épidémiologiques

Le paludisme touche chaque année plus de 200 millions de personnes dans le monde, il touche une centaine de pays dans le monde, particulièrement les zones tropicales défavorisées d’Afrique, d’Asie et d’Amérique Latine. 80% des cas de paludisme sont enregistrés en Afrique, et 17% des cas entre l’Amérique du sud et l’Asie. En Europe et en Australie, seulement quelques cas sont enregistrés, ce sont des personnes qui retournent à leurs pays après séjour dans une zone d’endémie (surtout en Afrique).

 

Zones de malaria

 

Modes de transmission

Le paludisme se transmet à l’homme par piqure d’un moustique "Anophèle femelle", elle-même infectée après avoir piqué une personne malade, elle injecte les parasites dans le sang, puis ils arrivent au foie où ils vont séjourner pour compléter le cycle de maturation durant plusieurs jours, jusqu’à plusieurs mois. Dès que les parasites deviennent matures, ils repassent à la circulation et attaquent les globules rouges, ce qui déclenche les symptômes de la maladie.

Le paludisme peut rarement se transmettre par une transfusion sanguine où être piqué par une seringue contaminée par le sang d’un malade. Une femme infectée peut transporter le parasite à son fœtus par voie placentaire.

 

 

Facteurs de risque

Les personnes qui résident dans des régions où les parasites sont présents, comme les pays pauvres d’Afrique, d’Asie et d’Amérique latine, sont très exposées au risque du paludisme. Il est déconseillé de voyager en zone d’endémie où le P. falciparum (le plus grave) est présent sans traitement préventif surtout pour les personnes immunodéprimées ayant des maladies chroniques.

 

 

Symptômes

Le paludisme débute par une forte fièvre "40°C" 7 à 21 jours après la piqure, c’est la primo-invasion qui s’accompagne de maux de tête, de courbatures et de troubles digestifs (nausées, diarrhée). Des signes de gravité peuvent être présents à ce stade : troubles de conscience, ictère franc (coloration jaune de la peau et des muqueuses), hémorragie avec anémie.

La primo-invasion est suivie par des accès palustres ; ce sont des cycles typiques alternants qui peuvent survenir quelques jours à plusieurs mois après la primo-invasion et évoluent en 3 phases successives : frissons intenses, pics fébriles (40-41 °C) et sueurs abondantes. Chaque accès dure environ 6 heures. Ces accès se répètent sur un rythme tierce: 1er, 3ème, 5ème, 7ème  jours pour le P. falciparum, le P. vivax, et le P. oval et un rythme quarte: 1er, 4ème, 7ème  jours pour P. malariae.

L'accès pernicieux (neuropaludisme) est une atteinte cérébrale du au Plasmodium falciparum. Il se manifeste par une fièvre très élevée (41-42 °C) avec des troubles neurologiques (encéphalite, convulsions, coma). Non traité, l’accès pernicieux est mortel du 1er au 3ème jour.

 

 

Diagnostic

La notion du retour d’un voyage en zone d’endémie et les accès rythmés sont des éléments essentiels qui orientent vers le diagnostic du paludisme mais le diagnostic de certitude est basée sur le frottis sanguin et la goutte épaisse. Ce sont des examens microscopiques rapides qui permettent d’identifier le parasite, un échantillon de sang est étalé sur une lame puis coloré et examiné. D’autres examens se font régulièrement pour suivre l’évolution de l’infection, surtout en cas d’accès pernicieux :

  • Bilan sanguin : le plus souvent, on trouve une anémie modérée ou une thrombopénie (diminution du nombre de plaquettes dans le sang).
  • Parasitémie : qui mesure le taux du parasite dans le sang (> 4% en cas d’accès pernicieux).
  • Mesure de glycémie : parfois hypoglycémie en cas d’accès pernicieux.
  • Bilans rénal et hépatique : perturbés au début puis ils se normalisent.

 

 

Complications

Le P. falciparum, responsable de l’accès pernicieux, cause des complications sévères, et qui peuvent évoluer vers le décès en l’absence du traitement dans les 48 heures qui suivent le début des symptômes. Parmi ces complications, on trouve :

  • Encéphalite aigue, souvent intolérable et mortelle.
  • Troubles neurologiques à type de convulsions ou de coma.
  • Anémie sévère suite à la destruction des globules rouges par les parasites.
  • Hémorragies par thrombopénie.
  • Insuffisance rénale aigue.

 

 

Traitement

Le traitement se fait par des médicaments antiparasitaires appelés les antipaludéens, et on en compte une dizaine, les plus utilisés sont l’Artésunate, la Chloroquine, la Doxycycline, l’Halofantrine, la Mefloquine et la Quinine.

En cas de paludisme grave à P.falciparum (neuropaludisme), l’Artésunate ou la Quinine sont les médicaments les plus efficaces. En cas de souches résistances (Asie du Sud-Est, l’Amazonie), ils sont utilisés ensemble, Le malade doit être hospitalisé et la durée du traitement est de 7 jours.

Ces dernières années, il est recommandé de traiter le paludisme à P. falciparum avec des combinaisons thérapeutiques à base d’artémisinine ACT (Arthéméther et Luméfantrine) pour éradiquer les souches résistantes à l’Artésunate et accélérer la guérison.

La Chloroquine est utilisée pour les formes bénignes à P.vivax, P.ovale ou P.malariae pour une durée de 05 jours. En cas de résistance à la Chloroquine, la Mefloquine peut être utilisée.

Des résistances aux antipaludéens ont augmenté au fil du temps à cause des mutations génétiques des parasites, ce qui explique l’existence de plusieurs types de médicaments antipaludéens.

 

 

Moyens de prévention

Des conseils simples peuvent être très utiles contre le paludisme :

  • Utiliser des répulsifs sur la peau ou les vêtements et des insecticides à diffusion continue. 
  • Utiliser des moustiquaires aux fenêtres.
  • Éviter de sortir après le coucher du soleil.
  • Porter de vêtements à manches longues et des pantalons le soir.
  • En cas de voyage en zone d’endémie, il est recommandé de prendre un traitement préventif "chimioprophylaxie" comme la Chloroquine ou la Doxycycline. Le médecin choisit le médicament adéquat selon la zone à visiter (le parasite dominant et les résistances aux antipaludéens) et le profil du voyageur.
  • Pour la femme enceinte, le voyage est fortement déconseillé même avec traitement préventif.

Il existe un nouveau vaccin "RTS,S/AS01" contre le paludisme causé par le P.falciparum. Ce vaccin permet de prévenir 30 % des formes graves et mortelles du paludisme chez les enfants.

 

 

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