MALADIES

Maux de tete

Céphalées / Maux de tête

01/12/2022

 

Sommaire

° Définition

° Types et Causes

° Diagnostic

° Quand consulter ?

° Traitement

° Plantes

 

 

 

Définition

Les maux de tête, ou céphalées, sont des douleurs fréquentes ressenties au niveau du crâne. C'est un symtôme fréquent chez l'adulte, voire même chez l'enfant et l'adolescent ; on estime en général que près de la moitié de la population adulte a eu au moins une fois une céphalée au cours de l’année écoulée. Il s'agit le plus souvent de céphalées de tension ou de migraines, sans gravité mais gênantes. Plus rarement, une autre maladie est en cause.

 

 

 

Types et Causes

Il existe plusieurs types de maux de tête qui se distinguent selon :

  • Le mode de survenue : le mal de tête peut apparaître brutalement ou s'installer progressivement.
  • La localisation : la douleur se répand parfois dans toute la tête ou reste localisée (la moitié de la tête, le front, l'occipit...).
  • L'intensité : le mal de tête est parfois ressenti comme une simple gêne ou comme une douleur intense, empêchant les activités habituelles. Cette douleur peut être continue (constante) ou pulsatile (battante).
  • La circonstance de survenue : certains facteurs peuvent déclencher un mal de tête : stress, pollution, prise de certains médicaments, problème dentaire, consommation excessive d'alcool, l'effort, l’excès ou l’arrêt brusque d’une consommation de café, le port de lunettes mal adaptées, le bruit, le froid, etc.
  • La durée : les céphalées aiguës apparaissent et disparaissent rapidement ; les céphalées chroniques s'installent, en général, plus lentement et progressivement. Elles peuvent durer des semaines ou des mois.
  • La céphalée peut être accompagnée par d'autres signes : fièvrenausées et vomissements, perte de sensibilité, troubles visuels, etc.

 

Les causes des maux de tête sont variées, le plus souvent bénignes. Les céphalées peuvent être primaires ou secondaires :

1. Céphalée primaire :

C'est une céphalée survenant sans aucun lien avec une autre pathologie, une anomalie ou un traumatisme identifiable. Elle correspond à une pathologie en elle-même. Ces céphalées primaires sans lésion sous-jacente sont de loin les plus fréquentes, elles représentent plus de 65% des cas. 

1.1 Céphalées de tension :

Elles se manifestent surtout au niveau du front et de la nuque. Ce sont des douleurs perçues comme une pression ou un serrement exercé sur ces parties de la tête avec des difficultés de concentration et une sensation de tête lourde. La douleur peut augmenter de manière progressive ou apparaître brusquement. La céphalée de tension chez l'adulte est peu intense et survient plutôt en fin de journée. Elle est souvent liée au stress, à la fatigue, à une tension psychologique, et associée parfois à de véritables crises migraineuses.

Les céphalées de tension n’ont aucun rapport avec l’hypertension artérielle, et ne sont pas accompagnées de nausées et/ou de vomissements.

 

1.2 Algie vasculaire de la face :

Elle est caractérisée par des douleurs sévères, d'un seul côté, au niveau de l'œil, du front ou de la tempe, évoluant par crises d'une durée de 15 minutes à 3 heures. Du même côté, l'œil est rouge larmoyant, la paupière est enflée et tombante, et le nez peut également être congestionné et couler. L’algie vasculaire de la face est peu fréquente avec une forte prédominance masculine.

 

1.3 Migraine :

Article détaillé : Migraine

 

 

2. Céphalées secondaires :

Les céphalées secondaires se distinguent par leur mode d'installation, aigu ou progressif, leur caractère brutal, ou par leur différence par rapport aux céphalées habituelles connues du patient. Les causes sont multiples, voici les plus fréquentes :

  • Maladie de Horton :

C'est une inflammation chronique de la paroi des grosses artères, et en particulier les artères du crâne (artères temporales), survenant chez les personnes âgées. Elle se traduit par des maux de tête surtout nocturnes et matinaux, une sensibilité anormale du cuir chevelu, une fatigue et des signes biologiques d'inflammation.

Maladie de Horton (artère temporale)

 

  • Céphalées par abus d’antalgiques :

Il s'agit de la consommation excessive de médicaments à visée antalgique comme le paracétamol ou les AINS. Cet abus médicamenteux peut aboutir à la survenue d'une céphalée chronique quotidienne.

 

Lorsque l'HTA est mal contrôlée, des céphalées peuvent être présents, accompagnés souvent de vertiges et/ou des acouphènes.

 

  • Maladies des yeux :

Le glaucome dû à une hypertension intra-oculaire peut être responsable de maux de tête, surtout autour de l'œil ainsi que de troubles de la vision non corrigés (myopie, astigmatisme...).

 

  • Maladies infectieuses

De nombreuses infections, surtout celles de la sphère ORL, s'accompagnent de maux de tête comme la grippe, la sinusite, l'angine ou encore les otites. La méningite se manifeste également chez l'adulte par des maux de tête intenses, une raideur de la nuque et une photophobie.

 

  • Arthrose cervicale

Les personnes qui souffrent d’arthrose des vertèbres cervicales ressentent souvent des maux de tête à l’arrière du crâne (l'occipit et la nuque).

 

  • Prise importante d'alcool :

Ces maux de tête surviennent au réveil et sont dus à la déshydratation par élimination excessive d'eau, la toxicité de certains composants de l'alcool et à la perturbation du cycle su sommeil survenant lors d'une consommation importante d'alcool.

 

  • Grossesse : 

Les variations hormonales au début de la grossesse augmentent la fréquence des maux de tête chez les femmes enceintes.

 

  • Pathologies cérébrales :

La survenue brutale ou inhabituelle d'un mal de tête peut être le témoin d'une pathologie cérébrale qui constitue une situation d'urgence : accident vasculaire cérébral "AVC", méningite, hypertension intracrânienne, tumeur cérébrale, hématome cérébral survenant après un traumatisme crânien, thrombose d'une veine cérébrale, etc.

 

 

Diagnostic

Pour effectuer un diagnostic précis des causes des céphalées, le médecin procédera à un interrogatoire détaillé, cherchant à caractériser le mode d'apparition, l'aspect intermittent ou continu, les facteurs aggravants ou améliorants, les caractéristiques des douleurs ressenties, leur intensité, les signes associés, etc. Dans certains cas et si les céphalées sont secondaires, l'examen clinique pourrait être complété au besoin d'examens selon l'orientation diagnostique :

  • Bilans sanguin et inflammatoire : maladie de Horton.
  • Examen ophtalmologique si suspicion de troubles oculaires, troubles de réfraction par exemple.
  • Consultation chez un chirurgien dentiste en cas de problèmes dentaires.
  • Exploration ORL (examen de la gorge, radiographie des sinus...) : en cas d'infection de la sphère ORL.
  • Ponction lombaire en cas de méningite.
  • Imagerie cérébrale IRM ou TDM : en cas de suspicion d'un AVC, d'une tumeur cérébrale, d'un hématome, d'une thrombose d'une veine cérébrale, etc.

 

 

Quand consulter ?

Les maux de tête peuvent être révélateurs de maladies ou de problèmes nécessitant un diagnostic médical urgent : poussée d’hypertension artérielleAVC, méningite, hématome cérébral, glaucome, etc. D’autres problèmes moins urgents nécessitent néanmoins une consultation : une sinusite, par exemple. Ces maladies s’accompagnent généralement d’autres signes révélateurs dont l’association avec la céphalée doit amener à consulter. Il est fortement conseillé de consulter son médecin si les maux de tête sont accompagnés des symptômes suivants : photophobie, vomissements, raideur de la nuque, fièvretroubles du comportement, troubles visuels, paresthésie des membres, tremblementsagitation importante, confusion, convulsions...

Des maux de tête soudains, inhabituels, intenses, persistants (plus de 48 heures), ou qui surviennent après un accident ou un traumatisme crânien, justifient toujours un avis médical.

 

 

Traitement

Le traitement des maux de tête primaires repose sur la prise de médicaments contre la douleur (paracétamol, AINS) seuls ou en association. Le paracétamol est largement utilisé, il peut être consommé même pendant la grossesse ou l’allaitement. Par ailleurs, il faut respecter certaines consignes car il peut être toxique pour le foie (hépatite) :

  • Dose maximale par prise : 1 g par prise.
  • Intervalle entre les prises : 4 à 6 heures.
  • Dose maximale par jour : ne pas dépasser 4 g par jour.

Les AINS ou anti-inflammatoires non stéroïdiens (aspirine, ibuprofène, kétoprofène...) sont plus efficaces en cas de migraine mais ils doivent être utilisés avec prudence et sur une courte période (3 à 5 jours). Il faut toujours prendre un avis médical avant de les utiliser à cause de leurs nombreux effets secondaires et contre-indications : ulcère de l’estomac, allergie, varicelle, grossesse à partir du 6ème mois, allaitement, asthme, insuffisance rénale chronique, insuffisance hépatique, etc.

En cas de maux de tête secondaires, et en en plus des médicaments antalgiques, le traitement de la cause est nécessaire. Par exemple, des antibiotiques en cas d'infection ORL bactérienne, des corticoïdes en cas de maladie de Horton, des lunettes de correction en cas de troubles de réfraction, bien contrôler une HTA, corriger des problèmes dentaires et ainsi de suite.

En cas de situation d'urgence (AVC, hématome, hémorragie cérébrale, etc), l'hospitalisation avec prise en charge spécialisée s'impose pour sauver la vie du patient.

Les médicaments ne sont pas le seul traitement possible en cas de céphalée. Il est possible de soulager un mal de tête sans médicament. En revanche, il faut également prendre en compte la nature de la céphalée pour savoir quel traitement prendre. Voici quelques conseils pour soulager un mal de tête naturellement : s'allonger dans un endroit calme, éviter l'exposition à la lumière, boire de l’eau car la déshydratation accentue le mal de tête, masser les tempes et poser une compresse imbibée d’eau froide sur la tête.

 

 

Plantes

Plusieurs plantes sont fréquemment utilisées pour soulager les maux de tête :

  • Les plantes riches en caféine : la caféine contenue dans le café et le thé est fréquemment conseillée par les médecins aux personnes qui souffrent de migraine. Prise dès les premiers symptômes, une tasse de café peut limiter l’intensité des maux de tête. Mais attention, un abus de café peut provoquer des palpitations et des insomnies.

 

  • L'écorce de saule blanc possède des vertus antalgiques et efficaces contre tous types de douleurs. Elle est ainsi utilisée pour soulager les maux de tête ainsi que les crises de migraine. Le saule blanc contient de l'acide salicylique, molécule utilisée à l'origine pour fabriquer l'aspirine. En infusion, faites bouillir 2 à 3 g d'écorce dans une tasse d'eau. La reine-des-prés (ou spirée) est parfois utilisée parce qu’elle contient des substances similaires à celles du saule blanc.

 

écorce de saule blanc

 

  • La tisane de grande camomille, dont les fleurs ressemblent à des marguerites, est connue pour son efficacité dans le traitement préventif de la migraine. La parthénolide qu'elle contient aurait des vertus anti-inflammatoires.

 

Tisane de grande camomille

 

  • L’application d’huile essentielle de menthe poivrée sur les tempes est parfois recommandée pour soulager les maux de tête.

 

Huile essentielle de menthe poivrée

 

 

 

Colopathie fonctionnelle

Colopathie fonctionnelle

24/11/2022

 

Sommaire

° Définition

° Causes

° Symptômes

° Diagnostic

° Evolution

° Traitement

 

 

 

Définition

La colopathie fonctionnelle, aussi appelée syndrome de l'intestin irritable (SII) ou colopathie spasmodique, est un trouble fonctionnel chronique des intestins (de l'intestin grêle et du côlon) qui se manifeste par des douleurs abdominales, un trouble du transit (constipation et/ou diarrhée) et des ballonnements avec une sensation d'inconfort. Elle est généralemment sans gravité, mais elle peut être très gênante. Ce trouble est très fréquent et il touche plus de 10% de la population adulte. Les femmes sont deux fois plus touchées que les hommes par le syndrome de l'intestin irritable.

 

 

 

Causes

Les causes de la colopathie fonctionnelle sont encore mal connues. Mais, il existe plusieurs facteurs qui peuvent expliquer les symptômes :

1. Trouble de la motricité intestinale : 

La motricité se définit comme des mouvements automatiques de contraction que les muscles intestinaux effectuent pour faire avancer le bol alimentaire dans le tube digestif. Si la motricité est trop élevée, ou au contraire trop lente, des troubles du transit et des douleurs peuvent apparaître.

 

2. Hypersensibilité des intestins

Il est également probable que les personnes atteintes du syndrome de l’intestin irritable aient une sensibilité excessive au niveau des intestins. Elles ressentent donc les phénomènes normaux de digestion, dont la dilatation liée aux gaz ou les contractions normales comme des spasmes intestinaux (contractions douloureuses). Une autre théorie de l’intestin poreux qui décrit une augmentation de la perméabilité intestinale (chez 50% des malades), permettant le passage de fragments bactériens qui provoquerait des réactions inflammatoires minimes et rendrait ainsi l’intestin hypersensible.

 

3. Flore intestinale déséquilibrée

La flore ou le microbiote est l’ensemble des micro-organismes (bactéries, virus, parasites et champignons non pathogènes) qui vivent dans un environnement spécifique (peau, bouche, vagin, poumons, intestin, etc.). Le microbiote digestif est le plus peuplé d’entre eux. Il est principalement localisé dans l’intestin grêle et le côlon et il est présent entre la lumière du tube digestif et le mucus intestinal qui recouvre sa paroi intérieure. Il a un rôle important dans la digestion (assimilation des nutriments, fermentation, synthèse de vitamines et d'acides aminés, absorption des acides gras, etc.), mais aussi dans les fonctions  métaboliques, immunitaires, etc. Des anomalies du microbiote intestinal majorent la production de gaz digestifs et perturbent la digestion, ce qui favorise l'apparition d'une colopathie fonctionnelle.

 

4. Stress et facteurs psychosociaux :

L’anxiété, l'angoisse, le surmenage ou une exposition régulière à des événements stressants, d’authentiques syndromes axio-dépressifs, une histoire d’évènement de vie douloureux (divorce, deuil, abus sexuel...) peuvent déclencher le syndrome et/ou accentuer les symptômes.

 

5. Alimentation :

Chez certaines personnes, des repas riches en calories ou un régime riche en graisses peuvent constituer un facteur déclenchant.

Chez d’autres, le blé, les produits laitiers, les haricots, le chocolat, le café, le thé, certains édulcorants artificiels, certains légumes (asperge, brocoli) ou les fruits à noyau (abricot) semblent aggraver les symptômes. Ces aliments contiennent des glucides qui sont mal assimilés par l’intestin grêle. Les glucides sont fermentés par les bactéries de l’intestin, ce qui provoque des flatulences, des ballonnements et des crampes. Étant donné que de nombreux produits alimentaires contiennent plusieurs ingrédients, il peut être difficile d’identifier le déclencheur spécifique.

Le fait de manger trop rapidement ou après une période de jeûne trop prolongée peut également provoquer une crise.

 

6. Autres causes :

  • Déséquilibre hormonal surtout chez les femmes. 
  • Gastro-entérite : elle peut déclencher un syndrome de côlon irritable par accélération de la motricité des intestins.

 

 

Symptômes

Généralemment, la colopathie fonctionnelle associe 3 types de symptômes, la douleur abdominale, les ballonnements et les troubles du transit :

1. Douleur abdominale :

La douleur abdominale est le symptôme le plus fréquent, elle se caractérise par une sensation de spasme ou de crampe et se situe habituellement au niveau des fosses iliaques droite et gauche ou dans la région ombilicale. Elle survient, en général, après le repas ou au réveil, mais absente pendant la nuit. Elle peut durer de quelques heures à quelques jours, et elle est souvent soulagée par l'émission de selles ou de gaz.

 

2. Ballonnements abdominaux :

Les ballonnements abdominaux, ou flatulence, sont également fréquents et représentent une gêne qui rend pénible le port de vêtements serrés, en particulier après les repas. Au maximum, il s'agit d'une tension abdominale permanente difficilement supportable, avec distension du ventre due à une accumulation de gaz dans l'intestin. Le ballonnement peut s'accompagner d'une sensation de pesanteur et de bruits à l'intérieur du tube digestif dus aux déplacements des gaz et des liquides (borborygmes), et il peut être amélioré par l'émission de gaz ou de selles.

 

3. Troubles du transit intestinal :

Les troubles du transit intestinal se manifestent le plus souvent par une constipation dans 70% des cas. Toutefois, des diarrhées sont possibles caractérisées par l'émission de plusieurs selles liquides dans la journée, souvent le matin ou après un repas avec fréquemment un besoin urgent d'aller aux toilettes.

Une alternance diarrhée et constipation peut également apparaître. Ainsi selon le trouble du transit prédominant observé, on définit différentes formes de syndrome de l'intestin irritable : avec diarrhée prédominante, avec constipation prédominante ou avec alternance diarrhée-constipation.

 

- Des nausées, maux de tête, de la fatigue, une dépression, de l’anxiété, des courbatures musculaires, des problèmes de sommeil, et des difficultés pour se concentrer sont d’autres symptômes possibles.

 

 

Diagnostic

La plupart des personnes atteintes du SII paraissent en bonne santé. Les médecins basent le diagnostic de ce syndrome sur les caractéristiques des symptômes du patient. La douleur abdominale est sous forme de spasme ou de crampe, soulagée par l'émission de selles ou de gaz, et est associée à une modification de la consistance des selles (constipation et/ou diarrhée). Ces symptômes doivent être présents au moins 1 jour par semaine sur les 3 derniers mois.

L’examen clinique est normal, hormis un certain degré de douleur du gros intestin avec ballonnements (gonflement du ventre). Les médecins effectuent un toucher rectal, au cours duquel ils insèrent un doigt ganté dans le rectum du patient. Les femmes peuvent aussi faire également l’objet d’un examen pelvien.

Des examens complémentaires peuvent être également effectués (analyses de sang, échographie de l’abdomen, coloscopie...) pour diagnostiquer les maladies courantes susceptibles de provoquer des symptômes similaires comme des infections, une maladie cœliaque, une maladie de Crohn, des polypes et tumeurs de l'intestin, notamment si le patient présente d'autres signes comme des vomissements, une fièvre, une perte de poids, un saignement rectal ou si le patient a plus de 45 ansCes résultats sont généralement normaux chez les personnes souffrant de SII.

 

 

Evolution

La colopathie fonctionnelle n’est pas une maladie grave en soi, elle n’entraîne pas de complications à long terme et n’augmente pas le risque de souffrir d’autres maladies de l’intestin. Mais, elle peut altérer la qualité de vie des personnes atteintes. Chez les personnes qui souffrent de formes sévères de colopathie fonctionnelle, l’impact négatif de ce trouble sur la vie quotidienne peut perturber la vie sociale et professionnelle, voire être à l’origine de troubles dépressifs liés à l’isolement et à la diminution de la qualité de vie.

Les symptômes de colopathie fonctionnelle persistent, avec des périodes de crise et d'amélioration, voire d'accalmie. 

 

 

Traitement

Il n’existe pas de traitement spécifique du syndrome de l’intestin irritable. Sa prise en charge se base sur la diététique, les traitements symptomatiques et les techniques de psychothérapie et de relaxation :

1. Diététique :

Lorsqu’un diagnostic de syndrome de l’intestin irritable est posé, le médecin donne des conseils diététiques adaptés à son patient :

- Tenir un journal de son alimentation afin d’identifier les aliments qui contribuent à déclencher les symptômes de colopathie fonctionnelle. Le plus souvent, ces aliments font partie de la famille des légumes secs (pois, lentilles, haricots secs...) ou de celle des choux (chou vert, brocoli, choux de Bruxelles, chou kalé...). Certaines personnes sont particulièrement sensibles aux crudités, au pain, aux céréales complètes, voire aux aliments qui contiennent du lait ou du lactose, ou à ceux riches en matières grasses.

- Lutter contre la constipation en veillant à consommer des fibres facilement digestibles (légumes et fruits), en buvant suffisamment d’eau tout au long de la journée et en pratiquant une activité physique régulière.

- En cas de diarrhée, il est conseillé de limiter temporairement la consommation de fibres et de produits dérivés du lait, ainsi que celles des aliments et boissons contenant de la caféine (café, thé, chocolat, colas...). De plus, les sucreries contenant du sorbitol (édulcorant de synthèse) doivent être évitées en période de diarrhée.

- En cas de ballonnements, il est recommandé de réduire les crudités et les aliments favorisant la production de gaz intestinaux (lentilles, haricots blancs, légumes secs, farineux) et de limiter la consommation de boissons gazeuses et de chewing-gums.

- Lors de la prise des repas, il est important de prendre son temps pour manger et de bien mastiquer. Il est égalemment conseillé de manger à des horaires réguliers.

 

2. Médicaments :

En cas de crise de colopathie, certains médicaments peuvent être prescrits notamment :

  • Anti-spasmodiques : comme le phloroglucinol, pour atténuer les douleurs et contractions.
  • Anti-diarrhéiques : en cas de diarrhée.
  • Laxatifs : en cas de constipation.
  • Charbon actif : il peut parfois soulager les ballonnements ou les flatulences (gaz).
  • Probiotiques : des géllules contiennent de bonnes bactéries pour l'activité des intestins peuvent être administrés.
  • Tranquillisants/Antidépresseurs : le médecin peut prescrire un traitement tranquillisant prolongé ou de courte durée par des antidépresseurs chez les personnes dont la qualité de vie est fortement impactée par les symptômes du SII.

 

3. Techniques de relaxation :

Les personnes chez qui les poussées de colopathie fonctionnelle sont liées à un excès de stress peuvent bénéficier de séances de relaxation ou de psychothérapie destinées à leur apprendre à mieux gérer les situations à l’origine du stress. Des techniques alternatives comme l'hypnose, le yoga, la méditation ou la sophrologie sont très utilisées et donnent des résultats satisfaisants. La pratique régulière d’une activité physique peut également apporter un bénéfice, à la fois face au stress mais également pour réguler l’activité intestinale.

 

4. L’huile essentielle de menthe poivrée :

L’huile essentielle de menthe poivrée a des propriétés antispasmodiques, elle détend les muscles de l’intestin et du côlon, et diminue les douleurs. De plus, elle est anti-inflammatoire et améliore la digestion. Son usage est reconnu par l’Organisation mondiale de la santé. L'huile essentielle de menthe poivrée est efficace autour de 200 à 250 mg par jour, soit 2 gouttes diluées dans une cuillère à café d’huile végétale, 3 fois par jour pendant les repas. Encore mieux, des gélules ou capsules entérosolubles disponibles au niveau des pharmacies. À prendre 1 capsule 3 fois par jour pendant 2 à 4 jours, avec de l’eau et avant les repas en cas de spasmes douloureux. 

L’huile essentielle de menthe poivrée est efficace, mais à utiliser avec l’avis d’un spécialiste car, à forte dose, elle peut favoriser les brûlures d’estomac.

 

Gélules de menthe poivrée 200 mg

 

 

Hypothyroidie

Hypothyroïdie

29/10/2022

 

Sommaire

° Thyroïde

° Hypothyroïdie

° Personnes à risque

° Causes et types

° Symptômes

° Diagnostic

° Complications

° Traitement

° Grossesse et hypothyroïdie

° Prévention

 

 

 

Thyroïde

La thyroïde est une petite glande en forme de papillon ou de "H", constituée de deux lobes reliés par une partie centrale appelée "isthme". Elle est d’environ 5 cm de diamètre, située à la base du cou en avant de la trachée. Elle est placée sous la pomme d'Adam et n’est normalement pas palpable. La thyroïde sécrète des hormones thyroïdiennes :

  • Triiodothyronine "T3" : c'est la véritable hormone thyroïdienne active qui affecte pratiquement tous les processus physiologiques de l'organisme.
  • Thyroxine "T4" ou Tétraiodothyronine : hormone de réserve produite en plus grande quantité que la T3. À tout moment, la T4 peut être convertie en T3 et devenir active selon les besoins de l’organisme et la présence ou non de maladies.

Ces hormones affectent de nombreuses fonctions vitales de l’organisme, comme les fréquences cardiaque et respiratoire, la vitesse à laquelle les calories sont brûlées (métabolisme), l'oxygénation des tissus, l’intégrité de la peau, la croissance, la production de chaleur, la fertilité et la digestion. La thyroïde sécrète également la calcitonine, une hormone qui participe au maintien de la masse osseuse en favorisant la fixation du calcium dans les os.

L'iode est un élément indispensable à la fabrication des hormones thyroïdiennes. Il s'agit d'un oligo-élément, comme le fer ou le zinc.
Une dose minimale d’iode est nécessaire pour le bon fonctionnement de la thyroïde. Présent en très faible quantité dans le corps, il doit être fourni par l'alimentation quotidienne : sel iodé de cuisine, poissons, fruits de mer, etc. Une alimentation équilibrée garantit un apport suffisant d'iode pour que la thyroïde fonctionne correctement alors qu'une dose excessive peut entraîner un dysfonctionnement de cette glande.

La production d’hormones par la thyroïde est sous la dépendance de l’hypophyse, située à la base du cerveau. Cette glande produit la TSH (Thyroid Stimulating Hormone) qui régule la sécrétion des hormones thyroïdiennes. L’hypophyse est contrôlée par l’hypothalamus, petite structure du cerveau située au-dessus d’elle, qui libère la TRH (Thyrotropin Releasing Hormone) régulant la sécrétion de TSHCette régulation repose sur le principe du thermostat : une baisse des taux sanguins de T3/T4, comme c’est le cas lors d’une hypothyroïdie, entraîne une augmentation du taux sanguin de TSH afin de stimuler la thyroïde à produire plus de T3/T4. À l’inverse, un taux sanguin excessif de T3/T4 (hyperthyroïdie) provoque une chute du taux sanguin de TSH pour freiner l’activité de la thyroïde. Tout ce processus est appelé le feed-back ou le rétrocontrôle hormonal.

 

Régulation de la thyroïde

 

 

Hypothyroïdie

L'hypothyroïdie est une maladie métabolique fréquente due à un dérèglement de la glande thyroïde, ce qui entraîne une diminution de la production d'hormones thyroïdiennes, T3 ou T4. Elle est le plus souvent acquise, et elle touche 3 fois plus les femmes que les hommes.

 

 

Personnes à risque

Dans les pays industrialisés, les personnes les plus susceptibles d’être atteintes d’hypothyroïdie sont :

  • Femmes de plus de 60 ans : plus de 10% d’entre elles seraient touchées.
  • Femmes ayant accouché dans l’année : entre 5 et 8% d’entre elles seraient touchées de manière transitoire par une inflammation de la thyroïde, ou thyroïdite du post-partum, qui provoquerait une hypothyroïdie durable dans 20% des cas.
  • Personnes ayant des antécédents personnels ou familiaux de maladie de la thyroïde.
  • Personnes souffrant de maladies auto-immunes comme, par exemple, la polyarthrite rhumatoïde, la spondylarthrite, le psoriasis, etc.

 

 

Causes et types

La carence en iode est la première cause d’hypothyroïdie dans le monde. Dans les pays à niveau socio-économique élevé, où l’iode est suffisamment présent dans l’alimentation, les causes principales sont les maladies auto-immunes et les causes iatrogènes dues à des médicaments ou à un acte médical.

 

1. Hypothyroïdies auto-immunes :

Elles sont dues à une hyperactivité du système immunitaire. L’organisme produit des anticorps dirigés contre les cellules thyroïdiennes, ce qui provoque une diminution de la production d’hormones par la thyroïde :

a) Thyroïdite de Hashimoto

C'est l'hypothyroïdie auto-immune la plus fréquente. Le goitre est constant, diffus, de volume modéré et il est associé à la présence d’anticorps anti-TPO à des taux souvent très élevés. Dans ce contexte auto-immun s’associent parfois d’autres atteintes familiales ou personnelles : diabète de type 1, polyarthrite rhumatoïde, anémie de Biermervitiligo (taches dépigmentées cutanées), etc.

b) Thyroïdite atrophique

C'est la première cause des hypothyroïdies acquises de l’adulte. Elle survient électivement chez la femme après la ménopause, ou à distance des accouchements, mais n’épargne pas l’homme et l’enfant. Elle peut constituer l’évolution ultime d’une thyroïdite de Hashimoto passée initialement inaperçue. L’hypothyroïdie peut être de degré variable et les anticorps anti-TPO sont assez constamment retrouvés.

c) Thyroïdite du post-partum

La thyroïdite du post-partum est une thyroïdite silencieuse qui s'accompagne d'un goitre minime et indolore, et qui survient environ à 6 mois après l'accouchement. Il s'agit d'une thyroïdite auto-immune, et elle concerne à 15% des femmes accouchées. On décrit typiquement deux phases : une première phase d'hyperthyroïdie dans les à 6 mois qui suivent la grossesse. Cette phase est suivie d'une hypothyroïdie à 6 mois plus tard. Cette deuxième phase se caractérise généralement chez la femme par une dépression plus ou moins importante. Il existe un risque de récidive lors des grossesses ultérieures.

 

2. Hypothyroïdies iatrogènes :

Une hypothyroïdie peut apparaître dans les suites du traitement de différentes maladies thyroïdiennes, qu'il s'agisse de l'ablation complète ou même partielle de la thyroïde (thyroïdectomie), d'une irradiation de la thyroïde par iode radioactif ou d'un traitement médicamenteux, pour cancer de la thyroïde, hyperthyroïdie ou un nodule thyroïdien...Une hypothyroïdie peut égalemment survenir après ou au cours d’un traitement sans lien avec la thyroïde, ou après une radiothérapie pour un cancer du larynx ou un lymphome par exemple.

Certains médicaments peuvent réduire l’activité de la thyroïde. C’est le cas du lithium (traitement du trouble bipolaire), de l’interféron (traitement des hépatites virales) ou de l'amiodarone prescrit dans certains troubles du rythme cardiaques.

 

3. Hypothyroïdie congénitale :

L’hypothyroïdie congénitale est une forme d’hypothyroïdie propre aux nouveau-nés. Elle est le plus souvent due à une anomalie de la formation de la thyroïde pendant la grossesse, mais elle peut également être la conséquence d’un traitement de l’hyperthyroïdie chez la mère pendant la grossesse.
Un dépistage systématique de l’hypothyroïdie, 3 à 6 jours après la naissance permet de la diagnostiquer, quelques gouttes de sang sont prélevées au niveau du talon et permettent la mesure de la TSH.
L’hypothyroïdie congénitale peut occasionner un retard de croissance et un retard mental chez l’enfant. Elle est systématiquement traitée et son traitement doit faire l’objet d’un suivi très rigoureux pendant la petite enfance.

 

4. Thyroïdite de De Quervain :

Cette inflammation de la thyroïde est réactionnelle à une infection virale. Elle s’accompagne d’une phase initiale d’hyperthyroïdie, suivie d’une phase d’hypothyroïdie, puis elle guérit spontanément en 2 ou 3 mois.

 

5. Insuffisance hypothalamo-hypophysaire :

Dans ce cas, l’hypothyroïdie est due à une déficience en TRH ou TSH, le problème vient de l’hypophyse ou de l’hypothalamus. On parle alors d’hypothyroïdie centrale à TSH basse. L'hypothyroïdie centrale est dite secondaire lorsque le trouble est d'origine hypophysaire, et appelée tertiaire en cas de trouble hypothalamique.

Les causes incluent tous les processus pathologiques qui peuvent affecter l'hypophyse ou l'hypothalamus : tumeurs (adénomes hypophysaires), syndrome de Sheehan, hypopituitarisme idiopathique, maladies invasives (sarcoïdose, histiocytose..), etc. L'hypothyroïdie centrale est aussi fréquente chez les patients irradiés pour des tumeurs pituitaires, des tumeurs nasopharyngiennes, des tumeurs des sinus sphénoïdiens et éthmoïdiens, ou des tumeurs cérébrales.

 

 

Symptômes

Les symptômes de l’hypothyroïdie varient selon le degré du déficit en hormones thyroïdiennes. Quand l’hypothyroïdie n’entraîne pas de symptômes, on parle alors d’hypothyroïdie infraclinique ou "frustre" ou "asymptomatique". Cette forme d’hypothyroïdie est particulièrement observée chez les personnes âgées de plus de 60 ans et chez les enfants. Il est assez fréquent que l’hypothyroïdie soit modérée et ne produise pas de symptômes notables. Par ailleurs, de nombreux symptômes peuvent être observés, mais chaque patient n’en exprime que quelques uns. Lorsque des symptômes apparaissent, on observe :

  • Fatigue importante : elle peut être physique ou intellectuelle et entraîner des troubles de la mémoire et un ralentissement de la parole.
  • Prise de poids, malgré une perte de l’appétit. Elle est due au ralentissement du métabolisme.
  • Baisse de la fréquence cardiaque.
  • Frilosité : une sensation de froid due au ralentissement du métabolisme.
  • Problèmes musculaires tels que des crampes, des raideurs, des paresthésies ou encore des douleurs.
  • Constipation.
  • Hypercholestérolémie due à la diminution du métabolisme.
  • Dépression.
  • Peau sèche, rugueuse et pâle, avec raréfaction des poils.
  • Couleur jaunâtre de la peau due à la diminution du métabolisme du β-carotène en vitamine A. Le pigment s’accumule et jaunit la peau.
  • Chute de cheveux, des ongles cassants.
  • Voix rauque.
  • Formation d’œdèmes : les tissus cutanés se gorgent d’eau, donnant un aspect bouffi au niveau du visage.
  • Galactorrhée ou écoulement de lait par le mamelon en dehors de l’allaitement normal.
  • Perturbation du cycle menstruel.
  • Baisse de libido.
  • Goitre (gonflement à la base du cou), autrefois classiquement associé à l’hypothyroïdie, est devenu rare car il n’apparaît que tardivement en l’absence de traitement.

Les enfants qui souffrent d'hypothyroïdie présentent un retard de croissance et de développement mental, un sommeil excessif, une peau jaunâtre, de la constipation et, plus fréquemment que les adultes, un goitre.

 

 

Diagnostic

Le diagnostic de l’hypothyroïdie peut être réalisé par un médecin généraliste ou un endocrinologue. L’examen clinique, en plus des symptômes, comprend :

  • Palpation de la thyroïde : celle-ci étant normalement non palpable, le médecin peut vérifier s’il y a présence d’une grosseur anormale. Le goitre n’est cependant pas présent dans tous les cas d’hypothyroïdies.

 

  • Dosage de la TSH : celle-ci est anormalement élevée, et le taux de T4 est bas. Si le taux de TSH est anormal ou en cas de doute, il est contrôlé et le taux d’hormone thyroïdienne T4L (thyroxine libre) est mesuréEn cas d'hypothyroïdie par atteinte de la glande thyroïdienne, le taux de TSH est élevé et le taux de T4L est bas. Lorsque la cause de l'hypothyroïdie est une atteinte de l'hypophyse (5% des cas), la TSH est basse ou subnormale, et l'hormone T4L est basse.

 

  • Echographie thyroïdienne : l’échographie n’est pas demandée de manière systématique en cas d’hypothyroïdie. Le médecin prescrit une échographie de la thyroïde dans certaines situations : il perçoit à l'examen un nodule sur la thyroïde ou un ganglion cervical, il a des difficultés à palper le cou en raison d'un surpoids, de la présence d'une cicatrice au niveau du cou, la personne a des difficultés à avaler, à respirer, sa voix change (symptômes évoquant une compression des organes du cou par la thyroïde), des cas de cancer de la thyroïde dans sa famille, etc. L'échographie décrit la thyroïde dont l'aspect varie selon la cause de l'hypothyroïdie : goitre, atrophie, nodules...

 

  • Bilan complémentaire : il est adapté à chaque cas d'hypothyroïdie, permettant de rechercher la cause de l'hypothyroïdie (recherche d'anticorps anti-TPO ou anti-thyroperoxydase), d'évaluer le retentissement de l'hypothyroïdie sur les organes (bilan métabolique, recherche d'une anémie par prise de sang, ECG, échodoppler cardiaque...). Une IRM cérébrale est parfois utile si une cause hypophysaire (adénome) est suspectée.

- Il faut savoir que le dépistage de l’hypothyroïdie est systématiquement réalisé chez les nouveau-nés 3 à 6 jours après la naissance. Quelques gouttes de sang sont prélevées au niveau du talon et permettent la mesure de la TSH.

 

 

Complications

Chez les enfants, une hypothyroïdie non soignée entraîne un nanisme (petite taille) et un retard mental important.

Chez les adultes, un des principaux risques associés à l’hypothyroïdie est l’atteinte cardio-vasculaire. A long terme, elle peut induire une insuffisance cardiaque, une péricardite, anémie et des troubles du rythme cardiaque. L'hypothyroïdie favorise également la formation d'athérome, c'est une lésion sous forme de plaque au niveau de la paroi interne des artères provoquée par l'accumulation de graisses (hypercholestérolémie) et de dépôts calcaires. La rupture de cette plaque d'athérome peut entrainer une angine de poitrine si l'une des artères du cœur (artères coronaires) est touchée.

L’installation d’un syndrome dépressif est également un facteur à ne pas négliger. Un syndrome confusionnel chez les personnes âgées, des troubles de la vigilance avec somnolence diurne et des apnées du sommeil sont observés en l'absence de traitement de l'hypothyroïdie.

Le coma myxœdémateux constitue une autre conséquence inquiétante de l’hypothyroïdie non traitée. Heureusement, il s’agit d’une complication exceptionnelle. Le coma myxœdémateux se produit chez certaines personnes atteintes d'une hypothyroïdie grave qui sont exposées à une certaine forme de stress comme une infection, le froid extrême, un traumatisme ou l'utilisation des médicaments qui dépriment le système nerveux central comme les sédatifs. Ses caractéristiques comprennent un coma avec hypothermie extrême (température de 24 à 32,2° C), une aréflexie, des convulsions et une insuffisance respiratoire.

 

 

Traitement

L'hypothyroïdie est une maladie que l'on ne guérit pas, mais que l'on peut contrôler grâce à la prise d'hormones de substitution. L'objectif est de normaliser les taux d’hormones thyroïdiennes dans le sang afin d’améliorer les symptômes et de rétablir un métabolisme normal. L'hormone de synthèse la plus prescrite est la thyroxine (T4) sous forme de lévothyroxine sodique en comprimé, la prise du traitement est quotidienne, généralement le matin, et de préférence à distance des repas. Le traitement de l'hypothyroïdie est individualisé. Le choix de la dose initiale dépend des caractéristiques du patient, à savoir de son âge, de son poids, de l'état cardiaque et de la sévérité ainsi que de la durée de l'hypothyroïdie. Un suivi médical régulier est nécessaire pour dépister un surdosage du traitement d'hormones thyroïdiennes qui peut provoquer des symptômes d'hyperthyroïdie. Généralement, un dosage de la TSH est prescrit entre 6 et 8 semaines après le début du traitement, ou après tout changement de dose. Ensuite, la surveillance s'effectue à 6 mois puis une fois par an, par un examen clinique et un dosage de la TSH

 

 

Grossesse et hypothyroïdie

Le fonctionnement de la glande thyroïde reste normal pendant la grossesse, mais les besoins de l’organisme en iode sont plus importants à cause des besoins du fœtus. La glande thyroïde du bébé commence à fonctionner entre le 2ème et le 3ème mois de gestation. Les hormones thyroïdiennes ainsi produites jouent un rôle dans le développement de son cerveau. L’iode et les hormones thyroïdiennes de la maman qui passent à travers le placenta contribuent aussi de façon importante au fonctionnement de la thyroïde du fœtus. Pour cette raison, tout dérèglement de cet organe chez la mère doit être dépisté et traité.

Les troubles de la thyroïde touchent environ 5% des femmes enceintes, mais la plupart de ces affections sont détectées et traitées efficacement sans présenter de problèmes graves pour la femme ou son bébé. Certaines femmes sont systématiquement suivies sur le plan thyroïdien pendant leur grossesse :

  • Celles qui ont précédemment été traités pour une hypothyroïdie.
  • Celles qui ont des antécédents personnels ou familiaux de troubles de la thyroïde.
  • Celles qui souffrent d’une maladie auto-immune.

L’hypothyroïdie pendant la grossesse, si elle n’est pas traitée, peut avoir de graves conséquences pour la mère : augmentation du risque de fausse-couche, d’hypertension et de pré-éclampsie. Mais, aussi pour l’enfant avec un retard du développement psychomoteur. Chez les femmes enceintes atteintes d’hypothyroïdie, les taux sanguins de TSH et d’hormones thyroïdiennes doivent être surveillés très régulièrement, au moins tous les 2 mois.

Pendant la grossesse, le traitement de l’hypothyroïdie repose sur la prise d’hormones thyroïdiennes de synthèse (lévothyroxine). Cette prise de lévothyroxine est sans danger pour le fœtus et ne doit en aucun cas être interrompue sans avis médical. Lorsque la femme était déjà traitée avant la grossesse, ses besoins en lévothyroxine augmentent de 30 à 50% pendant la grossesse. Grâce aux dosages sanguins réguliers de la TSH, il est possible d’ajuster la posologie. La prise d’hormones thyroïdiennes est possible pendant l’allaitement, sous contrôle médical.

 

 

Prévention

Il n’existe pas de moyen de prévenir l’hypothyroïdie. Le diagnostic précoce permet d’éviter une aggravation de la maladie. L’alimentation joue toutefois un rôle important dans la bonne santé de la thyroïde. L’iode, le sélénium et le zinc sont indispensables pour produire les hormones thyroïdiennes. Ces nutriments peuvent être apportés par une alimentation saine et variée :

  • l’iode est apporté par les produits de la mer et le sel de table.
  • les huîtres, le thon et les noix du Brésil sont riches en sélénium.
  • les fruits de mer, le bœuf et le foie sont riches en zinc.

 

 

Douleurs musculaires

Douleurs musculaires "myalgies"

25/08/2022

 

Sommaire

° Définition

° Types

° Causes

° Description de la douleur

° Diagnostic

° Traitement

° Prévention

 

 

 

Définition

Les douleurs musculaires, ou myalgies, désignent une douleur concernant les muscles striés. Il s’agit des muscles de l‘appareil locomoteur, ceux qui nous permettent de nous déplacer, de réaliser des actions volontaires, par opposition aux muscles lisses qui interviennent par exemple dans la digestion, ou encore le muscle cardiaque qui fait spontanément battre notre cœur.

 

Types de muscles

 

Types

Les douleurs musculaires peuvent être de nombreuses natures :

  • Courbatures : qui sont de toutes petites lésions musculaires qui surviennent suite à un effort excessif sur des muscles insuffisamment préparés. A noter toutefois que dans des maladies infectieuses telles que la grippe, on est également victime de courbatures, mais elles s’accompagnent alors de fièvre et d’une fatigue.
  • Crampes : qui sont des contractures involontaires, ou spasmes, extrêmement fréquentes mais sans gravité.
  • Contractures : qui peuvent s’apparenter à des crampes, mais qui sont principalement un mécanisme de défense mis en place par l’organisme pour éviter l’aggravation d’un problème : les plus connus sont les lumbagos et les torticolis, dans lesquels le corps verrouille les articulations par le biais des muscles contractés afin de limiter les faux mouvements.
  • Elongations : qui correspondent à de petites déchirures des fibres musculaires provoquées par une sollicitation excessive d'un muscle en extension maximale (allongement des fibres musculaires au-delà de leur élasticité). 
  • Claquages : ce sont des déchirures musculaires partielles, incomplètes, comprises entre les élongations et les déchirures plus graves, et qui surviennent dans le cadre d’efforts musculaires intenses.
  • Déchirures musculaires ou ruptures : qui sont le stade ultime de la lésion musculaire, puisque dans ce cas le muscle est rompu.

 

Types des lésions musculaires

 

 

 

Causes

Généralement, la douleur musculaire fait suite à des efforts physiques au cours desquels les muscles sont largement sollicités, souvent sans entrainement ou échauffement préalable. Mais, il existe aussi plusieurs causes susceptibles d’expliquer les douleurs musculaires :

  • Mauvaises postures : faire une activité physique ou travailler (faire du ménage, chantier, bureau, etc) en mauvaises postures est susceptible de générer des tensions musculaires associées à des douleurs.
  • Traumatismes et blessures : les douleurs musculaires peuvent être favorisées par une blessure ou un traumatisme comme un choc, un coup ou une chute, le plus souvent à cause des déchirures musculaires.
  • Déshydratation : le manque d’hydratation tout au long de la pratique d'une activité physique (avant, pendant et après) est un facteur qui favorise la survenue des douleurs musculaires, la déshydratation fragilise les muscles qui sont alors plus exposés aux risques de microlésions des fibres musculaires.
  • Infections : une infection virale ou bactérienne, telle que la grippe, les hépatites ou le tétanos, peut aussi entraîner des douleurs musculaires suite à la sécrétion de substances inflammatoires comme les cytokines.
  • Stress : c'est une autre cause fréquente de douleur musculaire, car, sous pression, le corps produit des hormones rendant les muscles tendus et plus sensibles à la douleur.
  • Changement brusque de température : c'est un déclencheur fréquent des douleurs musculaires, les fibres musculaires subissent un choc thermique brutal (du froid au chaud et vice-versa), il en résulte des contractures (spasmes) et des douleurs musculaires parfois violentes. 
  • Carence nutritionnelle : les personnes qui ont des carences importantes en potassium, calcium et magnésium sont davantage exposées aux douleurs musculaires que les autres, car ces minéraux participent au bon fonctionnement du système musculaire.
  • Déséquilibre acido-basique (acidose) : c’est-à-dire un excès d’acidité dans le corps de causes multiples, l'acidose peut se manifester par des douleurs musculaires généralisées.
  • Certains médicaments : qui peuvent également provoquer des myalgies comme les statines, médicaments pour baisser le taux du cholestérol dans le sang.
  • Certaines maladies auto-immunes : polyarthrite rhumatoïde, lupus érythémateux disséminé...
  • Myopathies congénitales : ce sont des affections musculaires ou neuromusculaires d’origine génétique, et qui touchent surtout les enfants.
  • Rhabdomyosarcome : c'est un type de cancer très rare qui affecte les muscles et provoque une lyse des cellules musculaires (rhabdomyolyse).

 

 

Description de la douleur

Chaque type de douleurs musculaires peut se manifester par des signes spécifiques :

  • Les courbatures occasionnent des douleurs diffuses d’intensité moyenne, et qui augmentent lorsqu’on sollicite les muscles concernés. Elles font leur apparition dans les 12 à 48 heures qui suivent un effort physique inapproprié. 
  • Les crampes se traduisent par une douleur d’apparition brutale accompagnée d’un durcissement des muscles, et qui persiste entre quelques secondes et une quinzaine de minutes avant de disparaître spontanément. Contrairement aux crampes, les contractures durent beaucoup plus longtemps (entre 5 et 10 jours) et ne cèdent pas spontanément. Les contractures les plus fréquentes se retrouvent au niveau du mollet, des cuisses, des fesses et du cou.
  • Les élongations se traduisent par une douleur brutale et très localisée. Toutefois, il s’agit d’une lésion sans gravité, ce qui explique que la personne puisse poursuivre son activité et que la douleur s’atténue au repos.
  • Le claquage musculaire provoque une douleur intense, brutale et instantanée. Elle impose un arrêt immédiat de l’activité. La douleur est très localisée, ce sont souvent les muscles du mollet et de la cuisse qui sont concernés, mais elle va rapidement s’étendre à l’ensemble du muscle, entraînant un hématome, un œdème et même une déformation du muscle. La douleur à la palpation est extrême.
  • La déchirure musculaire concerne souvent les muscles situés à l’arrière de la cuisse (ischio-jambiers), et la douleur ressentie, extrêmement violente, évoque un coup de poignard. Elle apparaît de façon brutale, accompagnée d’un œdème, d’un hématome et de la rétraction du muscle lésé. Parfois, on éprouve une sensation de claquement audible.

Les douleurs musculaires accompagnant des syndromes infectieux ou d’autres pathologies sont particulières à chaque type de maladie. De manière générale, en cas d’infection virale, comme la grippe, les douleurs se présentent sous forme de courbatures et s’accompagnent de fièvre et d’une asthénie.

 

 

Diagnostic

Toute douleur musculaire d’apparition brutale ou persistante doit amener à consulter un médecin. De même, la présence de fièvre doit vous pousser à prendre rendez-vous. Cela est essentiel pour déterminer la cause de la douleur et mettre en place le traitement adapté. En cas de douleur survenant suite à un effort musculaire intense et dont l’origine est évidente, il faudra néanmoins déterminer la gravité de la lésion. Dans les cas où aucune cause n’est retrouvée, l’investigation médicale sera déterminante, car elle seule pourra amener à déceler une maladie sous-jacente qui peut parfois être grave : pathologie neurologique, auto-immune (fibromyalgie par exemple), ou plus communément infectieuse.

Le diagnostic des douleurs musculaires repose sur l’interrogatoire du patient concernant les conditions dans lesquelles est survenue la douleur, son intensité, la durée, les mouvements qui l’augmentent ou la diminuent. Le médecin procède ensuite à un examen clinique. En fonction des résultats de cet examen, le médecin peut être amené à prescrire des analyses de sang, une biopsie musculaire ou un EMG "électromyogramme". Dans certains cas, une IRM (imagerie par résonance magnétique) peut même être indiquée. Ces différents examens visent essentiellement à distinguer les causes des douleurs musculaires plus qu’à les diagnostiquer à proprement parler.

 

 

Traitement

Le traitement des douleurs musculaires doit tenir compte de la cause. Classiquement, on aura recours aux antalgiques, tels que le paracétamol, et aux anti-inflammatoires comme l’ibuprofène, qui sont destinés à soulager la douleur, mais qui ne traitent pas la cause. Le médecin peut également être amené à vous prescrire des myorelaxants qui détendent les muscles en cas de spasmes musculaires.

Se tourner vers des thérapeutes tels que les ostéopathes, étiopathes ou chiropraticiens peut être une bonne solution en cas de torticolis ou de lumbago notamment. De plus, les ostéopathes seront à même de traiter la plupart des douleurs musculaires chroniques (tendinites, crampes à répétition, contractures…).

D’une manière générale, lorsqu’une douleur musculaire est due à une lésion musculaire (élongation, claquage ou déchirure musculaire), on peut appliquer le protocole GREC ou RICE en anglais:

  • Glace : on place une poche de glace sur la zone blessée en interposant un linge entre les deux, si possible une dizaine de minutes toutes les deux heures pendant 2 à 3 jours, évitez l’application de chaleur sur une zone inflammatoire.
  • Repos : on cesse toute activité pendant au moins 72 heures.
  • Elévation : on surélève légèrement la zone léseé par apport au niveau du coeur.
  • Compression : on bande la zone pour empêcher l’extension de l’hématome.

 

Protocole GREC

 

Suite à un traumatisme violent, il est essentiel de protéger la zone pour éviter d’autres accidents, faire en sorte d’immobiliser la zone touchée (dans l’idéal avec une attelle ou un appareil orthopédique) est conseillé en attendant la venue des secours. La kinésithérapie est également indiquée suite à une lésion musculaire. En effet, des exercices de rééducation ou encore des massages ou du drainage aideront à récupérer plus rapidement. Le thérapeute peut également utiliser divers appareils, tels que les électrodes, avec un courant électrique ou des ultrasons. Le kinésithérapeute sera également à même de prodiguer des conseils pour éviter les récidives.

Il faut aussi garder à l’esprit que certaines douleurs musculaires ne nécessitent pas de prise en charge spécifique et qu’elles demandent simplement un peu de repos. C’est notamment le cas des crampes qui vont se résorber naturellement en 2 à 5 jours en fonction de leur importance. Dans l’instant où elles surviennent, réaliser un étirement du muscle touché est généralement efficace. Prendre des compléments à base de calcium et de magnésium, pendant quelques jours, aide à soulager les crampes.

 

 

Prévention

La prévention des douleurs musculaires peut être variable en fonction des situations. Il est tout d’abord essentiel de correctement s’échauffer et de s’étirer avant de pratiquer un exercice physique, afin d’éviter les claquages, les déchirures musculaires ou les élongations. Faites toujours en sorte de respecter votre organisme et de ne pas faire des efforts qui sont au-delà de vos forces. Voici quelques conseils utiles pour prévenir les myalgies :

  • Boire avant, durant et après l'exercice.
  • Adopter une alimentation riche en minéraux et oligo-éléments capable de suppléer les pertes engendrées par l’activité physique.
  • Progresser graduellement dans un sport et laisser à votre corps le temps de récupérer après les efforts. La fatigue musculaire qui survient lorsque le muscle n'est pas habitué à fournir la force demandée peut causer les contractures.
  • Adopter une bonne posture pendant le travail (bureau, chantier, etc).
  • Prendre toutes les précautions nécessaires si les conditions climatiques sont très chaudes ou trop froides. 
  • Reconnaître les signes de fatigue voire d’épuisement musculaire et savoir s'arrêter avant que les douleurs n'apparaissent.

 

Posture au bureau

 

 

 

Dépression

Dépression

08/08/2022

 

Sommaire

° Définition

° Physiopathologie

° Causes

° Types

° Symptômes

° Diagnostic

° Complications

° Evolution

° Traitement

° Prévention

 

 

 

Définition

La dépression est l'un des troubles psychologiques les plus courants, elle est définie comme un trouble de l'humeur, aigu ou chronique, qui entraîne un sentiment continu de tristesse et une perte d'intérêt et de motivation, ce qui affecte la capacité à vivre normalement.

Les symptômes de la dépression incluent souvent tous les aspects de la vie d'un individu, car la dépression affecte la santé mentale du patient en général, ainsi que sa façon de penser et d'agir. La dépression peut également affecter l'appétit d'une personne pour la nourriture, le nombre d'heures de sommeil et ses sentiments envers elle-même et envers les autres.

 

Physiopathologie

La physiopathologie de la dépression n'est pas claire, mais de nombreuses hypothèses indiquent un lien solide entre la dépression et une baisse de neurotransmetteurs intervenant dans la régulation de l’humeur et de l’énergie dans le cerveau, tels que la sérotonine, la noradrénaline, la dopamine, le glutamate et le GABA, et la sensibilité des récepteurs à ces substances chimiques. D’un côté, on observe un ralentissement du cerveau, à l’origine de symptômes tels qu’une baisse de l’énergie vitale, des troubles de l’attention et de la concentration, une incapacité à prendre des décisions. De l’autre, on assiste à un emballement de l’activité d’une partie du cerveau qui se traduit par de l’insomnie, de l’angoisse, des ruminations et l’activation en chaîne d’idées négatives.

Il convient de noter que la physiopathologie de la dépression peut varier selon le type de dépression et, par conséquent, les méthodes utilisées pour traiter la dépression, y compris les méthodes psychologiques et biologiques, diffèrent également.

 

 

Causes

Il existe de nombreuses causes et facteurs de risque de dépression qui peuvent différer d'une personne à l'autre, dont les plus importants sont les suivants : 

  • Chimie du cerveau : de nombreux neurotransmetteurs dans le cerveau jouent un rôle important dans l'humeur d'un individu, et constituent l'une des causes majeures de la dépression (sérotonine, dopamine,...).
  • Facteurs génétiques et antécédents familiaux : la dépression n’est pas une maladie héréditaire, elle ne se transmet pas. Mais, le risque de développer une dépression augmente chez les personnes, dont un membre de la famille ou un proche, a souffert de dépression ou de tout autre trouble de l'humeur.
  • Facteurs environnementaux : les facteurs de vie difficiles et les circonstances qu'une personne peut traverser sont considérés comme des facteurs de risque de dépression, comme la perte d'une personne proche, l'échec scolaire, émotionnel ou professionnel, l'exposition au stress pendant de longues périodes, des événements traumatisants dans l’enfance, etc.
  • Certaines conditions médicales : certaines maladies conduisent à la dépression, telles que l'hypothyroïdie, l'insomnie chronique, l'AVC, certains cancers, maladie de Parkinson, trouble déficitaire de l'attention avec hyperactivité, etc.
  • Avoir des carences nutritionnelles : un déficit en vitamine B6 surtout chez les alcooliques et les femmes prenant des contraceptifs oraux, vitamine B12 surtout chez les personnes végétaliennes et sujets âgés, vitamine D, acide folique, fer, acides gras (oméga-3) ou certains acides aminés, pourrait engendrer une dépression.
  • Prise de certains médicaments ou substances : prendre des drogues, boire de l'alcool ou utiliser certains médicaments pendant une longue période, comme des contraceptifs, augmente le risque de dépression.

 

Causes et facteurs de risque de la dépression

 

Types

La dépression peut être divisée en plusieurs types en fonction de la gravité des symptômes ressentis par le patient et de la durée de ces symptômes. Certaines personnes peuvent souffrir de symptômes légers et temporaires, tandis que d'autres souffrent d'épisodes dépressifs graves et persistants. Par conséquent, la dépression est classée en deux types principaux, à savoir : 


1/ Trouble dépressif majeur

Il est également connu sous le nom de dépression clinique ou majeure, et c'est l'une des formes les plus graves de dépression. Lorsqu'un individu souffre d'un trouble dépressif majeur (TDM), il présente de nombreux symptômes de dépression en continu pendant une période d'au moins deux semaines, et ses symptômes incluent : perte d'espoir, tristesse, perte d'estime de soi, une prise ou une perte significative du poids. Il est à noter que la dépression clinique regroupe plusieurs types de dépression :

  • Dépression psychotique : il s'agit d'un épisode dépressif majeur accompagné de symptômes psychotiques "délires ou hallucinations". Les états d'humeur qui accompagnent les délires incluent la culpabilité, l'auto-blâme, ou une mauvaise perception de l'image de soi. La moitié des patients font des délires sans hallucinations, ces dernières peuvent être sonores (entendre des voix), olfactives (odeur) ou tactiles (toucher).
  • Dépression du trouble bipolaire : le trouble bipolaire est une maladie mentale fréquente qui affecte l'humeur, les personnes atteintes traversent des épisodes de dépression et des épisodes de manie (excitation) lui donnant une totale confiance en lui, mais présentant des risques (blessures corporelles, incapacité de juger le danger et les risques...).
  • Dépression réactionnelle : c'est une dépression causée par un événement traumatisant ou une pression psychique excessive, elle peut être consécutive à un deuil, un accident, un échec émotionnel ou professionnel, etc.
  • Dépression du post-partum : cette dépression post-natale concerne 10 à 15% des mères et elle est liée aux changements hormonaux, elle se manifeste environ à 6 semaines après l'accouchement. A ne pas confondre avec le syndrome du "Baby-blues", le baby-blues diffère de la dépression du post-partum parce que le baby blues, qui dure généralement de 2 à 3 jours (jusqu'à 2 semaines), est relativement modéré, alors que la dépression du post-partum dure plus de 2 semaines, ce qui perturbe les activités de la vie quotidienne.
  • Dépression saisonnière : cet épisode dépressif, qui touche plus souvent les femmes et les enfants, survient généralement à l'automne ou au début de l'hiver et s'installe parfois jusqu'au printemps. Elle est provoquée par une baisse de la lumière naturelle.


2/ Trouble dépressif persistant

Le trouble dépressif persistant (TDP) est également appelé dysthymie persistante, dépression partielle ou dépression chronique. Lorsqu'une personne souffre de dépression persistante, elle souffre de symptômes de dépression pendant au moins deux ans, mais ils ne sont pas aussi graves que les symptômes de dépression clinique. Les symptômes de dépression chronique comprennent une perte d'intérêt pour les activités quotidiennes et une faible estime de soi. Ce type de dépression est léger, mais il peut être difficile pour la personne de fonctionner à la maison, à l’école ou au travail (manque de productivité sociale).

 

 

Symptômes

La dépression peut se manifester par de nombreux symptômes psychiques qui affectent l'humeur d'une personne, mais également par des symptômes physiques. Les symptômes les plus courants de la dépression incluent :

  • Perte du désir de s'engager dans des activités auxquelles le patient s'intéressait dans la vie quotidienne.
  • Sensation constante de fatigue ou de manque d'énergie.
  • Difficulté à réfléchir, à se concentrer ou à prendre des décisions.
  • Se sentir triste ou désespéré la plupart du temps.
  • Anxiété et troubles du sommeil.
  • Troubles de la mémoire.
  • Faible estime de soi.
  • Se sentir coupable.
  • Perte d'appétit ou boulimie.
  • Prise ou perte de poids.
  • Baisse de la libido.
  • Penser à la mort ou au suicide.

Il convient de noter que les signes de dépression diffèrent entre les femmes, les hommes et les enfants :

a) La dépression est plus fréquente chez les femmes que chez les hommes à cause des changements hormonaux chez les femmes, en cas d'accouchement (dépression post-partum) par exemple, avant les menstruations ou en cas de ménopause. Les symptômes de la dépression sont souvent plus intenses chez les femmes.

b) Chez les hommes, et en plus des symptômes courants de la dépression, les symptômes peuvent être caractérisés par :

  • Colère, agressivité et irritabilité.
  • Incapacité à assumer ses responsabilités familiales et/ou professionnelles.
  • Travailler sans interruption ou effectuer des activités à haut risque.
  • Baisse de la libido ou mauvaise performance sexuelle.
  • Symptômes physiques tels que fatigue, maux de tête et problèmes digestifs (constipation, diarrhée, etc).

c) Les enfants peuvent également souffrir de dépression. Les symptômes de la dépression chez les enfants, en plus des symptômes courants, comprennent :

  • Un changement de comportement, comme avoir plus de problèmes à l'école ou refuser d'aller à l'école.
  • Capacités cognitives affectées de l'enfant, telles que des difficultés de concentration et une détérioration des performances scolaires.
  • Symptômes physiques comme des maux de tête ou de ventre, problèmes digestifs ou changement d'appétit.
  • Isolement de l’enfant de son entourage.
  • Une irritabilité anormale.
  • Tristesse et pleurs inexplicables.

 

Symptômes de la dépression

 

 

Diagnostic

Diagnostiquer une dépression n'est pas facile en raison de la variété des symptômes d'une personne à l'autre, le médecin dépend de l'interrogation du patient sur la nature, la gravité et la durée des symptômes dont il souffre. Le médecin peut faire un certain nombre de tests pour diagnostiquer la dépression :

  • Test de dépression : c'est un outil qui aide au diagnostic de la dépression. Le test comprend un ensemble de questions (questionnaires) qui aident le médecin à déterminer le type et la gravité de la dépression, le médecin interroge la personne sur son passé et celui de sa famille.
  • Examen physique complet, car la dépression accompagne parfois certains symptômes physiques comme les troubles digestifs.
  • Tests de laboratoire, afin de s'assurer que la personne ne souffre d'aucune maladie qui provoque ou exacerbe les symptômes de la dépression telle que l'hypothyroïdie.

Ensuite, le médecin évalue la sévérité de l'épisode dépressif :

  • Est-il léger, modéré ou sévère ?
  • Quel est le retentissement sur la vie quotidienne, familiale et professionnelle ?
  • Existe-t-il un risque suicidaire ?
  • Y a t-il d'autres manifestations psychologiques associées : hallucinations, idées délirantes ?

Le diagnostic d'épisode dépressif est posé :

  • Quand cet état de souffrance est associé à plusieurs autres symptômes de la dépression.
  • Quand les symptômes durent plus de 15 jours.
  • Quand, durant cette période, chaque jour ou presque, la personne se sent triste, sans espoir ou a perdu ses centres d'intérêt.

 

 

Complications

Les complications de la dépression sont nombreuses et elles varient d'une personne à l'autre selon le type et la sévérité de la dépression, les plus fréquentes sont les suivantes :

  • Suicide, la conséquence la plus grave de la dépression.
  • Détérioration de la santé physique et psychique.
  • Perte de capacité à faire des activités de la vie quotidienne.
  • Relations altérées avec les autres, y compris les relations familiales et professionnelles.
  • Dépendance à l’alcool et/ou aux drogues.

 

Evolution

L'évolution de la dépression dépend de son type, des facteurs qui la provoquent, et de la prise de conscience du patient ou de son entourage de l'importance de consulter un médecin dès l'apparition des premiers signes. Les personnes souffrant de dépression légère ou modérée peuvent se rétablir en parlant à un spécialiste. La dépression chronique nécessite souvent une psychothérapie continue et des antidépresseurs pour contrôler ses symptômes.

 

 

Traitement

Il existe plusieurs moyens pour traiter la dépression et soulager ses symptômes, plusieurs méthodes peuvent être combinées pendant la période de traitement :

a) Psychothérapie  

La psychothérapie est l'une des pierres angulaires du traitement de la dépression. Parler à un psychothérapeute qualifié aide un patient déprimé à mieux gérer ses émotions négatives. Il existe différentes formes de psychothérapie, dont la thérapie cognitivo-comportementale. La psychothérapie apporte une écoute bienveillante et permet de mettre des mots sur la douleur et de lutter contre les pensées négatives et auto-dévalorisantes. Les séances doivent être régulières, de l'ordre d'une à deux séances par semaine pendant plusieurs mois selon l'importance des symptômes.

De plus, en conjonction avec des séances de psychothérapie, une personne souffrant de dépression peut participer à des séances de thérapie familiale ou de groupe.

 

b) Antidépresseurs

Il existe de nombreuses familles de médicaments antidépresseurs qui sont souvent utilisés pour la dépression modérée ou sévère :

  • Antidépresseurs tricycliques (ATC) : Amitriptyline (Laroxyl®), Clomipramine (Anafranil®),...
  • Inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) : Iproniazide (Marsilid®),...
  • Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine (IRS) : Paroxétine (Deroxat®), Fluoxétine (Prozac®), Sertraline (Zoloft®)...
  • Inhibiteurs de la recapture de la sérotonine et de la noradrénaline (IRSNA) : Venlafaxine (Effexor®),...    

Ces médicaments doivent être prescrits par un spécialiste, et le patient doit respecter les doses du médicament et suivre les instructions de son médecin. Aussi, le patient ne doit, en aucun cas, arrêter son médicament sans consulter son médecin afin d'éviter une rechute, et de prévenir des symptômes de sevrage pouvant survenir à la suite de l'arrêt brutal du traitement. Il convient de noter que les antidépresseurs peuvent prendre du temps avant que leurs effets thérapeutiques commencent à apparaître.

Le médecin peut prescrire, au début du traitement, un médicament anxiolytique pour diminuer les angoisses associées à la dépression, il s'agit d'une prescription temporaire. De ce fait, les anxiolytiques ne doivent pas être pris pendant plus de quelques semaines. Au-delà, leur action est diminuée et le risque de dépendance physique est réel.

 

c) Traitements complémentaires 

Il existe des traitements alternatifs qui peuvent être bénéfiques pour un patient déprimé, tels que :

  • Luminothérapie : l'exposition à des doses spécifiques de lumière blanche peut améliorer l'humeur du patient et soulager les symptômes de la dépression, la luminothérapie est couramment utilisée dans la dépression saisonnière.
  • Soutien moral : le traitement de la dépression à domicile se fait par le soutien de la famille et des proches du patient. Dans certains cas, les causes qui ont conduit à la dépression et les solutions proposées peuvent être discutées avec certains membres de la famille.
  • Suppléments nutritionnels : tels que les suppléments d'huile de poisson (oméga-3), les vitamines et minéraux. Mais, avec avis médical pour éviter leurs effets secondaires ou les interactions médicamenteuses avec d'autres médicaments que le patient prend.
  • Stimuler la libération des endorphines : l'exercice physique régulier aide à libérer des endorphines, ces hormones qui améliorent l'humeur et réduisent les symptômes de la dépression. Il est conseillé de faire une activité physique modérée au moins une demi-heure pendant trois à cinq jours par semaine. 
  • Millepertuis (Hypericum perforatum) : c'est une plante médicinale aux propriétés anti-stress et anti-dépressives, les molécules actives sont principalement l'hypéricine et l'hyperforine contenues dans les fleurs et les bourgeons. Elles agissent sur le corps comme les neurotransmetteurs tels que la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline. Pris par voie orale, les produits à base de millepertuis sont destinés à traiter la dépression légère à modérée.
  • Autres méthodes : massothérapie, méditation, yoga, acupuncture, etc.

 

Millepertuis (hypericum perforatum)

 

d) Hospitalisation

L’hospitalisation est réservée aux cas où le risque de suicide est réel, aux formes cliniques sévères avec symptômes physiques importants, ou lorsque le patient est très isolé.

 

 

Prévention

Il peut être difficile de prévenir la dépression car on ne peut pas anticiper et identifier ses facteurs déclenchants dans l’avenir, mais en général, il est recommandé de suivre un mode de vie sain pour réduire le stress et prévenir le développement de la dépression. Certaines habitudes saines aident à réduire le risque de dépression :

  • Dormez suffisamment et respectez les horaires du sommeil.
  • Sortez tous les jours afin de vous exposer à la lumière naturelle du jour.
  • Établissez de bonnes relations avec les autres, les liens sociaux sont très importants pour la bonne santé mentale.
  • Maintenez une alimentation équilibrée riche en vitamines et minéraux.
  • Faites régulièrement de l'exercice physique et/ou une activité de relaxation (méditation, yoga,…).
  • Consultez un psychologue ou un psychothérapeute dès l'apparition des premiers signes de la dépression.

 

 

Fièvre

Fièvre

25/06/2022

 

Sommaire

° Définition

° Physiopathologie

° Mesure de la température corporelle

° Causes

° Risques

° Quand consulter ?

° Traitement

 

 

 

Définition

La fièvre ou hyperthermie est une élévation de la température corporelle au-dessus de la température normale au repos, qui est comprise entre 36,4 et 37,6°C selon les individus et le rythme nycthéméral avec une moyenne de 37°C. On parle de fièvre au-delà de 38°C par mesure en rectal. Lorsque la fièvre est modérée, entre 37,7 et 37,9°C, on l'appelle une fébricule, alors qu'une fièvre au-delà de 40°C est considérée comme un risque de santé majeur, particulièrement chez les jeunes enfants.

 

Physiopathologie

Durant la journée, la température corporelle varie du niveau le plus bas tôt le matin vers le niveau le plus élevé tard le soir. La température corporelle est déterminée par l'équilibre entre la chaleur produite par les tissus, en particulier le foie et les muscles, et la chaleur perdue en périphérie. La thermorégulation centrale est assurée par une partie du cerveau appelée l'hypothalamus qui maintient la température corporelle dans ses valeurs normales. L'hypothalamus reçoit des informations provenant des neurones associés aux thermorécepteurs périphériques, et aussi du sang circulant. En retour l'hypothalamus envoie des informations vers les neurones périphériques qui répondent de deux manières : soit augmenter les pertes de chaleur par vasodilatation périphérique et transpiration, soit diminuer la déperdition de chaleur par vasoconstriction et shunt du sang de la périphérie vers le centre de l'organisme.

La fièvre se traduit par un trouble de régulation des mécanismes de perte ou de production de chaleur. L'augmentation de température résulte de l'effet de substances pyrogènes, exogènes ou endogènes :

  • Les pyrogènes exogènes sont produites par des agents infectieux (virus, bactérie, parasite...) comme les toxines des bactéries. Ces substances agissent soit par action directe sur l'hypothalamus, soit par action indirecte en activant la production de pyrogènes endogènes par les globules blancs.
  • Les pyrogènes endogènes sont produites par les leucocytes (globules blancs), et elles sont capables d'induire un état fébrile. Il s'agit de protéines solubles de la famille des cytokines, parmi les plus importantes : les interleukines, les TNF et les interférons. La plupart des cellules de l'organisme, soumises à des stress cellulaires, peuvent produire des pyrogènes. Ceci explique que tout état fébrile n'indique pas forcément une maladie infectieuse. Les cytokines agissent sur des récepteurs spécifiques présents sur toutes les cellules de l'organisme, comme les récepteurs TLR qui activent les mécanismes inflammatoires. Ces derniers se traduisent notamment par une extravasation des leucocytes et leur migration vers les tissus pour neutraliser l'agent agresseur. Lorsque l'agression est maitrisée par les réponses inflammatoires et immunitaires, le thermostat hypothalamique induit un retour de la température corporelle à la normale. 

 

Mesure de la température corporelle

La mesure de la température peut se faire par différents thermomètres et avec différentes manières, il est conseillé de la mesurer avant la prise de tout médicament antipyrétique. La bonne prise de la température passe par quelques mesures d’hygiène telles que la désinfection du thermomètre avant et après chaque utilisation tout en respectant bien les règles d'utilisation du thermomètre utilisé. La méthode à privilégier dépend de l’âge et du degré de précision requis :

  • mesure rectale : c'est la méthode la plus précise qui utilise un thermomètre électronique ou à gallium placé dans le rectum via l'anus. C'est la technique de choix pour les jeunes enfants de moins de 5 ans.
  • mesure buccale : on place un thermomètre électronique ou à gallium dans la bouche sous la langue pendant une minute environ. Il est conseillé d’ajouter 0,5°C à la température affichée. C'est la méthode de choix pour les enfants de plus de 5 ans, y compris les adultes.
  • mesure axillaire : elle consiste à placer un thermomètre électronique ou à gallium au creux de l’aisselle sous le bras, qui doit être sèche, pendant une minute. Il faudra rajouter 0,9°C au chiffre affiché. 
  • mesure tympanique (par l’oreille) : mesure infrarouge de la température du tympan de l'oreille en utilisant un thermomètre infrarouge. A n’utiliser qu’à partir de l’âge de 2 ans et il est recommandé de prendre trois prises rapprochées pour un résultat précis et ne conserver que la valeur la plus forte.
  • mesure frontale (sur le front) : méthode pratique avec résultat immédiat mais moins précis, elle se fait à l'aide d'un thermomètre infrarouge qui a l'avantage d'être très hygiénique et limiter les risques de contamination. La mesure frontale est utilisée surtout chez les adultes pour obtenir une mesure approximative et immédiate.

- Il faut savoir que les thermomètres à mercure ont été retirés et remplacés par les thermomètres à gallium. Le mercure qu'il contient est dangereux pour l'environnement et pour la santé s’il se brise une fois à l’intérieur du corps, surtout chez l'enfant.

 

Types de thermomètres

 

Méthodes de mesure de la température selon l'âge

 

 

Causes

La fièvre n’est pas une maladie, mais plutôt le symptôme d’une maladie. La plupart du temps, la fièvre est provoquée par une infection virale, bactérienne ou parasitaire. Mais, elle peut aussi apparaitre dans certaines situations : un coup de chaleur, un exercice physique intense, suite à une vaccination ou lors d'une poussée dentaire chez les nourrissons, pendant l'ovulation chez la femme, prise de certains médicaments, etc.

La fièvre peut être isolée ou accompagnée d'autres signes qui orientent vers la maladie en cause. De nombreuses maladies infectieuses peuvent entraîner la fièvre chez l'enfant et l'adulte :

  • infections de la sphère ORL : grippe, rhino-pharyngite, angineotite, sinusite, laryngite.
  • infections bronchopulmonaires : bronchite, pneumonie.
  • infections digestifs (gastro-entérite) et urogénitales (prostatite...).
  • Infections cutanées.

Dans certains cas, la fièvre peut être le premier symptôme d'une maladie infectieuse grave : méningite, encéphalitepyélonéphrite (infection des reins), purpura fulminans, septicémie, tuberculose, abcès profondendocardite infectieuse, RAA ou rhumatisme articulaire aigu, arthrite septique, etc. Au retour d’un voyage en pays tropical, la survenue de fièvre doit également amener à consulter rapidement. Elle peut traduire la présence du paludisme (malaria), cette infection grave qui nécessite une prise en charge rapide.

Enfin, certaines maladies inflammatoires, hématologiques, tumorales ou auto-immunes peuvent entraîner une fièvre persistante : sarcoïdose, vascularite de Kawasaki, lupus, hyperthyroïdiemaladie de Still, leucémie, lymphome, etc. Il ne faut donc pas laisser traîner une fièvre isolée qui persiste. D'ailleurs, au-delà de 48 heures, une température anormalement élevée impose une consultation médicale surtout chez les enfants et nourrissons.

 

Principales causes de la fièvre

 

 

Risques

Au-dessus de 40°C, la fièvre peut provoquer des convulsions ; contractions musculaires involontaires et saccadées. La crise peut durer quelques minutes, avant d'être suivie par un état de fatigue intense. Elles touchent plus souvent les enfants et nécessitent une consultation médicale. Raison de plus pour ne pas laisser la température s'élever trop et de consulter en urgence dans ce cas. Ainsi, des complications liées à la cause de fièvre sont possibles en cas d'absence du traitement comme les complications infectieuses.

 

Quand consulter ?

Les médecins considèrent qu’il n’y a rien de préoccupant, tant que la température ne dépasse pas 38,5°C. Toutefois, au-delà de 48 heures, une température anormalement élevée impose une consultation surtout chez les enfants et nourrissons. Il faut égalemment consulter en cas de présence de signes de gravité :

  • altération de l'état général.
  • température supérieure à 40°C.
  • convulsions à répétition ou première épisode chez un nourrisson.
  • déshydratation et/ou perte de poids surtout chez les enfants et les personnes âgées.
  • changement de comportement et/ou pleurs incessants chez l'enfant, raideur de la nuque et/ou troubles de conscience chez l'adulte, qui peuvent être des signes d'une infection du système nerveux central : méningite ou encéphalite.
  • pétéchies : taches rouges ou pourpres sur la peau qui peuvent être le signe d'un purpura fulminans (dissémination d'un microbe dans tout l'organsime), c'est une urgence qui nécessite une prise en charge rapide.

Certaines personnes plus fragiles doivent prendre un avis médical sans attendre les 48 heures pour éviter toute éventuelle complication :

  • les femmes enceintes, personnes âgées et nourrissons.
  • les patients souffrant de maladie chronique : diabètehyperthyroïdie, maladies cardiovasculaires, etc.
  • les personnes sous médicaments immunosuppresseurs qui favorisent la survenue des infections : corticoïdes, ciclosporine, azathioprine...

 

Traitement

Le but du traitement en cas de fièvre est d’améliorer le confort du malade par des moyens physiques et médicaments antipyrétiques, mais égalemment d'en traiter la cause :

 

1/ Moyens physiques :

Le plus grand inconvénient de la fièvre est l’inconfort qu’elle génère. Cet inconfort peut se traduire par de la douleur et de l’irritabilité. Les méthodes physiques ont pour but de reproduire les échanges que l’organisme met naturellement en jeu avec le milieu extérieur pour assurer sa régulation thermique. Pour l'enfant, il est nécessaire de ne pas trop le couvrir, conserver une température entre 18 et 21°C dans sa pièce, et de le faire boire régulièrement pour éviter la déshydratation. Prendre un bain d’eau tiède, et non froide, est conseillé pour les adultes mais pas pour les enfants. Il n'est pas nécessaire d'envisager un traitement pour faire baisser la fièvre en dessous de 38,5°C si elle est bien supportée.

 

2/ Antipyrétiques :

L'administration d'antipyrétiques n'est pas systématique et n'est envisagée qu'à partir de 38,5°C, le médicament de première intention est le paracétamol.

Le paracétamol ou "acétaminophène" est un médicament antalgique et antipyrétique sous forme de comprimés pour les adultes, et en suppositoires ou sous forme de solution buvable pour les enfants. La dose est de 15 mg/kg chaque 6 heures sans dépasser 4 g par 24 heures. Il est fortement déconseillé de dépasser cette dose et le rythme de la prise car le paracétamol peut être toxique à forte dose, notamment pour le foie (hépatite grave). Les patients doivent être avertis de ne pas prendre simultanément des remèdes contre la grippe ou le rhume contenant du paracétamol. 

En cas de contre-indication au paracétamol (allergie, maladie hépatique grave), un anti-inflammatoire non stéroïdien "AINS" est indiqué. Les anti-inflammatoires non stéroïdiens sont efficaces pour baisser la température mais peuvent aggraver certaines infections, ils sont donc à limiter à certaines situations précises. L’ibuprofène et le kétoprofène sont les seuls anti-inflammatoires autorisés dans le traitement de la fièvre chez l’enfant. La dose habituelle d'Ibuprofène est de 400 mg par prise à renouveler si besoin au bout de 6 heures, et la durée de traitement ne devra pas dépasser 3 jours. Il est déconseillé de dépasser les doses recommandées, et est contre-indiqué d'associer deux AINS pour faire baisser la température. Ainsi, l’ibuprofène ne doit pas être utilisé chez l’enfant de moins de 3 mois.

L’aspirine ou acide acétylsalicylique est déconseillé avant l’âge de 15 ans en raison de ses effets indésirables graves et de ses contre-indications. L’aspirine expose en effet à un risque rare mais potentiellement mortel de syndrome de Reye, syndrome caractérisé par une atteinte cérébrale et hépatique, qui peut se produire après la prise d’aspirine lors d’une infection virale, principalement d’une varicelle.

 

3/ Traitement étiologique :

Si la fièvre persiste ou lorsque d’autres symptômes aparaissent ou s'accentuent, il faut consulter un médecin pour en déterminer l’origine et mettre en route un traitement spécifique de la maladie en cause. Une fois le diagnostic posé, le médecin prescrit un traitement convenable : des antibiotiques en cas d'infection bactérienne ou des anti-inflammatoires en cas d'une maladie inflammatoire ou rhumatismale,...etc. La température doit être surveillée tous les jours afin d'évaluer la réponse au traitement.

 


 

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